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CHAPITRE II

LA GAULE ROMAINE

lES ROMAINS EN GAULE, aa Les Romains I avaient pénétré en Gaule dès la fin du II' siècle avant Jésus-Christ, appelés par les Marseillais que menaçaient leurs voisins Gaulois. De 123 à 1 18 ils avaient occupé le pays compris entre le Rhône, les Alpes et les Cévennes ; ils en formèrent la province de Gaule transalpine ou, comme on disait, « la Provmce » tout court. Pompée, en 76, étendit ses limites jusqu'aux Pyrénées orientales. Dix-huit ans plus tard, Jules César entreprenait la conquête de la Gaule entière. Il y employa huit années, cinq campagnes et dix légions, c'est-à-dire soixante à quatre-vingt mille hommes (58 à 50 av. J.-C).

Cette conquête relativement facile s'explique par le génie de César, par la supériorité de l'armée romaine formée de soldats de métier, disciplinés et bien armés, sur les bandes gauloises composées de guerriers mal équipés et nullement exercés. Elle s'explique encore par le morcellement de la Gaule en nombreux petits Etats, souvent rivaux et eux-mêmes en proie à des divisions intestines dont César sut habilement profiter.

CÉSAR APPELÉ PAR LES ÉDUENS. ^a/ La conquête de la Gaule par César n'est qu'un épisode des guerres civiles de Rome.

C'était le temps où, dans la République romaine, déchirée par les factions, les ambitieux se disputaient le pouvoir suprême. César, déjà célèbre comme chef de parti, voulut, pour assurer sa fortune, acquérir une grande gloire militaire.

Il psnsa qu'une guerre contre les Gaulois serait populaire à Roms où l'on avait si souven t tremblé devant eux, et il se fit donner en 58 av. J.-C. le gouvernement de la Gaule transalpine; il espérait bien trouver parmi ces populations remuantes l'occasion de la guerre qu'il cherchait. Elle se présenta tout de suite : les Gaulois, dans leurs incessantes querelles, n'hésitaient pas à faire appel à l'étranger ; les Séquanes en lutte contre les Èduens ayant demandé du secours à un chef germain Arioviste, les Éduens appelèrent les Romains.

ARIOVISTE ; LES HELVÈTES, aa En même

temps la grande tribu gauloise des Helvètes se dispo-

VASE EN ARGENT CISELÉ (Mus^e de Sainl-Germain-en-Laye). a Trouvé

dans les reirancbements de César autour d'Alésia, il porte sur ses flancs des feuilles de

chêne attachées par une liane.

sait à quitter ses montagnes pour aller chercher au bord de l'Océan un climat moins rigoureux. La Gaule se trouvait donc menacée d'une invasion, qui pouvait déborder sur la Province romaine. C'était là pour César une excellente occasion de pénétrer en Gaule, en s'y présentant comme un sauveur en face des Helvètes, comme un libérateur en face d'Arioviste.

César arrêta d'abord les Helvètes qui débouchaient dans la vallée du Rhône ; il les repoussa au nord dans la vallée de la Saône, les surprit près de Mâcon, les écrasa à Bibracte et rejeta en Suisse les débris de cette invasion.

Il marcha ensuite contre Arioviste. <' Nul ne s'est encore attaqué à moi, disait celui-ci, qui ne s'en soit repenti. » L'armée romaine tremblait à l'idée d'attaquer les barbares germains dont la réputation était effrayante. César ranima les courages, et anéantit l'armée d'Arioviste au nord de Besançon (58).

PREMIÈRE CONQUÊTE DE LA GAULE. xH/H Une fois entré en Gaule, César songea à la soumettre. Il pouvait paraître dangereux de se heurter à ces peuples courageux. Mais César eut cette bonne fortune que les Gaulois ne s'aperçurent pas tous en même temps du danger et que sauf une fois, en 52, avec Vercingétorix, il n'eut jamais à combattre que des coalitions partielles.

La première de ces coalitions motivée par l'inquiétude que causait la présence des Romains ne comprit que les peuples de la Belgique ; encore les Rèmes (Reims) prirent-ils parti pour César. Celui-ci se retrancha solidement sur les bords de l'Aisne et résista victorieusement aux confédérés. Puis il prit l'offensive, les soumit les uns après les autres et termina la campagne par la déroute des Nerviens (le Hairiaut) dans la vallée de la Sambre. Le choc fut si

rude que César dut combattre au premier rang (57).

L'année suivante, l'Ouest tout entier se coalisa sous la direction des Venètes (Vannes), peuple très puissant par sa marine et son commerce. César n ayant pas de flotte, construisit des vaisseaux sur la Loire et fit venir des rameurs de la Province. Mais ses navires à rames luttaient mal contre les navires à voiles des Venètes. Il imagina de couper leurs cordages avec des faux manœuvrées par ses trirèmes et les Venètes furent à sa merci.

Pendant ce temps, l'Aquitaine était domptée par son lieutenant Crassus. Il semblait que presque toute la Gaule acceptait la domination romaine (56) et pendant deux ans la tranquillité fut complète. Ces deux ans. César les employa en expéditions contre les Germains et les Bretons.

GUERRES CONTRE LES GERMAINS ET LES BRETONS. £>£> Les Germains ayant franchi le Rhin, César les arrêta et les massacra. Il résolut alors, pour protéger la Gaule, de réduire à l'obéissance les peuples d'au delà du Rhin. Il franchit le fleuve sur un pont de bois construit en dix jours et obtint des soumissions et des alliances qui lui assurèrent le recrutement de sa cavalerie (55).

II se tourna ensuite vers les Prêtons, peuple d'cutre- Manche, qui était de même race et de même religion que les Gaulois et chez lequel se tramaient des corr plots contre les Romains. Il passa deux fois la mer et réussit dans sa deuxième expédition à pénétrer jusqu au cœur du pays (54).

PREMIER SOULÈVEMENT DES GAULOIS- ^^ Cela fait. César levint hiverner en Gaule. Il était plein de confiance dans la soumission des Gaulois, car l'aristocratie favorisée par lui affichait hautement sa fidélité à Rome. Aussi établit-il ses légions dans des cantonnements très éloignés les uns des autres. Mais le parti populaire, excité par deux chefs patriotes, Induciomare et Ambiorix, organisa un vaste complot et une fois encore tous les peuples du Nord prirent les armes en même temps. Une légion romaine fut massacrée ; une autre lut bloquée. Cependant les autres peuples gaulois commirent la faute de ne pas s'armer aussi. César put rassembler ses troupes, débloquer la légion en péril et écraser les uns après les autres les peuples soulevés. Induciomare fut tué et Ambiorix seul échappa. La répression fut sans pitié ; tous les insurgés furent tués ou vendus comme esclaves (53).

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