ANNEXION DE LA LORRAINE ET DE LA
CORSE. £l 0 Les traités d'Hubertsbourg et de Pans rétablirent pour quelques années la paix générale en Europe. Choiseul en profita pour réorganiser les forces militaires de la France, et pour essayer de réparer, par de nouvelles acquisitions territoriales, les pertes subies dans la guerre de Sept ans. Dans les dernières années de son ministère (1764-1770), il eut la bonne fortune et le mérite de réunir à la France la Lorraine et la Cofse.
L'annexion de la Lorraine se fit sans difficulté aucune en 1 766, à la mort de Stanislas Leczinski, en vertu des conventions qui avaient terminé vingt-
PARTAGE DE LA POLOGNE, û a Une nou-
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velle favorite, la du Barry. fit disgracier Choiseul en 1 770. Pourtant la politique française, à ce moment plus que jamais, avait besoin d'un guide prudent et avisé, car Frédéric II et la tsarine Catherine II préparaient en Europe de nouveaux bouleversements. Deux ans plus tard, en 1772, eut lieu le premier partage de la Pologne.
La Pologne, jadis État puissant, était depuis près de deux siècles en proie à l'anarchie. Le roi, élu par les nobles, n'avait aucun pouvoir. Dans l'assemblée des nobles ou Diète, qui avait le pouvoir souverain, l'opposition d'un seul suffisait à tout arrêter et à tout annuler. Il n'y avait ni armée, ni administration, ni finances organisées. Aussi les États voisins, devenus plus puissants, songèrent-ils dès le début du dix-huitième siècle à profiter de la' faiblesse de la Pologne pour la démembrer.
Trois États étaient particulièrement intéressés au démembrement : la Russie, parce qu'elle se rapprocherait ainsi de l'Europe ; la Prusse, parce que l'acquisition de la Prusse polonaise lui permettrait de réunir le Brandebourg à la Prusse proprement dite ; enfin l'Autriche, parce qu'elle cherchait une compensation à la perte de la Silésie. En 1772, Frédéric II et Catherine II réussirent à vaincre les derniers scrupules de Marie-Thérèse et les trois souverains signèrent à Saint-Pétersbourg, « au nom de la Très Sainte Trinité ». un traité de partage de la Pologne ; Marie- Thérèse prit pour l'Autriche la Galicie, Frédéric H eut la Prusse polonaise, Catherine II une partie de la Lithuanie. La Pologne se trouva réduite de quinze millions d'âmes à dix millions. Jamais on n'avait vu afficher, dans la politique internationale, pareil mépris du droit des gens ; jamais on ne vit plus éhonté brigandage.