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CHAPITRE 11 LA CONVENTION

ÏA RÉPUBLIQUE, a ja La Convention, formée I ' de 750 députés, avait été élue au suffrage universel. Mais la plupart des électeurs ne votèrent pas et les Jacobins, seuls organisés, furent presque partout les maîtres des ^ élections. Aussi la Convention était-elle de tendances beaucoup plus démocratiques que la Législative.

Dès la première séance, le 21 septembre, la Convention, à l'unanimité, décréta l'abolition de la royauté. Le soir, Paris fut illuminé et le peuple cria dans les rues : « Vive la République ! » Le lendemain 22, la Convention décréta que les actes publics seraient dorénavant datés de l'an I de la République. Le 25, Danton fit décréter que « la République française était une et indivisible ».

GIRONDINS ET MONTAGNARDS, jn a Presque aussitôt commença la furieuse lutte des partis, qui était le mal dont devait périr la République. Deux groupes, la Gironde et la Montagne, séparés surtout par les haines personnelles, se firent une guerre à mort. L.a Gironde, qui siégeait maintenant à droite de l'Assemblée, comprenait environ 160 députés parmi lesquels Brissot et Vergniaud, Condorcet, Isnard, l'ancien constituant Buzot, l'ancien maire de Paris Pétion, le Marseillais Barbaroux, le ministre Roland. La Montagne — ainsi appelée parce que beaucoup de ses membres siégeaient sur les bancs les plus élevés de la salle — groupait environ 200 députés ; à la Montagne appartenaient Robespierre, Danton et Marat, tous trois députés de Paris, le journaliste

DEIRN 1ER PORTRAIT DE LOUIS XVI (18 iumn 1793) (Doûn au ciarai de Ducrcux. Musce Canuvalcl). p Damné (m'i Jtan aSÊÊil F» lAaIitm Jm ni, a portrait montre im Louis XVI ijut les tatmtnfiha «ni CDMtJfraUMMf titiUi ; il

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Camille Desmoulins, Saint-Just, député de l'Aisne, — un jeune homme de vingt-trois ans — Carnot, ancien officier du génie. Collet dHcrbois ancien acteur.

LE PROCÈS DE LOUIS XVI DANS LA SALLE DU MANÈGE (Eau-(orte du temps, ctllection Victorien Sardou). g Le dasinalem n'a monlTC ici que la moilié de la salle A souche, le bureau du préiideni ; au-dessous, autour d'une table, les secrétaires de la séance. En face, à droite, la barre derrière laquelle le roi est assis ; au-dessus du roi, la tribune des orateurs. Au fond, derrièfcla balustrade, une desdeax tribunes publiques. Au milieu de la salle, un poteau supporte un écran carré sur lequel est affiché l'ordre dujour.icL hachette).

BiIIaud-Varennes et Fouché, oratorien défroqué, etc. Au centre, la masse des députés, gens hésitants prêts à céder à l'influence des plus énergiques, formait la « Plaine » ou le « Marais ».

Girondins et Montagnards se disaient également républicains et démocrates. Mais les Girondins, pour la plupart députés des départements et provinciaux, se méfiaient de Paris et ne voulaient plus de la dictature de la Commune. Selon la parole de l'un d'eux, ils entendaient que « Paris fut réduit à un quatrevingt-troisième d'influence comme les autres départements ». En outre ils avaient le souci de la légalité, le respect des formes légales : « Plutôt la mort eue le crime ! » dira le Girondin Vergniaud.

Au contraire, les Montagnards, appuyés sur la Commune et les clubs, acceptaient la dictature parisienne, qu'ils jugeaient indispensable pour empêcher la contre-révolution. Pour eux le salut public devait tout primer ; pour sauver la France et la République, toutes les mesures d'exception étaient justifiées : <' Dussent nos noms être flétris, répondra Danton à Vergniaud, nous sauverons la liberté. » « Soyez comme la nature, dira-t-il encore ; elle voit la conservation UN « SECTIONNAIRE» (D'après une figure d'un jeu de cartes de la Révolution, (je l'espèce ,' ne regardez pas les individus. »

Bibliothèque Nationale). ^ Un de ces' sans-culottes*, soldats de l'émeute, auxquels

la Commune, en^insurrection contre la Convention, attribua une solde de quarante sous CVif /"*! ÎT'ÎONI r~\T T D/^î j^ j-i J 'II'

par jour pour aooir constamment dans les' sections' des hommes à sa dévotion. LAllCU 1 lUlN UU KUl. 0 0 La fOyaute aoolie,

LA CONVENTION

EXÉCUTION DE LOUIS XVI (21 janvier 1793) (Gravurr onanyme. Musée Carnavalel). O Au nrcmici nlan, U caTiimt dam Irwcl lui amcni Louii \irl.Sur fechalaud. à droite, un aide du bourreau montrant au peunle Ja tête du roi : à gauche, l'abbé Edgeworth qui calma la courte résistance du roi fiar quelques mots dont îme légaule a fait la phase /(irnciisp ; « Fila de Saint Louis, montez au ciel I ^ Sur la Place de laRivolution.près de 20000 hommes sont massés. ...On craignait qu'un cou» de main ne fût lenti posa saiwtt krai. Le soir même, les théâtres étaient ouverts et les cafés remplis. La foule manifestait la'plus complète indifférence. (cL. HACIItm.)

il restait à régler le sort du roi. La Convention était hésitante. Mais en novembre on découvrit aux Tuileries une armoire à porte de fer où se trouvèrent de nouvelles et abondantes preuves des relations de Louis XVI avec les émigrés. Alors l'Assemblée décida que le roi serait jugé par elle.

Commencé le 1 1 décembre, le procès se termma le 20 janvier. Le roi y parut avec une grande dignité, mais il se contenta de tout nier. Malgré l'éloquent plaidoyer de de Sèze, la Convention déclara « Louis Capet >' coupable de conspiration contre la liberté de la Nation et d'attentat contre la sûreté de l'Etat. Comme tel elle le condamna à mort. Le samedi 20 janvier, après avoir rejeté toutes les propositions de sursis, l'appel au peuple, le renvoi de l'application de la peine jusqu'à la paix, à trois heures du matin, par 380 voix contre 310, elle décida que la sentence serait exécutée dans les vingt-quatre heures.

Le dimanche 21 janvier, sur la place Louis XV devenue la Place de la Révolution, aujourd'hui la place de la Concorde, au milieu d'un carré de troupes et de gardes nationaux, la guillotine était dressée face aux Tuileries. Louis XVI monta à l'échafaud à dix

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bonnet blanc el le Mile de deuil, la • MMt Captl >, amimt II a( iail mmimJtctpm-

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et ferme, il y a une émouvante expreaim Jt UmtmaHm. (CL, aikCIKrrCj

LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE : PROCÈS DE LA REINE (Dessin ci gravure de Bou.iion). a Dam lancieimc GrandXhambre du Parlement, mi l'alats de Jmtice.Aufond, les bancs du jury .Devant, table du greffier . A gauche, debout, le président Herman et les juges, avec leurs chapeuux à panaches tricolores. En bas, l'accusateur public Fouiitâer-Tinville. Au premier plan, jambes croisées, Hébert. A droite, l'enceinte du public. Cette gravure célèbre, publiée dès 1795, représente la reine au moment oii elle en appelle

" à toutes les mères ' des infamies odieuses dont l'accusait Hébert. (CI,. HACHETTE.)

heures, avec un tranquille courage. Il essaya de parler au peuple qui se pressait derrière les soldats. Un roulement de tambour couvrit sa voix.

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