‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 2)Chapitre 37 sur 86 · DÉCLARATION DES DROITS DE L'HOSHE · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DES DROITS DE L'HOSHE

des .malheurs publies et de la corruption des gouvernements, ne faisait-elle pas de l'humanité le principe de tout sur la terre 1

k. raisonner ainsi, l'homme était parfait, puisque tout devait découler des droits qu'on lui attribuait, et ii ne pouvait les exercer que d'une manière excellente pour lai-mème? Comme il y avait eu des Commandements do Dieu et de l'Ëglise, auxquels on avait rapporté les actes des hommes, et d'après lesquels on avait défini leurs devoirs dans l'ordre moral et social, c'étaient maintentinl les droits de l'homme, ces droits sacrés, suivant la nouvelle formule, qui étaient la table même de la loi. « Les actes du pouvoir législatif et ceux du pouvoir exécutif . devaient être comparés , à chaque instant, avec le l)ut de toute institution politique, qui était les droits de l'homme, m et l'on concluait que ces pouvoirs seraient d'autant plus respectés qu'ils seraient livrés au contrôle perpétuel, à l'épreuve incessante de principes abstraits, qu'ils ne pouvaient manquer ainsi d'assurer le maintien àe la constitution comme le bonheur de tous.

Ce mot de bonheur était, qu'on nous permette le mot, comme l'aman de la religion philosophique, de ce culte de l'homme, sortie du dix-huitième siècle.

Pour mémoire, un article des droits les promulguait en présence et sous les auspices de l'Être suprême ; mais toute la déclaration était pleine de l'homme et de ses droits, comme si, pour la première fois, une révélation de l'humanité et de sa grandeur était faite au monde, comme si sa perfection expliquait et justifiait fous ces droits, et qu'ainsi le mot fût donné de cet enthousiasme, dont elle serait pour elle-même l'objet, s' adorant, comme Bossuet voulait qu'on adorât Dieu, en qualité « de justice

et de règle, » étant à elle-môme son point de départ et son but.

Tandis que l'Assemblée s'efTorçaif ainsi de définir les droits de l'homme, les émeulîers de Paris les définissaient et les appliquaient à leur manière, avec une logique qui ressortira des Mis '.

Le marquis de la Salle, qui commandait la gardo nationale sous la Fayette, manqua devenir \ictime des soupçons qui s'étaient élevés contre lui, et n'échappa qu'avec peine à une foule furieuse, convaincue du droit qu'elle avait de juger et de punir à sa manière: il s'agissait d'un transport de poudre qu'il avait autorisé, et dont la destination parut criminelle à c^te foule, quoique le marquis de la Salle partageât les opinions du général . la Fayette.

Le meurtre du maire de Saint-Denis * se place k côté de l'arrestation du mah]uis de la Salle, que déjà l'on allait A mettre à la lanterne, » suivant l'expression du jour, s'il n'était parvenu à trouver un refuge dan& une prison, d'où un décret de l'Assemblée le fit sortir.

Ce qui n'était que trop propre à causer des troubles fréquents^ celait une effervescence qui se communiquait à fous les esprits, par une conséquence naturelle et logique, attachée au principe même de toutes les théories qui régnaient alors, l'orgueil, le moi humain, cette part de souveraineté attribuée à chacun. En présence de ces théories, depuis le serment du jea de paume, qui les avait proclamées avec la souveraineté absolue et constituante de l'Assemblée, depuis l'insorrec-

* t Pans n'était point encore retenu dera^(al{ondul4 juillel. i (H. Mignet, HOtotre de ta Bémlulion, i. I", p. 155.) « hem, t. II, p. 5i3.

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