GUERRE DE LA SUCCESSION D'ESPAGNE
0 0 \^3i guerre devait durer treize ans (1701 -171 4). Ce fut la plus longue et la plus terrible du règne de Louis XIV. Elle eut pour théâtres à la fois l'Elspagne, l'Italie, l'Allemagne, les Pays-Bas, l'est et le nord de la France. Elle fut conduite du côté des alliés par deux grands hommes de guerre, l'Anglais Marlborough et le prince Eugène de Savoie, un Français passé au service de l'Autriche. Du côté des Français, il y avait encore de bons généraux, le maréchal de Villars, le duc de Vendôme. Mais Louis XIV, vieilli, mal conseillé, leur préférait des favoris incapables, comme Villeroi et la Feuillade.
Les armées françaises prirent d'abord l'ofîensive : en Italie, Vendôme battit le prince Eugène à Luzzara (1702). Dans l'Allemagne du sud, Villars fut vainqueur à Friedlingen (1702) et à Hochstaedt (1703). Mais le duc de Savoie, d'abord allié de la France, passa à la coalition, forçant Vendôme à se retourner contre lui. En Allemagne, Villars fut rap{}elé et remplacé par des généraux qui ne le valaient pas, Tallard et Marsin.
Alors commence la série des désastres : le prince Eugène et Marlborough, ayant opéré leur jonction, accablent l'armée française d'Allemagne à la seconde bataille de Hochstaedt (1704). Les Anglais s'emparent de Gibraltar (1704) et entreprennent la conquête de l'Elspagne pour le compte de l'archiduc Charles.
PROCLAMATION DE LA PAIX A PARIS (Bibliothèque Nationale), a II s agit
ici de la paix d'Utrecbt qui termina en 1713 la longue guerre de laSuccession d'Espagne.
Un héraut à cheval, accompagné de gendarmei et de trompettes, lit la proclamation
devant les Tuileries.
Les Pays-Bas espagnols sont perdus par la défaite de Villeroi à Ramillies (1706), l'Italie par la défaite de la Feuillade devant Turin (1706). En 1708 une armée commandée par le duc de Bourgogne, tenta de reprendre la Belgique : elle fut vaincue à Oudenarde. Les coalisés envahirent la France et prirent Lille, malgré la belle défense que fît le vieux maréchal de Boufflers.
Le royaume et le roi étaient à bout de ressources. L'hiver terrible de 1709 mit le comble à la misère et réduisit le pays presque entier à la famine. Aux malheurs publics s'ajoutaient pour Louis XIV les malheurs domestiques. Dans ces dernières tristes années du règne, il perdit successivement son fils, ses deux petits-fils et l'aîné de ses arrière-petits-fils ; il ne lui restait plus comme héritier qu'un enfant malingre, le duc d'Anjou.
FIN DE LA GUERRE. /l> 0 Dans cette situation critique, Louis XIV montra une inaltérable fermeté de cœur. Il fut admirablement soutenu par la nation qui répondit à son appel en lui fournissant des milliers de volontaires, paysans pour la plupart. Le roi put ainsi reconstituer une armée qu'il confia à Villars : l'invasion ennemie fut arrêtée par la sanglante bataille de Malplaquet (11 septembre 1709). Quand l'action commença, les hommes, qui n'avaient presque rien mangé depuis l'avant-veille, jetèrent le pain qu'on venait de leur distribuer pour aller plus vite à l'ennemi. Ils étaient 90 000 contre 120000: ils tinrent sept heures, de huit heures du matin à trois heures du soir. Villars. blessé, fut pendant la bataille remplacé par Boufflers. A la fin de la journée, Boufflsrs décida la retraite, mais les Français avaient pris plus de drapeaux qu'ils n'en avaient perdu, ils avaient écrasé la
gauche de l'ennemi et lui waient mis 23 000 hommes
hors de combat. Leur chef pouvait écrire au roi :
Jamais malheur n'a été accompagné de plus de gloire ».
Louis XIV avait déjà essayé de traiter ; il redemanda la paix. Mais les coalisés exigèrent — outre l'abandon de l'Alsace et de la Flandre — qu'il détrônât lui-même son petit-fils Philippe V. « Puisqu'il faut faire la guerre, répondit Louis XIV, mieux vaut la faire à mes ennemis qu'à mes enfants. "
La France fut sauvée par deux victoires et par un changement survenu dans la politique anglaise. A la fin de 1710, Vendôme écrasa à Villaviciosa, en Espagne, l'armée anglo-autrichienne ; Philippe V coucha le soir sur un matelas fait des drapeaux pris à l'ennemi. Il était désormais maître de l'Espagne. D'autre part, l'archiduc Charles étant devenu Empereur par la mort de son frère Joseph I*'' (171 1), les Anglais qui ne voulaient pas travailler à la réunion des couronnes d'Espagne et d'Autriche, résolurent de se retirer de la coalition et rappelèrent Malborough. Enfin, en 1712, le prince Eugène fut surpris et vaincu par Villars à Denain, près de Valenciennes. La victoire de Denain eut une influence décisive sur la conclusion de la paix.
LA PAIX D'UTRECHT. 0 0 La paix fut signée à Utrecht en 1713, avec l'Angleterre, la Hollande et la Savoie, à Rastadt en 1714 avec l'Empereur. Les traités d' Utrecht et de Rastadt réglèrent ainsi la succession d'Espagne :
Philippe V gardait l'Espagne et ses colonies ; i! renonçait solennellement à tous ses droits à la couronne de France.
L'Empereur recevait les Pays-Bas, et, en Italie, le Milanais, la Sardaigne, le royaume de Naples.
Le duc de Savoie recevait la Sicile et prenait le titre de roi.
L'Angleterre se faisait concéder par l'Espagne d'importants privilèges commerciaux dans les colonies ; plus Minorque et Gibraltar, c'est-à-dire la porte de la Méditerranée. Elle se faisait céder par la France Terre-Neuve et l'Acadie, c'est-à-dire l'entrée du Saint-Laurent et de notre colonie du Canada.
Ainsi le petit-fils de Louis XIV gardait la couronne d'Espagne. Mais c'était une vaine satisfaction d'amourpropre. En acceptant le testament de Charles II, Louis XIV avait fait banqueroute à sa politique. La guerre de Succession d'Espagne avait été stérile et ruineuse : non seulement la France n'avait retiré aucun profit de cette entreprise, mais elle avait perdu sa prépondérance en Europe, elle était épuisée de sang et d'argent. Et la véritable triomphatrice des traités d'Utrecht, c'était l'Angleterre, qui s'acheminait à la suprématie maritime.
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POUSSIN : ORPHEE ET EURYDICE (Musi-e du Louvrt). Û Une page belle entre toutes, où Pûusàn a fait paiur son amoar de V antiquité dam rinlerprétatioa tfunc des plus aimahles légendes de celle-ci. Au premier plan, à droite, Orphée chante, s' accompagnant de la lyre ; à ses fneds, des femmes sont assises ; mais il en est une autre <tm l'annoe ven lui, comme fascinée par son ardente musique : Eurydice. Comme cadre à ce duo de passion, une grande et cafme camttagne, et tout autour, des perwonnages de la vie courante: dt»
hateHen, des baigneuses un pêcheur. icL. hachette.)