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A peine une courte rencontre a-t-elle eu lieu entre les troupes et le cortège qui suivait les bustes de Necker et du due d'Orléans, h peine la désertion des gardes françaises a-t-elle fait de nouveaux progrès et s'est-elle changée en lutte ouverte, dès que les troupes ont évacué Paris, on voit intervenir dans le mouvemcnl qui se prononce, des hommes auxquels la plupart des historiens s'accordent à donner le nom de brigands, nom terrible muis vague, sur lequel il importe d'être fixë^ Suivant lel historien, il y avaitla bonne el la mauvaise insurrection; l'une bourgeoise, l'autre ouvrière, suivant tel autre', lorsqu'il s'agissait d'une si grande cause, il ne faut pas se hâter de condamner les mouvements de la justice populaire.
Ces ouvriers, ceux que dans d'autres circonstances on a appelés les Bras nus, et que nous avons vus dans les journées de juin 1848, brisent les bateaux de la ferme générale, délivrent les prisonniers de l'Abbaye et de la Force, sous la conduite de l'huissier Maillard, forcent les boutiques d'armuriers, pillent le couvent de Saint-Lazare^ et, la nuit, parcourant tout Paris avec des torches qui jettent une lueur sinistre, y excitent par leurs clameurs et leurs appels h l'insurreciion, cette âévre dont ils sont eux-mêmes atteints.
■•Le tumulte ètaïl à son comble, dit M. Higuet, cliacun ne recevait d'ordre que de sa passion, A côté des citoyens bien intenlionnés étaient des hommes suspects qui ne cherchaient dans l'insurrection qu'un moyen de désordre et de pillage. Des troupes d'ouvriers, employés par le gouvernement à des travaux publics, la plupart sans domicile, sans aveu, brûlèrent les barrières, infeslèrent les rues, pillèrent quelques maisons: ce turent cens qu'on appela la brigandt' (Mignet, HUloire de la nêvolulion, t. 1", p. 90.)
' M. Louis Blanc. •
m crupiTHE IV.
D'autres étaient accourus à l'Hôtel de Ville, où quelques électeurs se trouvaient réunis. La foule qui arrive, crie : Aux armes! Les électeurs lui livrent celles qui sont à leur disposition et qu'il serait difficile «le refuser. Au lieu de la garde de Paris, on place comme sentinelles aux portes de l'Hôlet de Ville, les hommes qui viennent de prendre part à l'émeute.
Sous l'influence du mouvement qui se prononce dans Paria évacue par les troupes, les électeurs, dont l'Assemblée, dès l'origine, s'est constituée en face du pouvoir et des états généraux, s'érigent en conseil souverain et ordonnent la convocation de tous les citoyens qui devront former aussi dans leurs districts soixatite assemblées délibérantes. On le voit : hier le pouvoir monarchique était dans son unité, le lien de l'État; aujourd'hui le système électif est partout. Pans n'est plus qu'une assemblée, ou plutôt qu'une réunion d'assemblées; mais à ce pouvoir qui s'organise en dehors du pouvoir existant, il faut des troupes: le lundi, 15 juillet, les électeurs se déclarant en permanence, décrètent la formation d'une garde de quarante-huit raille hommes, sous le nom de milice parisienne; on lui donne la cocarde rouge et bleue, les couleurs de Paris; c'était la garde nationale.
Cette garde, qui sous l'impulsion du moment sera bientôt formée dans la France entière, vient en même temps, au point de vue de ceiix qui l'organisent, résister aux brigands qui représentent l'anarchie dans tous ses excès, soutenir la rév<dution et la liberté; elle est comme la formule armée de l'esprit nouveau et des craintes que lui inspire l'intervention des masses populaires dans sa victoire.
Déjà, depuis quelques jours, les électeurs de Paris en-