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LA POLITIQUE FRANÇAISE SOUS LOUIS XV

^ 0 Cette tâche, d'ailleurs difficile en raison de la situation européenne, la politique française ne sut pas l'accomplir. Le règne de Louis XV, ou plus exactement la seconde moitié du règne, de 1 743 à 1 774, fut une période néfaste dans l'histoire extérieure de la France. Les deux événements principaux de cette période furent la guerre de Sept ans (1756- 1763) qui coûta à la France à la fois son empire colonial et son prestige militaire, et le partage de la Pologne (1772) auquel elle dut assister impuissante. Au déclin de la puissance française correspondit l'accroissement de l'Angleterre, de la Prusse et de la Russie.

Ces échecs eurent presque uniquement pour causa la médiocrité du souverain et des hommes d'Étal français dont aucun, sauf peut-être Choiseul, ne sut discerner les véritables intérêts du pays, dont aucun ne sut concilier la tradition — c'est-à-dire la politique des frontières naturelles — avec les exigences nouvelles de la politique coloniale. Dans le même temps où la Prusse avait Frédéric II, l'Angleterre William Pitt, la Russie Catherine II. Louis XV laissait la politique

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CARDINAL ALBÉRONI (Bibliothèque Nationale), a Rival de Dubois, dont il

combattit la politique, en combattant la t>olitique de la France et du duc d'Orléans. Il

rêvait pour l'Espagne et pour lui les plus grands triomphes et son intelligence était à

la hauteur de son andrition. Vaincu, exilé à Rome, il pensa devenir pape.

LES GUERRES CONTINENTALES ET COLONIALES

LA PLACE STANISLAS A NANCY. 0 La tttace Staniilas avec tel montmïents qui l'enlourenl at an da plus beaux enaembla tfarjvleclare qu'il y ail en Earopt- Elle fat comiruile de 1752 à 1757 sur les plans de Héré par ordre du roi Stanislas qui uoulail magnifique sa capilale. Elle e$l complétée par d'admirables grilles, chefs-ifirutne de l'art Jts 1er forgé, dessinées et exécutées par Jean Lamour. Au centre, la statue du roi Slartislas a été élevée en 1831 . (cL. HACHETTl.)

française sans direction ou n'intervenait que pour contrecarrer, par sa diplomatie secrète, l'action de sa diplomatie officielle. La royauté acheva de se discréditer ainsi aux yeux de la nation.

LIQUIDATION DE LA SUCCESSION D'ES- PAGNE, a a Les traités d'Utrecht et de Rastadt n'avaient pas réglé définitivement la succession d'Espagne. L'empereur Charles VI, le roi d'Espagne Philippe V avaient refusé de signer la paix. L'empereur continuait à prétendre à la couronne d'Espagne. Philippe V n'acceptait pas la perte des Pays-Bas et surtout de l'Italie. Il était poussé à agir par sa seconde femme, Elisabeth Farnèse, une princesse italienne qui avait pour homme de confiance l'Italien Alberoni. Elisabeth voulait obtenir pour ses enfants des couronnes italiennes ; Alberoni, pour servir ses ambitions, imagina de vastes projets : il essaya de renverser le Régent en France, la dynastie de Hanovre en Angleterre, en même temps qu'il profitait de ce que l'empereur était aux prises avec les Turcs pour jeter des troupes en Sardaigne et en Sicile.

C'était en effet la France, l'Angleterre et l'Autriche qui s'opposaient aux ambitions de Philippe V, d'Elisabeth Farnèse et d'Alberoni. Un commun besoin de repos rapprochait les adversaires de la veille, la France et l'Angleterre, épuisées par la guerre de succession d'Espagne. D'ailleurs pour le Régent qui convoitait la couronne de France — on croyait alors que le chétif enfant royal ne vivrait i>as — , Philippe V, petit-fils

de Louis XIV, était un rival dangereux. Aussi l'abbé Dubois, principal conseiller du Régent, signa-t-il en 1716 à Hanovre un traité d'alliance franco-anglaise, qu'il renforça ensuite de l'adhésion de la Hollande et de l'Autriche (1718). L'alliance franco-anglaise devait subsister pendant près d'un quart de siècle, jusqu'à 1740. Son but immédiat était d'assurer l'observation des traités d'Utrecht et « de travailler à procurer une paix fixe et permanente entre l'empereur et le roi d'Espagne ».

Philippe V refusa d'abord d'entendre les propositions des alliés de Hanovre. Il fut cependant contraint de les accepter après une guerre malheureuse (1717- 1720) et d'interminables négociations. Il renvoya Alberoni et renonça à revendiquer Naples, la Sicile, la Sardaigne et le Milanais. Par contre il obtint pour un de ses fils, don Carlos, les duchés de Parme et de Toscane. D'autre part l'empereur prit la riche Sicile au roi-duc de Savoie qui reçut en échange la maigre Sardaigne. Ces conditions de paix furent enregistrées définitivement au traité de Vienne par qui fut achevé le règlement de la Succession d'Espagne (1725).

GUERRE DE SUCCESSION DE POLOGNE, a ^ Après 1725 la paix, maintes fois menacée, fut maintenue grâce à l'entente franco-anglaise et à la sagesse de ministres pacifiques entre tous, l Anglais Walpole et le cardinal Fleury. Pourtant, en 1733, la France fut entraînée dans une guerre contre l'Autriche, à propos de la succession de Pologne.

La couronne élective de Pologne étant devenue vacante par la mort d Auguste II, deux candidats se présentèrent : le fils d'Auguste II. l'électeur de Saxe, Auguste III, neveu de l'empereur ; Stanislas Leczinski, beau-père de Louis XV. Stanislas fut élu, mais il fut chassé de Pologne presque aussitôt par les armées austro-russes, intervenues en faveur d'Auguste III (1733).

Louis XV voulut venger son beau-père. Ne pouvant envoyer par mer une armée en Pologne, il déclara la guerre à l'empereur et s'allia avec le roi d'Espagne et don Carlos. Fleury mit d'ailleurs fin au conflit le plus rapidement possible. Après quelques succès remportés en Italie et sur le Rhin, des négociations furent entamées dès 1735 qui aboutirent en 1738 à un nouveau traité de Vienne. Stanislas Leczinski gardait le titre de roi, mais renonçait à la Pologne, moyennant le duché de Lorraine. Le duc François de Lorraine recevait en compensation Parme, Plaisance et la Toscane. Quant à don Carlos, il prenait Naples et la Sicile avec le titre de roi des Deux-Siciles. Il était entendu qu'à la mort de Stanislas, la Lorraine reviendrait à la France.

Ainsi la guerre de succession de Pologne aboutit à des résultats inattendus : d'abord l'établissement

MARIE-THÉRÈSE (1717-1780) (Pastel appartenant à l'archiduc Frédéric. Vienne). /3 L'impéralricc a ici trente-cinq ans. Visage rose un peu fort, sous les cheveux blonds et la légère coiffure de tulle noir. Le nez et le menton d'un dessin si net, le front droit, tes yeux vifs d'un bleu un peu sombre révèlent son intelligence, sa volonté réfléchie, sa fermeté de caractère. (CL. VFLHAGEN ET KLATTING.)

d'une troisième maison royale de Bourbon, les Bourbons de Naples, puis l'achèvement de l'unité française par l'annexion de la Lorraine. C'est la seule des guerres du règne de Louis XV qui ait été profitable à la France.

LA SUCCESSION D'AUTRICHE, a 0 Tous les frais de la guerre avaient été payés par l'empereur Charles VI. En échange l'empereur avait obtenu l'adhésion de ses adversaires à la Pragmatique sanction. A ses yeux cela compensait tous les sacrifices.

Charles VI était, en effet, dominé par une idée fixe : assurer la succession d'Autriche à sa fille Marie-Thérèse. Une disposition antérieure, que Charles avait juré d'observer, attribuait la couronne après sa mort aux filles de son frère aîné Joseph qui avait régné avant lui (1705-1711). Mais dès 1713 Charles VI, violant son serment, avait rédigé la Pragmatique sanction par laquelle la succession était attribuée d'abord à sa fille, puis à son défaut aux filles de Joseph. Il employa dès lors toute son activité à essayer d'assurer le respect ultérieur de cet acte injuste. Il obtint successivement, au prix de multiples concessions, l'adhésion de tous les Etats à la Pragmatique. Quand il mourut en 1 740, il laissait à Marie-Thérèse des liasses de traités de garantie. Mais pour imposer aux signataires la fidélité à leurs engagements, il n'y avait pas quatre-vingt mille soldats dans toute l'étendue de la monarchie ; il n'y avait pas trois cent mille francs dans le Trésor.

LES ERREURS DE LA POLITIQUE FRAN- ÇAISE. 0 0 \-^n crise inévitable survint : tous les ennemis de l'Autriche, oubliant leurs serments, se coalisèrent pour démembrer la monarchie. La France se joignit à eux.

L'objet traditionnel de la politique française depuis le seizième siècle était « l'abaissement de la maison d'Autriche ". La tradition subsistait vivace en 1 740 : « C'est toujours pour la politique, écrivait d'Argenson, une règle fondamentale de diminuer cette puissance jusqu'au point où l'empereur ne soit pas plus grand terrier que le plus riche électeur. » En vain Fleury, toujours pacifique, s'efîorça-t-il de maintenir la France hors du conflit. L'autorité et l'influence du vieillard — il approchait de quatre-vingt-dixans — n'étaient plus assez grandes. On raillait la prudence de « Nestor ». Le chef du parti anti-autrichien, un petit-fils de Fouquet, le maréchal de Belle-Isie, réussit à entraîner la France dans la guerre et à conclure des traités avec tous les adversaires de Marie-Thérèse, l'électeur de Bavière et le roi d'Espagne qui prétendaient à la succession d'Autriche en vertu de conventions antérieures à la Pragmatique, le nouveau roi de Prusse Frédéric II qui avait jugé bon de profiter de 1 occasion pour mettre

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FRAUci: l'Es CHAMPS DE BATAILLE DES

■ XAMREBOUIUI

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la main sur la Silésie : « Des troupes toujours prêtes à agir, une épargne bien garnie et la vivacité de mon caractère, c'étaient là, a-t-il dit cyniquement, les raisons que j'avais de faire la guerre à Marie-Thérèse ». Le roi de Sardaigne, l'électeur de Saxe roi de Pologne et plusieurs princes allemands se joignirent à la coalition.

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