‹ Nouvelle histoire de FranceChapitre 66 sur 227 · TZ · texte numérisé non relu

TZ

iyis^i

PfM. M':S

ÊaP -*iifc^-

^IH^HÉ^^lK^I

jOrîJI

^^W'W '"'"'''•>^-^ ^jKa X^

^V^B^^Mi^ff^

tir ^

JEAN BART (G™%-ure d*Am«uli. BiWio(K*qi . quimontrete* hardicortcirt * dansanedectsatti!'. une mèche alUmnèe eiUn le» denU; de la mmn droilt,, 1/ tiemi maieiol Im tend one grenade.

un Mif< J'm^mdate. H m

PORTRAIT DE PHILIPPE V, DUC D'ANJOU. ROI DESPAGNE, par

Rieaud (1683-1746) (Musée du Louvre). 0 Sous l'ample perruque hlonde, dans

les larges et riches draperies de son costume noir à la mode espagnole, ce roi de dix -sept

ans s'essaye à da airs de majesté, mais les yeux gris bleu brillent d'une jutKnile gatté.

Cordon bleu, plaque du Saint-Esprit, Toison d'or.

d*Orange comme roi d'Angleterre ; il rendit la plupart des territoires annexés depuis la paix de Nimègue. Il exigea seulement que l'Empereur et l'Allemagne lui reconnussent la possession définitive de Strasbourg.

LA SUCCESSION D'ESPAGNE. jH j!t S\ Louis XIV s'était montré très modéré à Ryswick, c'est d'abord qu'il avait besoin de la paix pour refaire ses armées et ses finances, c'est ensuite qu'il voulait régler à l'avance le partage de la succession d'Espagne.

Le roi Charles II était mourant. A qui allait échoir cet immense empire qui comprenait l'Espagne, les Baléares, la Sardaigne, la Sicile, le royaume de Naples, le Milanais, la Franche-Comté, les Pays-Bas, enfin la moitié de l'Amérique avec les mines du Pérou et du Mexique? Il y avait plusieurs prétendants à la succession, parmi lesquels Louis XIV et l'Empereur, tous les deux fils et maris de princesses espagnoles. Mais Anne d'Autriche et Marie-Thérèse, mère et femme de Louis XIV, étaient l'une et l'autre fille aînées des rois d'Espagne : la mère et la femme de l'Empereur Léopold étaient des filles cadettes. Les droits^ de Louis XIV étaient donc supérieurs à ceux de Léopold. Il est vrai qu'en 1639, lors de la paix des Pyrénées,

Marie-Thérèse s'était vu imposer une renonciation à ses droits d'héritière. Mais cette renonciation était nulle parce qu'elle était contraire aux lois successorales de l'Espagne et parce que sa validité était liée au paiement d'une dot de 500 000 écus d'or que Philippe IV n'avait jamais versée.

Cependant Louis XIV savait qu'il ne pouvait pas espérer recueillir la totalité de la succession. Il croyait que le roi Charles II léguerait tous ses Etats à l'Empereur ou à un prince de la famille impériale. C'est pourquoi il négocia secrètement avec la Hollande et 1 Angleterre un traité de partage : ce traité, signé à Londres (mars 1700), attribuait au second fils de l'Empereur, l'archiduc Charles, la succession d'Espagne, exception faite du royaume de Naples, de la Sicile et du Milanais. Ces territoires étaient réservés à Louis XIV qui les échangerait contre la Savoie et la Lorraine : ainsi, de la succession d'Espagne, Louis XIV tirerait l'achèvement de la France, et rien de plus.

LE DUC D'ANJOU ROI D'ESPAGNE. /H 0 Mais Charles II ne voulait pas qu'à sa mort la monarchie espagnole fût démembrée. Il jugea que seul un prince français, soutenu par Louis XIV, serait capable de maintenir l'intégrité de son empire. Quand il mourut (K'' novembre 1700), on apprit que son testament était en faveur de Philippe, duc d'Anjou, le second petit-fils de Louis XIV.

Le testament fut communiqué à Louis XIV le 9 novembre. Le roi hésita cinq jours s'il l'accepterait ou s'il s'en tiendrait au traité de Londres. L'intérêt national lui commandait de s'en tenir au traité puisqu'il assurait l'achèvement de la France. L'intérêt dynastique lui conseillait d'accepter le testameit, puisqu'il mettait à la tête de la plus vaste monarchie du monde un de ses petits-fils. Le 15 novembre, au château de Versailles, Louis XIV disait aux courtiscno.

L'ENROLEMENT DES PAYSANS FOUR LA MILICE (Bibl. Nai.).

a Pentiant la guerre deSuccession d'Espagne, tes eni:agfTnenls volontaires ne suffisant plus à remplir les cadres de rarrr.ée de ligne, on recruta des" miliciens " parmi les paysans par tirage au sort. La gravure montre le peu d'enthousiasme des assujettis au tirage.

LES GUERRES DE LOUIS XIV

MARLBOROUGH. par Kneller (Galerie Nationale, PORTRAIT DU MARÉCHAL DE VILLARS. par PORTRAIT DU PRINCE EUGÈNE. p«r Vm

Londres), fi L? visagf parfaitement raie parait élran- Rieaud. fi Traita fermes, d'un dessin pur bien qu'un Schuppen (Amsteriiam, Rylcs Mujeam). fi V'iMÊft

gement jeune. Le nez très court donne à la physionomie peu épaissis par l'âge, regard oif et hardi ; c'est le visage curieusement laid, avec ta fomte allongée, la livre inféun air insolent et volontaire, (cl. walkER.) d'un chef et d'un homme d'esprit. (CL HACHETTE.) rieure si saillante et le nez court au» larges narines.

en leur montrant le duc d'Anjou : « Messieurs, voilà le roi d'Espagne. » Il avait accepté le testament par orgueil dynastique, mais aussi par désir de la paix : en renonçant aux agrandissements que le traité de Londres assurait à la France, il faisait preuve de modération. Les Anglais et les Hollandais en jugèrent ainsi; et le duc d'Anjou fut reconnu comme roi d'Espagne, sous le nom de Philippe V, par tous les souverains, l'Empereur excepté.

LA GRANDE ALLIANCE, m 0 Une fois de plus Louis XIV, par des mesures, les unes imprudentes, d'autres justifiées, mais que ses ennemis exploitèrent toutes habilement, retourna contre lui l'Europe entière.

Il alarma toutes les puissances en garantissant à Philippe V, par une déclaration solennelle, ses droits éventuels à la couronne de France. Il irrita les Hollandais en faisant occuper par ses troupes les places de la Barrière : c'étaient les citadelles espagnoles des Pays- Bas, disposées le long de la frontière française, où les Hollandais, depuis Ryswick, avaient obtenu le droit de tenir garnison. Enfin Louis XIV souleva contre lui 1 opinion anglaise, jusqu'alors pacifique, en reconnaissant comme roi d'Angleterre, à la mort de l'ex-roi Jacques II, son fils Jacques III. Cette dernière mesure ne fut du reste qu'une riposte à la conclusion d'une coalition formée neuf jours auparavant contre la France, sur l'initiative de Guillaume d'Orange.

Celui-ci qui, depuis longtemps, voulait la guerre, avait en effet organisé la Grande Alliance de la Haye où entrèrent l'Angleterre et la Hollande, l'Empereur.

l'Électeur de Brandebourg et la plupart des princes allemands (septembre 1701). II mourut quelques mois plus tard (mars 1 702), sans avoir pu assister au triomphe de sa politique et à l'humiliation de son ennemi.

Page 1