‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 2)Chapitre 21 sur 86 · LE BARON DE SESEKVAL. W · texte numérisé non relu

LE BARON DE SESEKVAL. W

parla municipalité dcVillenaux. Une lelli-e, où Neicker demandait la mise en liberté du baron de Bezenval, n'avait obtenu aucun succès ; Necker, le ministre aimé de l'Assembléenationale, attendait un tout autre résultat du ponvoirquel qu'il fût qu'il allait trouver à l'Hûitel de Ville.

n ^t bien remarquable qu'il ne s'adressa pas h l'Assemblée pour obtenir cette mise en liberté qu'une petite municipalité lui à refusée ; quant au pouvoir royal, qu'il représente, et qui devrait tenir dans sa main la poKce du royaume, il y songe encore moins ; après les événements qui viennent de se passer, il ne faut pas, dira-t>on, s'en étonner; mais cela doit servir à caractériser ces événements, leur marche et leur résultat aussi prompt que tranché : voici Necker, rappelé par une insurrection , regu avec enthousiasme par l'Assemblée, qui, avant cette insurrection, semblait concentrer tous les pouvoirs, dominer une royauté virtuellement suspenduepar les principes et les actes de cette assemblée, de l'aveu de ses propres membres ; h qui Necker s'adressera-t-il plus naturellement qu'à une telle assemblée pour obtenir ce que, dans le langage du temps, on aurait pu appeler un acte de clémence, au moins de générosité? Il parait que, tout Qtopiste qu'il était, Necker sentait lui-même instinctivement que ce n'était plus à l'Assemblée nationale, au iima-ain, comme disait Bailly, au moment où le roi, par l'organe de H. de Brézé, enjoignait à la chambre du tiers de se séparer, qu'il appartenait de donner des ordres à la municipalité deVillcnaux.

Était-ce donc, en ce moment, la municipalité de Villenaux qui était devenue le souverain? Oui vraiment, carelle représentait le principe vainqueur, celui de la Révolution.

Ce fait, qui parait un fait de détail, l'arrestation, .de

lU CDiPITRE T.

M. de Bézenval, csl, à ce point de vue i.e généralité révolutionnaire, qui se dégage ainsi d'une ùrconslance individuelle, pour ainsi dire, assez important pour qu'on s'y arrête. ^

. La théorie nouvelle, ceUe delà souveraineté du peuple -opposée au vieux gouvernement de la monarchie, à l'ancienne sociélé fondée sur certaines bases traditionnelles, religieuses et politiques, a paru d'abord renfermée dans une assemblée qui s'est elle-même déclarée souveraine, plus que souveraine, constituante, créatrice, en- parlant dos idées du dix-huitième siècle, et de la raison humaine -érigée en juge suprême de toutes les questions qui peuvent intéresser, non-seulement un peuple, mais tous les peuples, un pays, mais tous les pays, mais le monde; cependant, en présence de cette théorie développée et appliquée, et des troubles de la nie qui l'accompagnent presque aussitôt, un club immense, nous l'avons vu, l'astemblée de la eepitale, comme on l'a appelée, est déjà intervenu à côté de ces électeurs de l'Hôtel de Ville, qui eux aussi ont commencé à s'emparer d'une partie de ce pou- ■voù-, dont l'héritage semble ouvert; mais, après le 14 juillet, on eût dit qu'une marée montante, celle des idées et des passions de l'époque, va s'élevant au-dessus de toutes les influences, et que le pouvoir, dans son naufrage, une fois jeté sur les écueils, à chaque instant peut èlre empoilé par quelque lame nouvelle.

Dans un cas donc oi^ il ne s'agit même pas de ce vieux droit de grâce qui appartient depuis tant de siècles à la royauté, mais d'une arrestation préventive qui, dans des • circonstances normales, ne pouvait concerner que l'administration, le premier ministre du royaume vient à 1 Hdtel de Ville de Paris s'adresser à l'autorité des élec-

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