‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 2)Chapitre 53 sur 86 · V. '.oogic · texte numérisé non relu

V. '.oogic

celle transmis^on de titres et de souvenirs, le plus beau de tous les héritages qu'on puisse faire passeï' à ses enfants. Le respect dû aux ministres de la religion ne pourra pas non plus s'effacer; et lorsque leur considération sera principalement unie aux saintes vérités qui sont la sauvegarde de l'ordre et de la morale, tous les citoyens honnêtes, éclairés, auront un égal intérêt à la maintenir et à la défendre.

« Sans doute ceux qui ont abandonné leurs privilèges pécuniaires, ceux qui ne formeront plus, comme autrefois, un ordre politique dans l'État, se trouveront soumis à des sacrifices dont je connais toute l'importance; mais, j'en ai la persuasion, ils auront assez de générosité pour chercher un dédommagement dans tous les avantages publics, dont l'établissement des assemblées nationales présente l'espérance.

« J'aurais bientôtaussi bien des pertesà compter, si, au milieu de» plus grands intérêts de l'État, je m'arrêtais à des calculs personnels ' ; mais je ti'ouve une eompeiisation qui me suffit, une compensation pleine et entière dans l'accroissement du bonheur de la nation, et c'est du fond de mon eœur que j'exprime ici ce sentiment.

« Jedéfendrai donc, je maintiendrai la liberté eenstitulionnelle, dont le vœu général, d'accord avec le mien, a consacré les principes. Je ferai davantage, et, de concert avec la reine, qui partage tous mes sentiments, je préparerai de bonne heure l'esprit et le cœur de mon fds au nouvel ordre de choses que les circonstances ont amené. Je l'habituerai, dès ses premiers ans, à être heureux du bonheur des Français, et à reconnaître toujours,

< Il s'agit ici de toutes les concessions faites par le roi .

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malgré le langage des flatteurs, qu'une sage constitution le préservera des dangers de l'inexpérience, et qu'une juste liberté ajoute un nouveau prix aux sentiments d'amour et de fidélité dont la nation, depuis tant de siècles, donne à ses rois des preuves si touchaotes. « Je ne dois pas le mettre en doute, en achevant votre ■ ouvrage, vous vous occuperez sûrement, avec sagesse et avec candeur, de l'afTermissement du pouvoir exécutif, cette condition sans laquelle il ne saurait exister aucun ordre durable au dedans, ni aucune considération au dehors. Nulle défiance ne peut raisonnablement vous rester; ainsi il est de votre devoir, comme citoyens et comme fidèles représentants de la nation, d'assurer au bien de l'État et à la liberté publique celte stabilité qui ne paît dériver que d'une autorité active et lutélaire. Vous aurez sûrement présent à l'esprit que, sans une telle autorité, toutes les parties de votre système de constitution resteraient à la Toissans lien et sans correspondance; et, en vous occupant de ta liberté, qae vous aimez et que j'aime aussi, vous ne perdrez pas de vue que le désordre en administration, en amenant la confusion des pouvoirs, dégénère souvent, par d'aveugles violences, dans la plus dangereuse et la plus alarmante des tyrannies. Ainsi, non pas pour moi, messieurs, qui ne compte point ce qui m'est personnel prés des lois et des institutions qui doivent régler le destin de l'empire, mais pour le bonheur même de notre patrie, pour sa prospérité, pour sa puis-; sauce, je vous invile à vous atTranchir de toutes les impressions du moment qui pourraient vous détourner de considérer dans son ensemble ce qu'exige un royaume tel que la France, et par sa vaste étendue, et par son immense population, et par ses relations inévitables au dehors.

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