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ORIGINES DE LA GUERRE DE TRENTE

ANS. P 0 On a vu apparaître à la fin des guerres d'Italie la politique des frontières naturelles. Cette politique, qui consistait à étendre le royaume princi' paiement du côté du Nord et de l'Est aux dépens des possessions espagnoles et autrichiennes, devint au dix-septième siècle, avec Richelieu et Mazarin, la politique nationale de la France, mais tout d'abord la mort d'Henri IV, la médiocrité des hommes au pouvoir comme Concini et de Luynes favorisèrent les ambitions de la maison d'Autriche. Ces ambitions

furent l'origine d'une longue guerre, la guerre de Trente ans (1618-1648) dans laquelle la France ne devait intervenir directement qu'à partir de 1635.

Le chef de la maison d'Autriche était alors l'empereur Ferdinand II. Elevé p)ar les Jésuites, gardant toujours près de lui un confesseur jésuite, Ferdinand H était d'une piété ardente, d'un catholicisme intransi' géant. Il avait entrepris de restaurer le catholicisme d'abord dans ses Etats, où les protestants étaient nonibreux, ensuite dans toute l'Allemagne. Mais la religion n'était pas l'unique fin de sa politique ; Ferdinand II songeait aussi à transformer la constitution de l'Allemagne et à faire du titre d'empereur une réalité. A la place d'un empire morcelé en près de quatre cents Etats, il rêvait d'organiser un empire uni, obéissant à une seule volonté, comme le royaume de France, et que l'étendue de son territoire, le grand nombre de ses habitants auraient fait formidable à l'Europe.

Les projets de Ferdinand II mettaient donc en jïéril non seulement le protestantisme allemand, mais l'équilibre européen. Ainsi s'explique que la guerre de Trente ans, d'abord guerre religieuse et allemande, se soit transformée rapidement en une guerre générale européenne.

SUCCÈS DE FERDINAND II. a a Ferdinand II commença par écraser les Tchèques de Bohême, qui, en majorité protestants, s'étaient soulevés contre lui (1618-1620). Puis, les Tchèques ayant été soutenus

RICHELIEU ET MAZARIN

par un prince protestant allemand, l'électeur palatin Tilly et une armée nouvelle que venait de constituer

Frédéric V, Ferdinand porta la guerre en Allemagne. pour le compte de l'empereur un aventurier ambi-

L'Allemagne était alors divisée en deux camps : tieux et populaire parmi les soldats, Wallenstein.

un certain nombre d'Etats protestants s'étaient groupés Vaincu dans toutes les rencontres, Christian fut con-

pour former l'Union évangélique dont le chef était

I électeur palatin. Les princes catholiques avaient riposté en formant la Sainte-Ligue dirigée par le duc de Bavière, Maximilien. Celui-ci avait une armée bien organisée, commandée par un bon capitaine, Tilly.

L'empereur s'allia avec Maximilien, qui lui prêta l'armée de Tilly. Grâce à ce concours, il put s'emparer du Palatinat. Puis, de sa propre autorité, il déclara Frédéric déchu : son titre d'électeur, avec toutes ses possessions, furent transférés au duc de Bavière (1623).

Cette mesure était comme le prélude d'un prochain écrasement des réformés. Effrayés, ceux-ci appelèrent à leur aide le roi de Danemark, Christian IV (1623). Mais Christian ne fut pas plus heureux que Frédéric V.

II fut attaqué par deux armées, l'armée bavaroise de

traint, par la paix de Lubeck, de s'engager à ne plus intervenir en Allemagne (1629).

Alors se révélèrent toutes les ambitions de l'empereur Ferdinand. Disposant de la puissante armée de Wallenstein, il était en état d'imposer ses volontés à l'Allemagne. Par l'édit de restitution, il obligea les protestants à lui rendre tous les domaines d'Eglise qu'ils avaient confisqués depuis 1552 ; il allait acquérir ainsi d'immenses territoires dans toutes les i>arties de l'Allemagne. Wallenstein le poussait à entreprendre sans plus tarder la réforme de l'empire : « L'empereur doit être maître en Allemagne, disait-il, comme le sont chez eux les rois de France et d'Espagne. »

DIPLOMATIE DE RICHELIEU, a a Mais depuis 1624, Richelieu avait pris la direction de la

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