LA ROUE
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LES MISÈRES DE LA GUERRE (d'après Callot).
7/ est Temarquable <ju'à une épottue où le nohie métier des armes ne comptait guère <jae des aêmiratears, tm homme te soit tnaoi dont U horreurs oUt comme il le dit lui-même, la rrùsèrea de la guerre. C'est l'encers du tableau : banditisme, maraude, pillage, inctndie qai s
dessine avec une poignante sincérité et tm réalisme souvent passionr^.
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Comté, la frontière de la France et des Pays-Bas, l'Allemagne et l'Italie.
Au début, la France fut envahie sur deux points : en Bourgogne, où Saint- Jean-de-Losne, assailli par les Impériaux, repoussa toutes les attaques ; en Picardie où les Espagnols occupèrent quelque temps Corbie (août 1636). Leurs coureurs franchissant la Somme arrivèrent jusqu'à Pontoise et l'alerte fut chaude à Paris Mais un énergique et rapide effort permit de jeter l'ennemi hors des frontières, et désormais les Français n'eurent plus à combattre sur leur propre territoire. Dès 1637, ils prirent partout l'offensive. De 1637 à 1642, ils enlevèrent à l'Espagne, au nord l'Artois, où l'on prit Arras sous les yeux de Richelieu (1640), au sud le Roussillon où Louis XIII suivit en personne le siège de Perpignan (1642).
OCCUPATION DE L'Al^ACE. a a Dans le
même temps l'Alsace avait été occupée par les troupes françaises. En réalité il n'y eut pas à la conquérir : on peut dire que les villes alsaciennes se donnèrent d'elles-mêmes à la France.
Depuis le Moyen Age, l'Alsace était morcelée en un grand nombre de petits États, principautés seigneuriales et ecclésiastiques, et surtout villes libres qui étaient comme autant de petites républiques indépendantes. Politiquement rattachée à l'Empire, d'un lien très lâche, l'Alsace s'était toujours sentie davantage attirée vers la France : « La plupart d'entre nous sont plus favorables à la France qu'à l'empire germanique», constatait un érudit alsacien en 1501. Pendant les guerres entre François I*"' et Charles- Quint, on avait vu les Alsaciens en grand nombre s'enrôler dans les armées françaises. C'était une idée répandue parmi ces populations que l'Alsace, ayant
jadis appartenu à la France, devait lui revenir. Au début du dix-septième siècle, les sympathies pour la France semblaient plus vivaces que jamais. « Au regard de l'assistance humaine, lit-on dans un rapport adressé de Strasbourg à Richelieu en 1629, les esprits et les yeux de tous sont tournés sur la France. »
Ainsi s'explique que dès 1634, pour échapper aux ravages des armées tant suédoises qu'impériales, la plupart des villes alsaciennes demandèrent à se mettre sous la protection du roi de France et sollicitèrent des garnisons françaises. Louis XI 11 y consentit par le traité de Rueil (1635) et s'engagea à maintenir les libertés des villes alsaciennes. .A cette condition l'occupation française se fit sans violence, et même avec de grands égards mutuels. Succédant à Richelieu, Mazarin pouvait écrire en 1643 aux Alsaciens : « L'inclination que vous avez eue de tout temps pour la France oblige tous les bons Français d'en avoir du ressentiment. » (I).
ROCROl. 0 0 C'est à Mazarin que devait revenir la gloire d'achever l'œuvre entreprise par Richelieu Sous son gouvernement, les armées françaises, commandées par de grands capitaines, Condé et Turenne. remportèrent d'éclatants succès.
Condé n'était encore que duc d'Enghien et jeune prince de vingt-deux ans quand il révéla son génie, tout d'audace et d'inspiration, sur le champ de bataille de Rocroi. Rocroi est à la frontière du Nord une petite place forte qui garde l'entrée de la Champagne et commande la route de Mézières. Au mois de mai 1643, une armée espagnole, forte de vingt-huit mille hommes avec dix-huit canons, vint l'assiéger. Le duc d'Enghien, avec vingt-trois mille hommes et douze canons, fut envoyé au secours de la place. Il décida de livrer bataille, et le 19 mai à l'aube l'action s'engagea. Le duc s'était placé à l'aile droite avec une partie de sa cavalerie ; l'infanterie au centre ; le reste de la cavalerie à l'aile gauche. Les Espagnols avaient les mêmes dispositions ; au centre leur infanterie, formée de vieux soldats réputés invincibles, était formée sur trois lignes de profondeur.
Le duc d'Enghien attaqua la cavalerie espagnole qu'il avait en face de lui et en une heure de combat la mit en déroute. Comme il arrivait au sommet d'un pli de terrain, il aperçut au loin, en plein désordre, la gauche de son armée bousculée par l'aile droite espagnole : celle-ci commençait même à aborder de flanc le centre français. Il était entre cinq et six heures. Enghien eut alors une inspiration de génie. 11 laissa un instant souffler les chevaux, puis, au lieu de revenir
(1) " Reuentiment ». au dix-septième siècle, s'employait aussi en bonne part.
RICHELIEU ET MAZARIN
çn arrière pour aller secourir son centre et sa gauche, il se lança à corps perdu à gauche sur le centre espagnol. En quelques instants la troisième et la seconde ligne étaient bousculées, et les Espagnols et les Français stupéfaits virent tout à coup déboucher le duc d'Enghien « les cheveux épars, les yeux pleins d'éclairs, l'épée à la main », en arrière de la droite ennemie. La réserve et le centre français passant alors à l'offensive, la cavalerie espagnole, prise entre deux feux, fut anéantie.
II ne restait que le centre, l'infanterie rangée sur une éminence, en rectangle allongé, citadelle vivante que commandait le comte de Fontaine. C'était un vieux général à longue barbe blanche, perclus de douleurs ; on l'apercevait à un angle du carré, assis sur une chaise que quatre hommes soutenaient sur leurs épaules. Le duc d'Enghien se disposa à attaquer sur l'heure
« Tout est immobile en face de nous, a écrit le duc d'Aumale dans une narration célèbre de la bataille de Rocroi. Fontaine, sa canne appuyée sur son pied, les mousquetaires au port d'armes et derrière eux la forêt des piques. Les Français approchent. Les assaillants commencent à voir distinctement ces hommes de petite taille au teint basané, à la moustache troussée, coiffés de chapeaux étranges, appuyés sur leurs armes. Tout à coup la canne de Fontaine se dresse : dix-huit bouches à feu sont démasquées, tous les mousquets s'inclinent ; une grêle de balles et de mitraille balaye le glacis naturel sur lequel s'avance la ligne française. Celle-ci flotte un moment, puis recule, laissant le terrain jonché de cadavres. Quand le vent eut dissipé la fumée, la phalange était de nouveau immobile, les mousquets relevés. Fontaine à la même place. »
Deux autres attaques échouèrent. Le duc d'Enghien, deux balles dans sa cuirasse, son cheval blessé, fît amener du canon pour abattre à coup de boulets les angles de la citadelle. Dans un quatrième assaut, le centre espagnol fut enfoncé. Avant dix heures tout était fini. Fontaine et sept mille Espagnols étaient tués ; six mille étaient prisonniers. Les Français avaient deux mille morts et autant de blessés.
La victoire de Rocroi arrêta net l'invasion. Elle annonçait la fin de la prépondérance militaire de l'Espagne ; elle était le début de la prééminence militaire de la France.
LA GUERRE EN ALLEMAGNE. 0 a Malgré l'opiniâtreté des Espagnols et des Impériaux, cette prééminence s'affirma dans les années suivantes. L'effort principal porta du côté de l'Allemagne. L'armée française qui opérait dans la région rhénane était commandée par le vicomte de Turenne, déjà vieux
LA BATAILLE U£ LL.\i Uu Auùi Ib4i). ll-'ia«na:ai .Musct Je \ tii.i:!;cij. a La
deuxième grande victoire Je Condé sur Us Espagnols. Aa premier plan, des officiers disca-
tent et commentent les péripéties de la bataille qui fait rage aa jond du tableau. Une
plaine immense où se multiplient les charges d. cavalerie.
routier et maréchal de France à trente-deux ans (1643). Condé et Turenne, réunis deux années de suite, furent vainqueurs à Fribourg (1644) et à Nordiingen (1645). Mais ces victoires chèrement gagnées ne furent pas décisives. Ce n'est qu'en 1648 que, mettant à exécution un plan combiné dès 1639, Turenne put opérer sa jonction avec le Suédois Wrangel. Tous deux remportèrent un important succès à Zusmarshausen (17 mai 1648), envahirent la Bavière et bloquèrent Munich. D'autre part une seconde armée suédoise enlevait Prague par surprise GuiHet 1648). Presque au même moment, Condé écrasait une armée espagnole à Lens, lui prenant 120 canons et tous ses étendards (20 août 1648). Si le roi d'Espagne s'obstinait à continuer la guerre, l'emisereur Ferdinand III, double-
ment menacé dans sa capitale, se décida à signer la paix.
LES TRAITÉS DE WESTPHALIE. 0 0 Depuis 1645, les plénipotentiaires des Etats belligérants, ainsi que ceux du Pape et de la République de Venise qui avaient offert leur médiation, s'étaient réunis en Congrès dans deux villes de Westphalie, à Munster où siégeaient les envoyés français, le comte d'Avaux et Servien, à Osnabriick où étaient les Suédois.
Les Français présentèrent leurs demandes en langue française à la grande surprise de leurs adversaires, le latin jusqu'alors ayant toujours été la langue des diplomates. Les protestations n'y firent rien ; les Français continuèrent à n'employer que le français qui commença dès lors à remplacer le latin comme langue diplomatique.
Les traités furent signés simultanément à Munster et à Osnabriick, le samedi 24 octobre 1648. La Suède et la France, les deux puissances victorieuses, obtenaient les principaux avantages. A la Suède l'empereur dut abandonner les embouchures du Weser, la Poméranie occidentale, les embouchures de l'Oder, c està-dire la rive allemande de la Baltique. l..a France se fit reconnaître définitivement la possession des Trois- Évêchés ; elle se fit céder tous les droits de l'empereur sur l'Alsace, particulièrement sur dix villes libres au nombre desquelles ne figurait d'ailleurs pas Strasbourg. La situation de Strasbourg, mal définie, devait donner lieu à de nouveaux conflits entre la France et l'empire.
En outre, les traités de Westphalie, ruinant les prétentions des Habsbourg, maintenaient la constitution anarchique de l'Allemagne. Les Electeurs firent de nouveau garantir leur indépendance absolue dans leurs Etats. Ils eurent même le droit de conclure des alliances avec qui bon leur semblerait. L'empereur n'eut plus absolument qu'un vain titre. Comme d'autre part la constitution allemande était placée sous la garantie de toutes les puissances signataires, la France et la Suède avaient légalement le droit d'intervenir dans les affaires intérieures de l'empire.
Les traités de Westphalie étaient une grande victoire française, non seulement parce que la France atteignait pour la première fois la frontière naturelle du Rhin, mais encore parce qu'ils rendaient impossible toute tentative d'unification de l'empire et réduisaient ainsi l'Allemagne à l'impuissance pour le plus grand profit de la France. Le maintien de ces traités, considérés
comme le chef-d'œuvre de la diplomatie, devait être, jusqu'à la Révolution, la préoccupation principale de tous les politiques français.
GUERRE CONTRE L'ESPAGNE. 0 a \jt roi d'Espagne cependant avait refusé de signer la paix avec la France. Des troubles graves, la Fronde, venaient d'éclater à Paris (1648). Les Espagnols espérèrent à la faveur de ces désordres recouvrer ce qu'ils avaient perdu. On sait comment, à dater de 1651, ils trouvèrent un allié dans la personne même du vainqueur de Rocroi, le prince de Condé, révolté contre son roi et contre Mazarin.
La guerre fut ainsi prolongée de douze années. Le nord et l'est de la France furent cruellement ravagés. La lutte se prolongeait sans qu'aucun des adversaires parvînt à prendre un avantage marqué sur l'autre. Pour triompher de la résistance espagnole, Mazarin n'hésita pas à négocier avec le dictateur que la Révolution d'Angleterre avait porté au pouvoir, Cromwell : en 1657 il obtint l'alliance anglaise, d'ailleurs à très haut prix, moyennant la promesse de la cession de Dunkerque, alors place espagnole. Cromwell fournit un corps de 6 000 hommes. Ce renfort permit à Turenne de gagner sur les Espagnols et Condé, près de Dunkerque, la victoire des Dunes (14 juin 1658). Le roi d'Espagne n'avait plus d'armée : il consentit à traiter.
PAIX DES PYRÉNÉES. 0 0]^ paix fut négociée et signée dans une petite île de la Bidassoa, à la frontière de la France et de l'Espagne. On l'appela la paix des Pyrénées (1659).
La France recevait au sud le Roussillon et la Cerdagne, au nord l'Artois, avec quelques places de la Flandre et du duché du Luxembourg, parmi lesquelles Thionville. Le traité stipulait en outre le mariage de Louis XIV avec la fille aînée de Philippe IV, Marie- Thérèse. Cette clause devait être par ses conséquences la disposition capitale du traité, et toute la politique extérieure de Louis XIV, cinquante années d'intrigues diplomatiques et de guerre, en devaient sortir.
La paix des Pyrénées marquait le triomphe de la maison de France sur les Habsbourg d'Espagne, comme la paix de Westphalie avait consacré son triomphe sur les Habsbourg d'Autriche. Agrandie de trois provinces, Alsace, Artois, Roussillon, en face d'adversaires à bout de forces, la France, à la fin de 1659, dans l'Europe occidentale, était vraiment la puissance prépondérante.
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LE ROI ET SES MINISTRES (Bibl. Nat.). J^ A l'heure où Louis XIV revient de la mette, set tmrnttrei l'attendent au passage pour prendre tes ordret. La gravure parie tn exergue Fide et Obsequio {Fidélité et obéissance) qui est la devise des ministres^ et» tous le pied de Louis XIV, Nil «ine ieJJiien sans toi) hwnbïe fotmale oui exprime
la juste conception que les ministres du Grand Roi se faisaient de leur rôle.