‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 2)Chapitre 18 sur 86 · APRÈS LA PRISE DE LA BASTILLE · texte numérisé non relu

APRÈS LA PRISE DE LA BASTILLE

mêmes. Le6 plus violents, les plus implacables se précipitent, et tes crimes se commettent, et ceux qui réclament la justice, la libei-té, qui viennent de délivrer les prison- DÎers de la Bastille, massacrent, sans les connaître pour la pluparl, les prisonniers qu'ils ont faits eux-mêmes. Ainsi le major de Losme, que M. Louis Blanc, dans son Histoire de la Révolution, appelle « le consolateur, l'appui^ la providence des prisonniers de la Bastille', n est égorgé comme le gouverneur, malgré tous les efforts d'un ancien prisonnier qui lui prouve sa reconnaissance en risquant sa vie pour lui, el qui tombe tout sanglantsur les marches de l'Hôtel de Ville, sans avoir pu le sauver'.

La tête du major est coupée et portée au bout d'une pique. L'aide-major Miray, le lieutenant Person, subissent le même sort. « Deux invalides furent pendus à une lanterne, en face de l'Hâtel de Ville '... » L'oOicier Béquard, dit M. Louis Blanc, le même qui avait empêché le gouverneur de faire sauter la Bastille, fut désigné comme un des porte-clefs; on lui abattit le poignet d'un coup de sabre, et on alla promener triomphalement dans Paris celle main qui venait de sauver le faubourg Saint-Antoine. Béquard ti' avait pas combattu : on le tua pourtant, et on ne découvrit l'erreur fatale que lorsqu'il n'était plus temps de la réparer *. »

Le mouvement qui venait de triompher à la Bastille se résuma, à l'Hâtel de Ville, en quelques meurtres nouveaux, et pour le comité des électeurs, pour la ville de Paris, en une situation nouvelle, que le comité avait a[>-

< H. Louis Blanc, Histoire de la Révolution, t. II, p, 595. » Louis Blanc, I*' vol., p. 395.

* ld.,id., p. 391.

préliendée, sans doute, mais qui! n'avait pas réussi à em pêcher. Le comité aurait \oulu que la Bastille se rendit, mais sans intervention populaire, sans combat. Il travaillait à former la garde nationale dès l'origine du mouvement dont le renvoi de Necker avait été la cause première; cette garde formée, il n'avait su empocher ni la prise d'armes aux Invalides, ni diriger l'insurrection dont la Bastille devint le point de mire. Il ne réussit pas mieux à prévenir, par un accommodement avec le gouverneur, l'assaut et la victoire populaires, dont il redoutait les suites. 11 avait d'abord voulu stipuler, par cet accommodement, les con<Utions auxquelles il s'engagerait à «obtenir, du faubourg Saint-Antoine » et des quartiers voisins, qu'ils ne se portassent contre la place à aucune entreprise funeste. « Retirez vos canons, disait-on au gouverneur, et donnei! votre parolede ne commettre aucune hostilité. » Le gouverneur avait très-bien reçu les envoyés de l'Hôtel de Ville, Billon, officier de l'arquebuse, Itillefod, sergentmajor d'artillerie, et Chaton, qui avait été sergent des gardes-françaises; il accepta les conditions qui lui étaient proposées ' ; et quand Thuriot de la Roziére, dont le nom se présentera plus d'une fois dans cette histoire, vint, comme représentant d'un district voisin, demander au . gouverneur de faire descendre des tours les canons qui étaient une cause d'alarme pour la ville entière, s'il lui répondit qu'on ne pouvait les enlever sans un ordre du roi, i! ajouta qu'il les avait feit retirer des embrasures*. M. Thuriot promettait, comme l'Hôtel de Ville, d'obtenir du peuple, la cessation des hostilités, et il offrait une

' Procés-verbal derasumblée tUsélecteun,V'yol.,p. 279. * Déclaration des astiégés dam la BastilU dévoilée, 1. 1", p.

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