LES • QUATRE AMIS
Les vrais fondateurs et les représentants les plus illustres de l'Etole de i660. Liés d'une étroite atrutié, ih formaient un copieusement des écrivains à la mode. Dans des réunions plus calmes, che^ Boileau, ils critiguaient les ouvrages tw
échanges de eue» les principes du goût classique
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FÉNELON (Gravure d'Audran, d'après Vivien, 1714; Bibliothèque Nationale).
fi * Un grand nez, des yeux dont le feu et l'esltrif sortaient comme un torrent et une
physionorrtie qui ne se pouvait oublier quand une fois on t'avait vue », tel le dépeint
Saint-Simon avec une grande exactitude.
virent, il fit jouer six autres tragédies, Briiannicus, Bérénice, Bajazet, Mithridate, Iphigénie, Phèdre, également belles par la pureté du style poétique, la savante peinture des passions humaines et la force de l'émotion dramatique. Après Phèdre, Racine renonça au théâtre par scrupules religieux. Pourtant, à la demande de Mme de Maintenon, il écrivit plus tard, pour le pensionnat de jeunes filles nobles qu'elle avait créé à Saint- Cyr, deux dernières tragédies tirées de la Bible, Esther et Athalie. « Le temps glisse sur ces merveilles sans les diminuer, a dit un critique, et même, comme il n'arrive que pour les chefs-d'œuvre de l'art, en y ajoutant. " Quant à La Fontaine (1621-1693), il fut tout simplement le plus délicat, le plus spirituel et le plus français de nos poètes. « Bonhomme » aimable et distrait, il aimait flâner à la ville et à la campagne, rêvant et observant. De ses flâneries et de ses observations sortirent les recueils de Fables, dont le premier parut en 1668, le dernier en 1690, « comédie aux cent actes divers » où, sous la figure des animaux, se cache l'homme dans toutes ses conditions, avec toutes ses passions, ses vices et ses ridicules.
LES PROSATEURS. XH £l Le plus grand nom de la prose française est alors Bossuet (1627-1704), en même temps le plus éloquent des orateurs. Ses Sermons l'avaient déjà rendu illustre à trente-cinq ans,
quand, en 1662, il fut appelé à prêcher devant le roi. Louis XIV le nomma, plus tard, précepteur du Dauphin, son fils. Bossuet écrivit alors le Discours sur l histoire universelle et la Politique tirée de l'Ecriture sainte, où il exposait et justifiait la doctrine de la monarchie absolue et de droit divin. Ses œuvres les plus célèbres furent ses Oraisons funèbres, prononcées à la mort de grands personnages : la duchesse d'Orléans, la reine Marie-Thérèse, et surtout le grand Condé. Sa vie, toute consacrée au devoir, sans faiblesse, sans raideur, droite et pure, fait de lui la plus haute figure morale du règne de Louis XIV.
La Bruyère (1645-1696) et Fénelon (1651-1715) appartiennent déjà à une autre génération chez laquelle s'éveille l'esprit critique. L'un et l'autre écrivirent après 1680, alors que se faisaient sentir cruellement les néfastes conséquences de l'ambition de Louis XIV. Le premier recueil des Caractères de la Bruyère parut en 1 688 ; la publication du Télémaque de Fénelon, critique à peine déguisée du gouvernement de Louis XIV, est de 1699; elle valut à l'auteur d'être exilé dans son archevêché de Cambrai.
Le siècle presque entier, les grands et les petits événements qui le jalonnent et surtout la Cour, avec son éclat et ses misères cachées, sa grandeur et ses vices, revivent dans les lettres spirituelles de la marquise de Sévigné (1626-1696).
CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES LETTRES SOUS LOUIS XIV. a 0 chez tous les écrivains du règne de Louis XIV, on trouve un certain nombre de traits communs. Tous eurent une profonde connaissance des écrivains anciens qu'ils jugeaient des modèles impossibles à égaler et qu'en fait ils surpassèrent maintes fois. Tous eurent le sentiment de l'ordre et de la composition, le souci de la clarté et de la sim-
LE DÉBARQUEMENT DE CLÉCPATRE far Claude Lorrain (Musce du Louvre), fi ht paysage est absolument conventionnel: mais, une fois la convention admise, on ne saurait trop admirer la beauté lumineuse de la composition. Peu de peintres ont aussi merveilleusement joué du soleil et de la lumière qu'a su faire le Lorrain.
(cl. hachette,)
LE GRAND SIECLE
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LOUIS XIV EN HOLLANDE (Dessin de Masse, d'après Le Brun ; Galerie des Glaces, Château de Versailles), a Cal, en allésorie. U Jëbut Je la guerre de Hollande. Au centrct Louis Xiydésigne,sur une carie que Minerve lient déroulée, les places àatlaquer. A droite, vti de dos, Turenne : à gauche, de profil, Cond^. Tous sonthoAillés en généraux romains; ils n'ont de leur temps que la perruque. Au fond, un camp; des soldats qui s'arment; des cavaliers qui exercent leurs chevaux. Les trotdtées qui encadrent et surmonteni
la fresque sont en relief, finement sculptés et dorés.
plicité. Chez tous, le style fut sobre et précis, débarrassé de tout ornement qui n'eût été qu'un ornement. Chez tous aussi, il y eut l'instinct de la grandeur et de la noblesse, le respect de l'écrivain pour le lecteur et pour lui-même, une allure de dignité, souvent même de majesté, qui ne s'est jamais trouvée à pareil degré dans aucune littérature et en aucun temps.
Les artistes.
L'ART FRANÇAIS AU DIX-SEPTIÈME SIECLE. ^ £l Les artistes français du dix-septième siècle sont loin d'avoir, dans l'histoire de l'art, l'importance qu'ont, dans l'histoire des lettres, les écrivams leurs contemporains. Pourtant leur grand nombre, leurs qualités de goût, de mesure et d'élégance, le prestige aussi de la puissance de Louis XIV
commencèrent d'assurer à la France une prééminence artistique qu'elle n'a jamais perdue depuis.
L'art français au dix-septième siècle a pour caractères essentiels le triomphe définitif de l'influence italienne et le culte superstitieux de l'antiquité romanogrecque.
On a vu comment, au seizième siècle, les artistes français avaient commencé de s'écarter des traditions nationales. Par la suite, architectes, peintres et sculpteurs, dans une admiration exclusive et inintelligente de l'art antique, professèrent le plus absolu mépris pour les œuvres « gothiques », c'est-à-dire barbares « de nos grossiers aïeux ».
En architecture on n'admit plus que les coupoles et les dômes à l'italienne comme à la Sorbonne et aux Invalides ; les voûtes en plein cintre à la romaine, les frontons triangulaires et les colonnades à la grecque, comme au Louvre. On en vint même, contre tout bon
DOME DE L'ÉGLISE DES INVALIDES, a Le l>!us harmonieux el peul-élre le
plus élégant de lous les dômes élevés en France et en Italie. Il a avec sa lanterne
105 mètres de haut. Tous les éléments de la construction, colormes, frontons, etc., sont
empruntés à l' ardu lecture grecque. (CL. HACHETTÏ.)
sens, dans notre pays de neige et de pluies abondantes, à supprimer, comme au Louvre et à Versailles, les toits à pentes rapides pour les remplacer par les toitures à l'antique, par les terrasses plates des pays de soleil, de sécheresse, vrais lacs suspendus au moindre orage.
Les sculpteurs représentèrent leurs personnages nus ou drapés de la tunique ou de la toge comme dans l'antiquité. Les portraits mêmes des contemporains furent à l'antique : Louis XIV était vêtu en empereur romain, jambes et bras nus, cuirasse de cuir sur la poitrine, jupon de lanières sur les cuisses. Du costume contemporain, rien n'était jugé digne d'être reproduit, sauf la perruque.
En peinture l'influence italienne fut d'autant plus forte que la plupart des peintres séjournèrent longuement en Italie. Le culte de l'antiquité se traduisit encore là par l'anachronisme des costumes, par des allégories et des figures symboliques. Minerve et la Sagesse, Hercule et la Force, Vénus et la Beauté intervinrent couramment dans la représentation des événements contemporains.
Il s'en faut de beaucoup néanmoins que l'art français au dix-septième siècle ait été simplement un art d'imitation. Les artistes eurent précisément les mêmes mérites qui distinguaient les écrivains : l'habileté à composer, c est-à-dire à disposer les diverses parties
LOUIS XIV EN EMPEREUR ROMAIN, par MILON DE CROTONE, par Pueei (Musée du Louvre), a L'HIVER, par Girardon (Versailles), a Un
Coysevox (Hôtel Carnavalet), a Coysevox s\st L'antique légende det 'athlète vieilli et présumant trop de ses forces des meilleurs modèles de la sculpture allégorique et
conformé à la règle classique : sauf la perruque est la plus connue des œuires de Puget : zcuIptLre puissante. mythologique, si goûtée au temps de Louis XIV, Louis XIV est costumé en Romain. (CL. HACHETTE.) pathétique et un peu déclamatoire. On y admirera surtout la noblesse des lignes.
LE GRAND SIÈCLE
CHATEAU DE VERSAILLES. VUE PRISE DE LA COUR DE MARBRE. CHATEAU DE VERSAILLES. COTÉ DE L'ARRIVÉE (F,ump. de par J.-B. Martin (Musée de Versailles), (cl. nu hki in.) Riffaud).
CORPS CENTRAL DU CHATEAU APRÈS LES PREMIERS TRAVAUX 1° LE CHATEAU TERMINÉ. VUE DE COIÉ DU PARC
DE MANSART ET AVANT LA CONSTRUCTION DE L'AILE DU 2" LE CHATEAU AVEC L'ORANGERIE. VU DE LA PIÈCE D'EAU DES
NORD (Estampe de PereUe). SUISSES (Ertampe de Risaud)
I9?,9!^'',', ^^'^ M.\KAIS, AUJOUR- ALLÉE ROYALE, AUJOURD'HUI TAPIS VERT. B.-VSSIN D'APOL- LA MÉNAGERIE (EiUmp. a'A»«BBe).
DHUl DISPARU (Estampe d'Israël LON ET GRAND CANAL SOUS LOUIS XIV (Estampe de Perelle).
Silvcstre).