E CHATEAT) DB VERSAILLES. SOS
gaice étrange et menaçante^. Quelque sens que H. de Barante attache k ces paroles, il n'en résulte pas moins que le roi Louis XVI et son conseil n'eurent point à refuser ce qui ne fui ni demandé ni offert.
H. de Barante, il est vrai, veut blâmer les dispositions du roi et de ses conseillers, mais il semble qu'il ne faudrait pas oublier, dans une telle circonstance, celles de la garde nationale de Paris, qui venait de traîner son chef à Versailles, et qu'il importerait de se demander s'il était possible que le roi eût plus de confiance en elle que dans les gardes du corps, ou se préoccupât des susceptibilités des brigands qui venaient d'insulter l'Assemblée avant d'envahir la demeure royale.
La justice historique ne saurait admettre l'étrange système qui consisterait à toujours donner tort aui victimes et à démontrer qu'elles s'y sont mal prises pour repousser leurs agresseurs et leurs assassins, ce qui les rendrait sans doute responsables des crimes de leurs ennemis» dirigés contre elles-mêmes.
Pourquoi, suivant l'un, avoir refusé, ce qui est un fait ■ entièrement inexact, la défense intérieure du château à ta garde nationale de Paris; pourquoi, d'après l'autre, n'avoir pas été disposé k la lui oltrir? Par une raison que le bon sens indique, parce que le général la Fayette, qui répondait de tùut, comme il le dit au roi en arrivant, venait d'être comme le prisonnier de cette garde nationale, dont il était le chef, et qu'elle avait marché sur Versailles, non pas pour lutter contre un grand soulèvement dont le but était d'amener le roi à Paris, mais pour y prendre sa part et y jouer son rèle.
' NoUce iur M. de Saint-Priest.
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En fêvrier 1 84S, quand la garde nationale, sor la place des Victoires, croisa la baïonnette CMitre la ligne, nous ne croyons pa3<iue personi]eeût conseillée Louis-Pliilippe de remettre à cette garde la défense de sa personne. Il ne le fil point, et il St bien, malgré tout ce qu'il avait Ëiit pour la bourgeoisie.
Comment aussi les émeuliers paiisiens pénétrèrent-ils dans le château, fait matériel qui a son importance?
Il,y a plusieurs versions à cet égard.
H. Mignet prétend que la garde intérieure n'avait pas même été ikuUéë, qu'on avait à peine trisité les grilles, et que le service se faisait négligemment comme dans les temps ordinaires' ; c'eût été montrer une confiance bien éloignée des soupçons qui auraient feit, suivant le même historien, refuser des postes intérieurs à la garde nationale et causé tous lee malheurs de cette mût.
M. Hignet ajoute cependant qu'un garde du corps, qui se trouvait k une fenêtre, assailli par les propos des émeutiers, tira sur eus et en blessa un, ce qui aurait dé- * terminé l'attaque du château.
Rabaut Saint-Ëtienne dit expressément, on le sait, 0 qu'Us trouvèrent les passages mal fermés et qu'ils inondèrent les cours. » Il ajoute, ce qui était bien naturel, ^'on voulut leur défendre l'entrée du dtâteau et qu'un homme fut tué ', » ce qui, en mettant le {vemier mort, met aussi la provocation de leur côté elle cas de légitime défense du c6té des gardes du corps.
M. de Barante critique le système adopté pour mettre le château à l'abri d'une attaque: « les gardes du corps
• Histoire de ta Révolution, par H. l%iet,t. I, p. 179. » Rabaut Saiot-Étienne, Précis historique, f. 345.
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