LE VIEUX
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Quintidi frimaire , x« Dcca.l« , l'mn It dr la République , une et indivîiible.
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LA PREMIÈRE PACE'DU • VIEUX CORDELIER • (Ba>liotk<tr» NUomI.). 0 Lt Vieux Cordelier fut fondé par Comité Dtmmamiim pomr («nAaffrv h '^■■w A h Terreur. Il paraiisait tous les einj fourt en wmifWM feoilie» Je lermÊt àh-lZ. Le fem nrMnéro est du S Jëceenhe J 791.
LE 13 VENDÉMIAIRE (5 OCTOBRE 1795) DANS LA i ' il K i ;K> 1 L ILERIl.S (lAssI,. n,,i.Hi,,i .1,- L, im,-..,, W,..,. , .,:: ,^.,i,■,}. n I.r H i a„l.,„i,„n: hs vciiom
royalistes tentèrent un coup de force contre la Convention et furent refoulées par le général Bonaparte. « Les Conventionnels fraternisent avec leurs défenseurs ", dit une légende explicative du dessin. Par la porte du Pavillon de l'Horloge, des Conventionnels sortent au-devant de fantassins, de hussards et de dragons auxquels on fait ample distribution de victuailles. Au premier plan, un soldat dort, assommé par le vin ; un député verse à boire à un dragon. (cL. HACHETTE.)
Jacobins. Carrier fut condarnné à mort, pour les atrocités de Nantes, Fouquier-Tinville pour les monstrueuses parodies de justice du tribunal révolutionnaire. Le tribunal lui-même fut réorganisé, puis supprimé.
Les derniers députés de la Montagne — • on les appelait les « Cretois " — essayèrent de soulever les ouvriers des faubourgs pour reprendre le pouvoir. Le peuple était d'ailleurs exaspéré par le renchérissement des vivres, et par une terrible crise de misère. Deux émeutes éclatèrent successivement le 12 germinal et le l*"" prairial an III (!*■' avril et 20 mai 1795) : celle-ci dura trois jours ; les insurgés qui réclamaient « du pain et la Constitution de 1 793 » envahirent la salle de la Convention, tuèrent un député, Féraud, placèrent sa tête au bout d'une pique et la présentèrent au président Boissy-d'Anglas qui salua impassible. Mais la garde nationale délivra la Convention et avec l'aide de l'armée désarma les ouvriers des faubourgs. Les Cretois qui avaient pactisé avec l'émeute furent traduits devant une Commission militaire et condamnés à mort.
Un autre danger menaça alors la Convention. La défaite du jacobinisme avait enhardi les royalistes. A Paris le parti royaliste se recrutait surtout parmi la « jeunesse dorée », c'est-à-dire la jeunesse élégante :
les muscadins ou incroyables armés de gourdins, donnaient la chasse dans la rue aux Jacobins Dans le Midi, il y eut une véritable Terreur blanche : on massacra les Jacobins à Lyon, à Tarascon, à Aix, -à Marseille. Pour assurer la duiée de la République, la Convention inquiète décréta que les deux tiers des députés du futur Corps législatif seraient pris parmi ses membres. Le décret des Deux Tiers ruinant les espérances des royalistes, ceux-ci tentèrent un coup de force. Le 13 vendémiaire (5 octobre 1795), une formidable insurrection éclata : elle fut écrasée, grâce aux habiles dispositions d'un jeune général. Napoléon Bonaparte, mis à la tête des troupes de la Convention.
Trois semaines plus tard, le 26 octobre 1 795, la Convention déclara sa session terminée et se sépara aux cris de : « Vive la République ! »
La Guerre.
LES CONQUÊTES DE 1792. a Jlf Au lendemain de Valmy, les armées françaises avaient pris partout l'offensive. En quelques semaines elles occu-
LA CONVENTION
FANTASSIN SOUS LA RÉPUBLIQUE (Musée d'Artillerie), a Uniformt Jes fantanins.,, quand les fantassins avaient un uniforme. Habit très long, bleu à revers blancs; col, épauleltes et poignets rouges, bicorne de feutre noir avec cocarde tricolore et pompon rouge et blanc ; culotte, guêtres et buffîeteries blanches. (CL. HACHE'nE.)
pèrent au sud-est la Savoie et Nice, possessions du roi de Sardaigne, aa nord-est, les pays allemands de la rive gauche du Rhin, jusqu'à Mayence (septembreoctobre 1792). Au nord les Autrichiens furent chassés de la Belgique par la victoire de Dumouriez à Jemmapes (6 novembre).
Ces glorieux succès surexcitèrent l'orgueil national, et, tout en prétendant libérer les peuples, les révolutionnaires s'abandonnèrent bientôt à la politique de conquête et d'annexion ; ils reprirent la politique traditionnelle de la royauté, l'achèvement de la France par la conquête des frontières naturelles, le Rhin et les Alpes. La Convention décréta d'abord que, dans tout pays occupé par les armées françaises, les droits féodaux et les privilèges seraient abolis. Puis, au début de 1793, elle déclara ces pays réunis à la France : pour sauvegarder les principes, elle fit voter l'annexion par des Conventions locales dans chaque pays.
LA PREMIÈRE COALITION, a 0 Les conquêtes, les essais de propagande, l'exécution de Louis XVI qui parut un défi aux souverains, provoquèrent au début de 1793 une coalition générale contre la France.
En Angleterre le ministre William Pitt — le second Pitt — avait été d'abord partisan de la neutralité ;
\a conquête de la Belgique, la main-mise sur l'Escaut et Anvers, la menace d'une invasion de la Hollande le déterminèrent à la rupture. La guerre fut déclarée le 31 janvier 1793. L'Angleterre devint le centre d'une vaste coalition où entrèrent avec l'Autriche et la Prusse, la Hollande, l'Espagne, les États italiens et allemands, et même la Russie qui d'ailleurs ne prit aucune part à la guerre.
Les coalisés étaient décidés à démembrer la France et à écraser la Révolution : " Il s'agit, disait un envoyé anglais, de réduire la France à un véritable néant politique. » En même temps on écraserait la Révolution « par la terreur », " en exterminant, écrivait le comte de Mercy, une grande portion de la partie active et la presque totalité de la partie dirigeante de la nation ». Comme l'a très justement remarqué Albert Sorel, " avant que le Tribunal révolutionnaire fût organisé à Paris, la Terreur était à l'ordre du jour dans les conciliabules de l'émigration et dans les conseils des coalisés ».
LA FRANCE ENVAHIE, a 0 Au début, on put croire que la coalition triompherait aisément. De mars à octobre 1 793, les armées françaises subirent des revers presque continus.
DRAGON DE LA RÉPUBLIQUE (P«r MeÙMnier. Mi»i« du Louvn). < //«fct
vert à ornements jamts; cufotte ég pamt UtmAe; MflNtMM Umc t^i tm imtmr;
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Maubeuge fut débloqué par la victoire de Wattignies gagnée après deux jours d'une lutte acharnée où l'on vit le commandant en chef Jourdan, et le délégué du Comité de Salut public, Carnot, mener, fusil en mains, les charges de l'infanterie française (15-16 octobre). A l'est, l'Alsace fut dégagée par la victoire de Hoche au Geisberg près de Wissembourg (24 décembre). Dans la même période les insurrections étaient écrasées et Toulon repris aux Anglais.
En 1794 les armées françaises prirent de nouveau l'offensive pour reconquérir la Belgique et la rive gauche du Rhin. La Belgique, défendue par le duc d'York et les Anglais établis sur l'Escaut, par Cobourg et les Autrichiens établis sur la Meuse, fut envahie par deux armées, l'armée du Nord commandée par Pichegru, l'armée de Sambre-et-Meuse commandée par Jourdan. Après six tentatives inutiles, Jourdan, ayant pour lieutenants Kléber, Marceau, Championnet et Lefebvre, força le passage de la Sambre à Charleroi, avec environ 80 000 hommes, et battit les Autrichiens à Fleurus (26 juin 1794). Il les rejeta ensuite dans la vallée de la Meuse, puis sur le Rhin, où il occupa Cologne et Coblentz. De son côté, Pichegru rejetait les Anglais sur Anvers (juillet), puis en Hollande, où il les suivit. En moins de trois mois la Hollande était occupée à son tour Ganvier 1795), et la flotte hollandaise elle-même, bloquée par les glaces au Helder. tombait au pouvoir de quelques escadrons de hussards (30 janvier 1795).
TRAITÉS DE BALE ET DE LA HAYE. 0 û
ÉPISODE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION (Bibliothèque Nationale), .a
Nul rîa mieux saisi que Raffel la physionomie de l'armée française sous ta Révolution et l'Empire. La lilftogTaphie est accompagnée de cette légende : i L'ennemi ne se doute pas que nous sommes là. Il est sept heures ; nous le surprendrons à quatre heures du matin ».
Au nord, les Autrichiens reprirent la Belgique après la bataille de Neerwinden (18 mars). Dumouriez, vaincu et destitué, passa à l'ennemi. Les Prussiens reprirent Mayence après quatre mois de siège (juillet). La France fut envahie par toutes ses frontières. Les Espagnols occupèrent Perpignan et Bayonne. Toulon fut livré aux Anglais par les royalistes (27 août). Les Autrichiens et les Prussiens pénétrèrent en Alsace, tandis qu'une autre armée autrichienne prenait Valenciennes et assiégeait Maubeuge (septembre). En même temps éclataient les insurrections royalistes et girondines contre la Convention : les trois quarts de la France lui échappaient.
Elle se sauva par des prodiges d'énergie. Le 23 août 1793, les Conventionnels votèrent le décret héroïque de réquisition : « Dès ce moment jusqu'à celui où les ennemis auront été chassés du territoire de la République, tous les Français sont en réquisition pour le service des armées. Les jeunes gens iront au combat ; les hommes mariés forgeront les armes et transporteront les subsistances ; les femmes feront des tentes, des habits et serviront dans les hôpitaux ; les enfants mettront les vieux linges en charpie, les vieillards se feront porter sur les places publiques pour exciter le courage des guerriers, prêcher la haine des rois et l'unité de la République. » Grâce à cette levée en masse, on put jeter aux frontières neuf armées, dont l'effectif total monta à 750 000 hommes, chiffre prodigieux alors. Les généraux faibles ou suspects furent arrêtés, exécutés et remplacés par des chefs jeunes et enthousiastes.
VICTOIRES ET CONQUÊTES. jU 0 Ces me-
, ^ r-.< 1 c J 1' ' FRANÇOIS-ATRWASE CHARETTE DE LA CONTRIE (1763-17%) (Bibl.
sures énergiques turent efficaces. Des la hn de 1 année Nat.). e Communément appelé Charette tout court; participe du chef de partisans et
I-ïnO 1 " . • • . . r 'A -I du général, comme son costume. La légende auréole son histoire et atténue les torts du
ni la victoire revint aux troupes françaises. Au nord, jautem de guerre doUe.
LA CONVENTION
Les victoires françaises et les affaires de Pologne amenèrent en 1795 une première dislocation de la coalition. Le roi de Prusse, soucieux de ne pas laisser la Russie et l'Autriche procéder seules à un troisième partage de la Pologne, le roi d'Espagne menacé d'une invasion française, signèrent la paix à Bâle (avril-juillet 1795). La Prusse reconnaissait l'occupation des territoires de la rive gauche du Rhin, Belgique et terres d'Empire, par les armées françaises. A la pacification générale, elle devait recevoir des compensations en Allemagne si la France gardait définitivement ses conquêtes. Le roi d'Espagne céda la partie espagnole de Saint- Domingue aux Antilles. Il devait bientôt s'allier à la France contre l'Angleterre.
De leur côté, les Hollandais traitèrent à la Haye (mai 1795); ils durent céder à la France leurs provinces de la rive gauche du Rhin, s'engagera lui fournir contre les Anglais l'appui de leur flotte, et modifier leur constitution : les Provinces-Unies devinrent la République Batave, démocratique et centralisée à la française.
LA GUERRE DE VENDÉE. 0 a Pour bien juger la grandeur de l'effort accompli par la France de 1793 à 1795, il faut toujours se rappeler qu'à la guerre contre l'étranger s'ajoutait la lutte contre les insurrections, dont la plus redoutable fut l'insurrection vendéenne.
Commencée en mars 1793, elle dura jusqu'en 1795. Les insurgés, appelés Vendéens ou Chouans, mirent sur pied jusqu'à 80 000 hommes. Leurs bandes, qui se donnaient le titre d'armée catholique royale, étaient commandées par des hommes du peuple, le gardechasse Stofîlet, le charretier Cathelineau, et aussi par des nobles, la Rochejacquelein, Charette, etc. La lutte entre les bleus — les républicains — et les blancs — les royalistes — prit un caractère d'acharnement incroyable.
Au début l'absence des troupes régulières, appelées toutes aux frontières, facilita les progrès de l'insurrection. Les Vendéens s'emparèrent de Cholet, de Saumur, franchirent la Loire, et essayèrent d'enlever Granville. Mais l'armée républicaine avait été renforcée, elle était commandée par des chefs tels que Kléber et Marceau. Repoussés devant Granville battus au Mans (13 décembre), les Vendéens subirent, au second passage de 1j Loire, à Savenay (23 décembre), un épouvantable désastre.
Ce fut la fin de la grande guerre. Les insurgés ne formèrent plus que de faibles bandes, mais presque impossibles à détruire, dans le Marais et le Bocage, pays propres à la guerre de partisans, l'un coupé de mille cours d'eau, l'autre hérissé de bois et de haies
L AZARE CARNOT (I753-l823)(Méd>iIIon en bronze par David d'Anam. Mumt
de Froyea). a Ce méJaïllon de David d'Angers reprùente « t'ojganiialetn de la victoire '
à la fin de Mt vie . Le t>rofil est encore tris heau, le front haut, te regard méditatif , le nei,
la bouche et le men/on énergiques, sans dureté et de lignes très pures.
épaisses bordant d'étroits chemins creux. On ne vint à bout de l'insurrection qu'en 1795. La pacification fut l'œuvre de Hoche : Il l'obtint par la douceur et surtout par de justes concessions en matière religieuse. Par contre, un corps d'émigrés ayant été débarqué par les Anglais et vaincu à Quiberon G'-'iUet 1795), la Convention fit fusiller tous les prisonniers.
L'ARMÉE RÉPUBLICAINE, a a Comment la France, désorganisée, en pleine Révolution, avait-elle pu vaincre à la fois la coalition européenne et les insurrections?
C'est d'abord qu'elle eut, grâce aux décrets de la Convention, la supériorité du nombre. Avec les anciennes troupes royales, les volontaires de 1791 et 1792, les réquisitionnés de 1793. les effectifs français purent s'élever jusqu'à 750 000 hommes. Le décret d'amalgame, en 1793, unifia l'armée : anciens soldats et nouvelles recrues furent répartis en demi-brigades, chacune à l'effectif de 3 000 hommes. On fondit 20 000 canons en un an. Les ateliers de Paris fabriquèrent à eux seuls mille fusils par jour.
Les armées françaises eurent aussi pour elles la supériorité de la direction et du commandement. Carnot, ancien officier du génie, membre du Comité de Salut public, présidait à la défense nationale : avec un état-major composé d'officiers de l'ancienne armée, « âmes de fer, têtes pétries de ressources », selon les expressions d'un émigré, il préparait les plans de campagne, assurait l'unité de direction et d'exécu-
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HOCHE (1768-1797) (Par Leièvre. Musée de Versailles), .tf Sergent en 1789, général en 1793, soldat d'une bravoure entraînante et d'un cœur chevaleresque. Il fut surnommé le " pacificateur de la Vendée ».
JOURDAN (1762-1833) (ParVien, Musée de Versailles). ^ Engagea seizeans fiour ta guerred'Amérique puis mercier à Limoges, volontaire en 1792, général en 1793, vainqueur à Fleuras, maréchal de Frawe en 1804.
MARCEAU (1769-17%) (Bibliothèque Nationale). eî Caporal en 1789, général en chef en 1793, mort à vingt -sept ans, le plus populaire des généraux républicains pour sa bravoure, sa beauté mâle et sa droiture.
tion ; il fut « l'organisateur de la victoire ». Pour remplacer les officiers émigrés, il choisit des officiers jeunes, pleins d'ardeur, la plupart sortis du rang. Hoche, caporal en 1 789,lieutenant en 1 792, était général en chef en 1793. Ces généraux improvisés eurent au plus haut point l'esprit d'offensive, pressant les marches, massant leurs troupes, laissant de côté les places fortes, cherchant toujours la bataille : » Attaquez l'ennemi tous les jours, matin et soir, écrivait Carnot. Soyez attaquants, sans cesse attaquants. » Comme commandant de l'armée de la Moselle, Hoche attaquait les Autrichiens vingt-huit fois en cinq semaines : <| Plaçons-nous hardiment, écrivait-il, au centre des armées ennemies. Plus forts réunis que chacune d'elles séparées, nous marcherons de celle que nous aurons vaincue à celle que nous irons vaincre. »
Enfin les armées de la Révolution eurent pour elles la supériorité de l'élan et de l'enthousiasme. Elles étaient animées d'un patriotisme ardent et pur, force morale incomparable. « Ma chère maman, écrivait un petit paysan du Jura, le caporal Joliclerc, quand je vous vois chagrinée sur mon sort, cela me fait plus de peine que tous les maux que j'éprouve et vous me tirez des larmes des yeux. Réjouissez-vous au contraire ! ou vous me verrez revenir couvert de gloire, ou vous aurez un fils digne du nom de citoyen français qui saura mourir pour la défense de la patrie... Notre vie, nos biens, nos facultés ne nous appartiennent pas : c'est à la nation, à la patrie. • — Nous sommes ici dans un état qui ne tend qu'à la mort, mais je l'attends d'une âme tranquille. » Ces soldats, souvent en haillons, furent admirables de bonne humeur, d'endurance et d'abnégation. En Hollande, au mois de décembre 1 794,
par la neige, sur la glace, déguenillés, sans souliers, les jambes et les pieds enveloppés de paille ou de foin, dans l'ordre le plus parfait, ils défilaient en chantant devant les populations stupéfaites.
L'Œuvre législative.
LES COMITÉS DE LA CONVENTION, a a L'œuvre intérieure, accomplie en même temps qu'on luttait pour la vie, ne fut pas moins considérable. La Convention fut la plus laborieuse de nos assemblées politiques. Partagée en de nombreux Comités — Comité de législation. Comité de finances. Comité d'instruction publique, etc. — elle toucha à tout, et, si en bien des cas elle ne put achever la tâche entreprise, elle a du moins la gloire d'avoir été partout l'initiatrice : c est d'elle que datent la plupart de nos grandes institutions. Poursuivi sans relâche au milieu d'une crise terrible, ce labeur colossal provoque l'admiration.
PRINCIPALES CRÉATIONS, a a En matière de finances, la Convention décida sur la proposition de Cambon de ne pas répudier la dette héritée de l'ancien régime, mais de la « répubhcaniser " et de la confondre avec la prodigieuse dette nouvelle résultant des nécessités de la guerre contre l'Europe ; elle institua le Grand livre de la Dette publique, origine de tout notre système d'emprunts. En matière de législation, elle poursuivit la rédaction d'un code unique, décrétée mais à peine commencée par la Constituante. Elle donna à la France un système de poids et de mesures scientifiquement établi, le système
LA CONVENTION
métrique, adopté aujourd'hui par la presque totalité des Etats civilisés.
Elle étudia avec la plus grande attention toutes les questions d'enseignement. « Après le pam, disait Danton, l'éducation est le premier besoin du peuple. » Il fit proclamer le principe de l'obligation et de la gratuité de l'enseignement primaire ; on ne put d'ailleurs l'organiser faute d'argent. Pour l'enseignement secondaire, la Convention fit ouvrir, sur le rapport de Lakanal, les « écoles centrales », d'où sont venus nos lycées et nos collèges. Pour l'enseignement supérieur, elle créa, conserva ou réorganisa nos principaux établissements scientifiques ou artistiques, et la plupart de nos grandes écoles : Collège de France, Ecole des Langues orientales. Bureau des Longitudes, Muséum, où les plus illustres savants, Lamaick, Geoffroy Saint-Hilaire, Jussieu, enseignèrent les sciences naturelles ; Conservatoire des Arts et Métiers, Bibliothèque et Archives Nationales, Musée du Louvre, Ecoles de Droit et de Médecine, École des Mines, Ecole centrale des Travaux Publics devenue l'École Polytechnique, École Normale, Ecole du Génie de Metz aujourd'hui à Fontainebleau, École de Mars, la première ébauche de Saint-Cyr, etc. Enfin à la veille de se séparer le 24 octobre 1 795, la Convention
créa, pour remplacer les anciennes académies, l'Institut de France destiné à être, selon le mot de Daunou, « l'abrégé du monde savant, le corps représentatif de la république des Lettres ».
GRANDEUR DE LA CONVENTION, a a
Ces indications sommaires suffisent à faire comprendre combien injuste fut l'accusation de " vandalisme », c'est-à-dire d'esprit de destruction barbare, longtemps portée contre la Convention. Sans doute elle fit ou laissa verser beaucoup de sang, et le gouvernement révolutionnaire fut trop souvent odieux. Mais pour la Convention, comme jadis pour le Sénat de Rome, le salut de la Patrie avait été justement la loi suprême, et comme l'écrivait un contemporain « elle exerça la tyrannie pour empêcher le retour du despotisme ». Quand elle se sépara, ses ennemis euxmêmes sentirent, selon l'expression d'un témoin, le général Thiétault, « qu'il s'en allait quelque chose de grand et que la scène allait paraître vide ». Trente ans après, en 1825, un illustre orateur royaliste, l'avocat Berryer, devant un auditoire tout enflammé de haine contre la Révolution, portait sur la Convention le jugement de l'histoire : « Je n'oublierai jamais que la Convention a sauvé mon pays. "
LE DRAPEAU TRICOLORE SOUS LA' RÉVOLUTION (Mu>m C.m.v»lrt). ^
A gauche, un tles soixante drapeaux, tous dt/férenls, J« balaillons de la garde ttatio-
nale parisienne. A droite m des 196 drapeaux, tous «ur/tuc peu diltirenls. des
196 demi-brigades Les inscripliont figurant am ces drapeauu sont en or.
BONAPARTE AU SIÈGE DE TOULON (Dessin de Grc?oire, Bibl. Nat.). a Livre aux Anglais en 1793 par les roualistes, Toulon fut reprit par les républicains le 19 décembre de la même année. C'e^t à ce siège Que Bonaparte, oui commandait l'artilleTie, commença îq réputation. A droite, derrière un parapet, il observe les opérations à l'aide
d'une longue- vue.