LE THÉÂTRE DE LA
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Suède etannexiona. j^.'vi OIAutrùhe [^ l^Empirt» ■«<
MOUSQUETAIRE DE LA GUERRE DE TRENTE ANS (Gravure de Gheyn.
Musée d'Artillerie), fi Sur Vipaide gauche il porte le moustiuelt dont on voit les
mèches Jwnantes entre ses doigts ; dans la main, la fourche où s'appuie le mousquet pen-
dant le tir. En chapelet, des charges de poudre. L'épée.
politique française et surveillait attentivement les affaires d'Allemagne. Avec sa grande clairvoyance, il se rendait compte que la transformation de l'empire au profit des Habsbourg d'Autriche était particulièrement dangereuse pour la France, d'autant plus dangereuse que d'autres Habsbourg régnaient en Espagne et que, par leurs possessions d'Italie, par le Milanais, il s'en fallait de peu qu'ils pussent opérer la jonction de leurs forces avec celles des Habsbourg d'Autriche. Si cette jonction venait à s'opérer , alors, selon le mot de Wallenstein, « tous les ennemis de la maison d'Autriche seraient dans le sac ». C'était l'empire de Charles- Quint reconstitué et la France mise au même péril où elle s'était trouvée cent ans plus tôt avec François I^"". Il était donc nécessaire qu'elle intervînt.
Seulement les difficultés intérieures ne laissaient pas à Richelieu la liberté d'agir énergique ment au dehors. Il dut recourir d'abord à la diplomatie et se borner aux mesures de sécurité indispensables. C'est ainsi qu'en 1625 il fit occuper dans les Alpes la Valteline, couloir ouvert par l'Adda entre le Milanais espagnol et le Tyrol autrichien. De même, depuis 1627, il luttait pour assurer la succession vacante du duché
de Mantoue à un prince ennemi des Habsbourg. En 1630, en même temps qu'il s'efforçait de détacher de l'empereur les princes catholiques allemands que les ambitions de Ferdinand commençaient à inquiéter, il négociait avec le roi de Suède Gustave-Adolphe qui se préparait à intervenir en Allemagne. Ces négociations aboutirent à Berwald à un traité de subsides et d'alliance (janvier 1631).
GUSTAVE-ADOLPHE, a /H La Suède, en effet, comme la France, était menacée par l'empereur. Celui-ci rêvait de se créer une puissance maritime sur la Baltique. Il avait nommé Wallenstein amiral des mers Baltique et Océanique. Or les Suédois avaient, eux aussi, des projets sur la Baltique : Gustave- Adolphe prétendait en faire un lac suédois, et, d'autre part, il déclarait que la Baltique était le fossé de la citadelle suédoise, et qu'il ne pouvait, sans péril, laisser l'empereur s'établir sur le revers de ce fossé.
Le roi de Suède n'était pas seulement un grand homme de guerre qui avait déjà révélé son génie dans des campagnes heureuses contre la Russie et la Pologne ; c'était un novateur qui venait d'opérer dans la tactique et l'armement des transformations profondes.
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PIQUIER DE LA GUERRE DE TRENTE ANS (Gravure de Ghe>-n. Musée
d'Artillerie), a Même éqtâpement défensif et offensif que le piquier des guerres
d'Italie: morion, cuirasse, tassettes. eic. La pique mesure environ 6 mètres. La main
gauche repose sur la poignée de la rapière
RICHELIEU ET MAZARIN
FERDINAND 11 (Eihl N&t.). a Empereur cTAuHche
de 1619 à 1637. Le digne successeur de Charles-Qmnt*
fiar $es prétenliora à Vhéfiémonie et J'ardeur de sa foi
catholique
WALLENSTEIN <D'apr" Van Dyck) (Bibl. N«t.). a Le dernier et le plus grand des condottieri, aux envi- Tons de cinQuanle ans. Phtjsio'omie dure» impérieuse^ tourmentée par l'ambitioru
GUSTAVE-ADOLPHE (Bibl. IW.). a Frmd éi-
couvert sous des cheveux très blond», le* veux doux, dm
calme et de la honte. Le roi de Sttède, doit ooocr lof
envrron trente-six ans.
NOUVELLES MÉTHODES DE GUERRE, /st û Pour l'infanterie, Gustave-Adolphe, préoccupé surtout d'alléger l'homme, avait enlevé aux piquiers la cuirasse, et la longue pique encombrante avait été remplacée par la pertuisane. Le mousquet dont jusqu'alors se servaient les fantassins était une arme lourde qu'il fallait appuyer sur une fourche pour tirer ; le chargement, très compliqué, se faisait en quatrevingt-dix-neuf temps et on tirait un coup de feu par cinq minutes. Dans l'infanterie suédoise le mousquet avait été raccourci, en sorte que la fourche était devenue inutile. Pour la mise de feu un mécanisme à rouet avait remplacé la mèche ; le chargement avait été simplifié par l'adoption de la cartouche qui réunit à l'avance et permet d'introduire en un seul temps poudre et balle dans le mousquet. Aussi les feux des mousquetaires suédois étaient-ils trois ou quatre fois plus rapides que ceux des mousquetaires allemands.
Un progrès pareil avait été réalisé pour l'artillerie. Au lieu des lourdes pièces en usage, attelées de dix et même vingt-quatre chevaux, Gustave-Adolphe avait adopté des canons légers, faits d'un mmce tube de cuivre, qui, placés sur des affûts à grandes roues, attelés de deux chevaux, pouvaient passer n'importe où. En même temps, par l'adoption de la gargousse, la charge avait été rendue plus prompte encore que pour le mousquet. Les Suédois avaient ainsi sur leurs adversaires l'avantage décisif d'un armement complet à tir rapide.
D'autre part Gustave-Adolphe avait accru le nombre des mousquetaires, en sorte qu'ils constituaient les deux tiers de son infanterie. Au système de la phalange, aux massifs bataillons carrés, blocs compacts de dix
et douze files où l'artillerie ouvrait de terribles brèches, il avait substitué le système de la légion romaine, l'ordre mince, de longues lignes souples où par pelotons alternaient mousquetaires et piquiers, ceux-ci baïonnettes vivantes de ceux-là, où les hommes sur trois ou quatre rangs étaient tous utilisés. Ainsi avec
LE COMBAT DU PAS DE SUSE (1629) (Mui^ de Vm>ill«). 0 EtiioJe Jr I»
guerre pcar la suaxsnon Je Mantoae, Som ta oanimte éa Aêc Je la Meitkraie. ta Frwm'
fais fartent te pas Je Sa>e^ que harraitnt te» trvt0et dm Jac ie Savate. Aa premier plam,
te roi el Riehetieu, à cAcm/, tarveitteat la epéraHeeu.
LA REPRISE DE CORBIE (1636) (Musée de Versailles), a Ce lalltau doulU d'un
plan présente d'une façon ïjès exacte la ville reprise aux Espagnols et la circonvatlation
creusée par l'armée du roi. A gauche, le camp français ; au premier plan, à droite, des
généraux à cheval s'avancent sur la route.
moins de troupes il pouvait opposer à ses adversaires des fronts d'égale étendue, et son armée moins nombreuse était plus mobile et plus facile à nourrir. Ces transformations devaient être rapidement imitées par tous les belligérants allemands, espagnols, français. Tous les grands hommes de guerre du dix-septième siècle furent les disciples de Gustave- Adolphe ; il a été le créateur de la tactique moderne.
VICTOIRES ET MORT DE GUSTAVE- ADOL- PHE. /& 0 Débarqué en Allemagne en 1630, le roi de Suède remporta une première grande victoire sur l'armée de Tilly à Breitenfeld en Saxe (1631). 11 traversa toute l'Allemagne de l'ouest dans une marche victorieuse, occupa les villes principales de la région du Rhin, puis il envahit la Bavière dont il se rendit maître par la bataille du Lech, où Tilly fut de nouveau vaincu et blessé à mort (avril 1632).
Gustave-Adolphe se heurta alors à Wallenstein, que l'empereur avait rappelé en toute hâte pour défendre Vienne. La rencontre eut lieu à Liitzen, en Saxe (novembre 1 632). Les Suédois furent encore vainqueurs mais leur roi, en chargeant à la tête de sa cavalerie, fut tué de deux coups de feu.
La mort de Gustave-Adolphe mit fin aux succès des Suédois. En 1634, ils éprouvèrent un désastre
complet à Nordlingen. Ferdinand II se trouvait de nouveau maître de la situation. Pour être plus sûr de son armée, il avait fait assassiner Wallenstein qui intriguait avec la France et la Suède.
INTERVENTION DE LA FRANCE, a 0 C'est alors seulement que Richelieu se décida à intervenir par les armes. Très habilement, en invoquant l'équilibre européen menacé par les Habsbourg, il sut grouper autour de la France la plupart des petits Etats. 11 signa en 1635 une série de traités d'alliance avec la Suède, les Provinces-Unies, les princes protestants allemands, Bernard de Saxe-Weimar, un lieutenant de Gustave- Adolphe, qui s'était constitué une armée à lui ; enfin, avec plusieurs princes italiens et les Suisses. En même temps, Richelieu mettait sur pied cinq armées et déclarait la guerre au roi d'E^spagne Philippe IV (mai 1633).
Dès lors il ne s'agissait plus simplement de la liberté de l'Allemagne : c'était la lutte des maisons de France et d'Autriche qui recommençait. Les Français combattaient pour acquérir celles de leurs provinces qu'occupait encore l'Espagne, Artois, Roussillon, Franche-Comté. Ils luttaient pour atteindre les frontières naturelles, et, selon l'expression de Richelieu, pour « mettre la France en tous lieux où fut l'ancienne Gaule ».
LA GUERRE SOUS RICHELIEU, a a U,
lutte fut longue et acharnée, car l'Espagne, qui avait été au seizième siècle la première puissance militaire de l'Europe, était encore redoutable. Elle eut des théâtres multiples : la frontière des Pyrénées, la Franche-
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BUSTE DU GRAND CONDÉ, par Coysevox (Musée du Louvre), a Cette tête maigre, d'une laideur épique, est d'une extraordinaire puissance at>ec le nez ai bec d'aigle, les larges narines, les yeux surtout, dont Bossuet disait qu'ils lançaient des éclairs.
RICHELIEU ET MAZARIN
^ . j'k„r,r ,^. A,.-/fl.
L'ATTAQUE DE LA DILIGENCE (Bibl. Nai., Estampe,).