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DÉCLARATION DES VINGT-SEPT ARTICLES

0 0 Pour avoir le droit de transmettre leurs charges à leurs enfants, les officiers de justice et de finances payaient une taxe annuelle, appelée la Paulette. La Paulette avait été établie en 1604 par Sully, mais seulement à titre provisoire. En avril 1648, Mazarin à bout de ressources annonça que la Paulette et par suite l'hérédité des charges seraient maintenues pour une nouvelle période de neuf ans. Mais en compensation de cette faveur, on retiendrait quatre années de gages aux officiers des Cours souveraines. Cour des Comptes, Cour des Aides et Grand Conseil.

Cette mesure n'atteignait pas les membres du Parlement, mais ils se déclarèrent solidaires des Cours souveraines, et par un arrêt dit Arrêt d'Union, ils les invitèrent à venir délibérer en commun sur la réforme du royaume. La régente interdit la réunion : elle eut lieu quand même et les parlementaires y rédigèrent une déclaration en vingt-sept articles Gum 1648). Ils demandaient que les intendants et tous les agents à pouvoirs extraordinaires fussent supprimés ; qu'aucun impôt ne fût établi sans le consentement du Parlement ; qu'aucun sujet du roi ne pût être retenu prisonnier plus de vingt-quatre heures sans avoir été interrogé et rtmis à ses juges naturels.

RICHELIEU ET MAZARIN

CARDINAL DE RETZ (Bibl. Nat.). a Figurt inltU ligenle et mélancolique d'un homme qui, matgré les sourires de la fortune, fut un pertxtuel mécontent.

MADEMOISELLE DE MONTPENSIER (Bibl.

Nat.). a La * Grande Mademoiselle •• folie femme qui

eut l'ambition de jouer un grand rôle politique.

CONDÉ. par Tenicra (Mni^ CanAi, Chantilly). '

Portrait du ' grand Candi • i l'âge où, vain^aem de

Rocroi et de Lens, il s'est fourooué dans la Fronde.

Cette déclaration n'allait à rien moins qu'à limiter l'absolutisme royal, comme la Grande Charte de 1215 en Angleterre.

JOURNÉE DES BARRICADES, a a La régente qui n'avait pas de troupes, fit d'abord semblant de céder et promit de s'inspirer de la déclaration. Mais deux mois plus tard, profitant de ce qu'on célébrait à Paris la victoire de Lens, elle tenta un coup de force et fit arrêter plusieurs parlementaires, entre autres le vieux Broussel, très populaire parce qu'il était un des opposants les plus énergiques.

Une formidable émeute éclata aussitôt (26 août). Des centaines de barricades, faites de tonneaux, de charrettes et de pavés, s'élevèrent en quelques heures, empêchant tout mouvement de troupes. Le Palais- Royal fut bloqué pendant deux jours. Le Parlement vint en corps demander qu'on relâchât Broussel ; la reine, s'emportant, déclara « qu'elle l'étranglerait plutôt de ses propres mains ». Mais Mazarin savait le péril grave : la milice bourgeoise, sur qui comptait Anne d'Autriche, se rangeait du côté de l'émeute. Prudemment, le cardinal détermina la reine à mettre en liberté Broussel (28 août 1648).

Peu après, la paix ayant été signée en Westphalie, la régente put appeler des troupes commandées par Condé, le vainqueur de Rocroi et de Lens. Dès qu'elles approchèrent, Anne d'Autriche s'échappa de nuit (6 janvier 1649) avec Mazarin et le jeune roi. La guerre civile commença.

LA FRONDE, fil 0 Cette révolte avait de justes motifs, elle ne fut pourtant qu'une folle aventure et elle

était vouée, par son origine même, à un échec certain.

La déclaration des vingt-sept articles qui limitait l'absolutisme n'aurait été valable que si elle avait été faite par des représentants du peuple français, comme la Grande Charte l'avait été par des représentants du peuple anglais. Le Parlement de Pans semblait vouloir imiter le Parlement d'Angleterre qui au même moment brisait la royauté à Londres, car 1 exécution du roi Charles I*"" a lieu le 9 février 1649. Mais entre les deux Parlements il n'y avait qu une similitude de noms. Le Parlement anglais était composé de députés de la nation. Le Parlement de Paris n'était qu'un tribunal. 11 usurpait le rôle des Etats Généraux. Ses membres n'étaient pas des députés de la France, mais seulement des fonctionnaires du roi ayant vis-àvis de lui le devoir strict d'obéissance.

En outre le Parlement eut tout de suite des alliés compromettants, le bas peuple de Paris qui ne cherchait qu'une occasion de remuer et de crier, surtout les princes et leur clientèle de seigneurs qui s engagèrent dans la révolte par jeu, par humeur romanesque ou par cupidité vulgaire. De là le nom de Fronde donné à cette guerre civile ; on appelait ainsi un jeu d'enfants interdit par la police comme dangereux, qui consistait à lancer des pierres avec des frondes.

11 y eut deux Frondes successives, appelée l'une la Fronde parlementaire, l'autre la Fronde des Princes, bien qu'en réalité dans l'une et l'autre on retrouve cette étrange coalition du Parlement, du populaire et des princes.

LA FRONDE PARLEMENTAIRE, a a U.

Fronde parlementaire dura deux mois à peine. Condé,

resté fidèle à la régente, bloqua Paris avec quinze mille hommes. Le Parlement, aidé de Paul de Gondi, coadjuteur de l'archevêque de Paris, plus tard célèbre sous le nom de cardinal de Retz, organisa la résistance. Les Parisiens, les princes et les grandes dames, après avoir joué quelque temps à la guerre, se lassèrent vite. Le Parlement conclut avec la Cour la paix de Rueil (30 mars 1649).

LA FRONDE DES PRINCES. 0 a Condé.

après la paix de Rueil, se considéra comme le sauveur de la royauté. Aussi orgueilleux et arrogant qu'il était brave, il ne jugeait aucune récompense assez grande pour ses services. Ses exigences et ses insolences exaspérèrent Anne d'Autriche : elle le fit arrêter O'anvier 1650). Ce fut l'occasion d'une nouvelle révolte.

Aussitôt la femme de Condé et sa sœur, la duchesse de Longueville, soulevèrent les provinces dont il était gouverneur, la Bourgogne et la Guyenne. Puis l'intrigant Paul de Gondi, mécontent de n'avoir pjis encore reçu le chapeau de cardinal, entraîna de nouveau Paris et le Parlement dans la révolte (février 1651).

Mazarin parut céder : il remit Condé en liberté, quitta la Cour et passa en Allemagne. Il en revint bientôt et trouva la France dans une étrange confusion. Les Parisiens étaient brouillés avec Condé ; mais en même temps, ils tenaient leurs portes fermées au jeune

LOUIS XIV ENFANT, par fimcn Vouet (Mtsée de Versailles). iJ Un portrail

et atasi une manière d'horosccfx: le futur maître de l'Europe est rettrésenié en costume

de maréchal de France, le tàton à la main, cuirassé et casqué.

roi Louis XIV. Condé s'était allié aux Espagnols et tenait la campagne contre Turenne, qui commandait l'armée royale.

L'épisode principal de la guerre se déroula devant Paris. Turenne attaqua Condé dans le faubourg Saint- Antoine. Pris entre l'armée royale et les murs de la ville, Condé semblait perdu quand le canon de la Bastille se mit à tonner contre les troupes royales. En même temps la porte Saint-Antoine était ouverte et Condé pouvait se réfugier dans la ville. Ce coup de théâtre était l'œuvre de la cousine germaine du roi, Mlle de Montpensier, la Grande Mademoiselle, fille de Gaston d'Orléans, une personne romanesque de vingt-cinq ans qui voulait jouer un grand rôle dans le royaume (juillet 1652).

Mais la discorde était parmi les Frondeurs. Les Parisiens, las du désordre, chassèrent Condé qui s'enfuit aux Pays-Bas rejoindre les Espagnols. Ce fut la fin de la guerre civile. A la demande du Parlement, le jeune roi rentra avec sa mère dans la capitale, au milieu de l'enthousiasme général (octobre 1652). Mazarin, pour donner aux colères qu'il inspirait le temps de s'apaiser, ne revint que quelques mois plus tard (février 1653); la Cour et la ville lui firent alors un accueil triomphal.

DERNIÈRES ANNÉES DE MAZARIN. a a Mazarin vécut encore huit années, « puissant comme Dieu le père au commencement du monde », disait-on. Ce n'était plus l'homme modeste « aux deux petits laquais » du début de la régence. Il avait trois cents gardes à pied et, pour escorte ordinaire, cent mousquetaires à cheval « à casaques cramoisies garnies d'argent ». Louis XIV d'ailleurs lui laissait le soin entier des affaires. Mazarin travailla principalement à terminer la guerre avec l'Espagne et à préparer la paix des Pyrénées. Il s'occupait en même temps de refaire sa fortune personnelle, compromise par la Fronde. Il y parvint par les plus scandaleux trafics, les ventes de fonctions publiques, les détournements des deniers de l'État. Quand il mourut, le 8 mars 1661, le trésor royal était à peu près vide, mais Mazarin laissait à ses héritiers une cinquantaine de millions.

CONSÉQUENCES DE LA FRONDE, a a Lu

Fronde avait produit les maux habituels des guerres civiles ; elle accumula les ruines dans toute la France. Les armées, mal payées, s'en tiraient en ravageant le pays ; en outre, elles traînaient la peste derrière elles. Pour soulager les souffrances des misérables, il y eut un bel élan de charité : un modeste prêtre, un vieillard de près de quatre-vingts ans, saint Vincent de Paul, le fondateur de l'ordre des Lazaristes,

RICHELIEU ET MAZARIN

LE NOBLE ET LE PAYSAN, de Lagniet (Bibl. Nat.).

DONNER A MANGER A CEUX QUI ONT FAIM ». d'Abraham Bosse (Bibl. Nat.).

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