DISCOURS DU ROI IB 4 FËYRIER SO. 3«S
efTort général et commun sont absolument nécessaires pour obtenir un succès véritable. Continuez donc vos travaux sans autre passion que celle du bien; fixez toujours votre attention sur le sort du peuple et sur la liberté pu* blique; mais occupez-vous aussi d'adoucir, de calmer toutes défiances et mettez fin le plus tôt possible aux différentes inquiétudes qui éloignent de ta France tin si grand nombre de citoyens^, et dont l'efTet contraste avec les lois de sûrelé et de liberté que vous voulez établir. La prospérité ne reviendra qu'avec le contentement général. Nous apercevons partout des espérances; soyez impatients de voir aussi partout le bonheur.
ff Un jour, j'aime à le croire, tous les Français indistinctement reconnaîtront l'avantage de l'entière suppression des différences 'd'ordre et d'étal, lorsqu'il est question de travailler en commun au bien public, à cette prospérité de la patrie qui intéresse également tous les citoyens, et chacun doit voir sans peine que, pour être appelé dorénavant à servir l'Ëtat de quelque manière, il suffira de s'être rendu remarquable par ses talents ou par ses vertus.
« En même temps, néanmoins, tout ce qui rappelle à une nation l'ancienneté et la continuité des services d'une race honorée est une distinction que rien ne peut détruire, et comme elle s'unit aux devoirs de la reconnaissance, ceux qui, dans toutes les classes de la société, aspirent à servir efficacement leur patrie, et ceux qui ont eu déjà l'honneur d'y réussir, ont un intérêt à respecter
. ' La cause dç l'émigralion est id clairement indiquée : les violences, les meurtres, les incendies des chàleaui après le 14 juillet et les journées d'octobre, n'espliquentiiue trop les émigrations successives.