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Ixirsque Duport et ses amis donnaient au club des jacobins une importance de plus en plus menaçante pour l'ancien pouvoir, pour l'ancienne société, Mirabeau, après quelques tentatives pour marcher de concert avec la Fayette, et arriver ainsi au ministère, efTrayé aussi de la situation amenée par les journéesd'oct(d>re, cherchait à s'entendre avec le roi lui-même *. A celte époque, on lui entendit souvent dire : r Je serais désespéré de n'avoir feit qu'atlacber mon nom à une vaste destruction. D
Ainsi, tandis que Duport, BfnTiave, Alexandre Lameth, contianaient k former ce Irtumviraf, comme on l'appelait, qui, depuis le 14 juillet, s'était servi de l'influence du club breton, devenu maintenant le club des jacobins, pour favoriser le désordre par un concours malheureusement trop actif, Mirabeau et la Fayette, malgré les dissentiments qui avaient pu les séparer, avaient éprouvé les mêmes craintes et compris la nécessité de ré^sterà un mouvement d'anarchie qui ne s'arrêtait pas*.
* C'est alors que la Fayette introduisit Mirabeau auprès de H. de MoDtmorin, et que le grand orateur, en insistant, devant ce ministre,
sur la nécessilé de « rafTermir la monarchie par des instilutions propres à fonder l'ordre et la liberté, » aurait, en déplorant tfes écarts de rAssemblée, prononcé les paroles suivantes : et cependant c'est un âne rétif qu'on ne peut monter qu'avec beaucoup de ménagements '.
* Après le discoure du roi, qui, dans la séance du i février, avait eu pouf but de rapprocher tous les esprits par l'union du roi et de l'AssemUée; apré» ce serment civique prêté avec enthousiasme d'un bout de la France à l'autre, « les nouvelles sinistres, dit Droï '*, que chaque jour apportait des provinces, les incendies et les assassinats qui se multijdiaient dans les campagnes, eftrajér^l te comité des rapports; il vint appder l'attention sur la nécessité de rétablir la
• Droi, t. in, p. 51.
"T. III', p.iM,
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Nais, k ne considérer même que l'état des idées dans rAssemblée, comment pouvait-on y mettre obstacle? Comment eût-il été possible, par exemple,. qu'il s'établit un véritable concert enlre le pouvoir royal et l'Assem* blée? Les ministres n'étaient pas même appelés à j siéger et à discuter avec elle, comme ils le demandèrent, par voie de conférence; celte règle du gouvernement représentatif, le choix que le roi aurait pu faire dans l'Assemblée de ses ministres, une des conditions du système parlementaire de la Grande-Bretagne, l'Assemblée l'avait repoussée par un vote, quand elle décida, jalouse de la supériorité de Mirabeau, qu'aucun de ses membres ne pourrait être ministre.
La qualité de député et de ministre du roi eût été un lien entre la royauté et la Chambre, elle n'avait pas voulu de ce lien, parce que, suivant la majorité, « la présence des ministres eût gêné la liberté de l'Assemblée '. »
Des hommes cependant, même comme Chapelier, d'Aiguillon, avaient soutenu l'opinion de Mirabeau, h cet égard au moins.
On voulut amener un rapprochement entre des membres de l'Assemblée de nuances différentes, quoique mutuellement convaincus des dangers de la situation.
Les amis de Mounier, ceux qui avaient formé le parti de la Constitution anglaise, et qui partaient alors le nom A'impartiauXy voulurent, par l'intermédiaire de Malouel,
paix publique. Cazalès proposa de décerner au roi une st»-te de dict>ilure;elHaury, d'Espréménil soutinrent sa motion avecchaieur. Sans adopter cette opinion, Haiouet essaya de montrer par quels moyens on pouvait rendre la Vie au pouvoir exécutif. {tobespiNTe gémit de ce qu'on s'alarmait, bien à tort, pour quelques troubles; il vanta < la vMi<Urationel la douceur inaltérable du peuple • ■ * Discours du vicomte de ?ioailles et de Blin, àépati de Nuites.
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qui étail leur chef, s'entendre avec celte fraction de l'Assemblée, en tête de laquelle étaient le duc de la Rochefoucauld Liancourl, la Fayette, la Coste, partisans des idées américaines. On convint des périls dont l'anarchie menaçait la France; mais la Rochefoucauld et c«ux de ses amis qui se trouvèrent à la conférence, parurent craindre de rendre la moindre force à la royauté, en adoptant quelque mesure de préservation. Les idées américaines, qui déjà avaient repoussé le système de Mouitier et qui inspiraient toujours ses anciens adversaires, jointes aui violences et aux menaces du club des Jacobins, empêchèrent toute alliance entre des hommes qui, pour combattre l'anarchie matérieHe, auraient eu besoin, avant tout, de sortir de la division et de l'anarchie des idées.
Enfin, quelque temps après, pour lutter contre le club des Jacobins, dont l'influence les effrayait de plus en plus, la Fayette, la Rochefoucauld, Talleyrand, Bailly, Chapelier, Sieyès, Dupont de Nemours, c'est-à-dire les chefs du centre gauche de l'Assemblée, comme Malouet avec ses amisen formaient le centre droit, fondèrent le club de 89,
La droite, de son cdté, qui avait pour chefs Maury, Cazalès, le vicomte de Mirabeau, d'Ëspréménil, forma un club que l'émeute fit bientôt fermer : il avait d'abord été question, d'un rapprochement entre le côté droit et les amis de Malouét, puis, on vient de le voir, entre ces derniers et les amis de la Fayette et de la Rochefoucauld, personne n'avait pu s'entendre : il n'y avait que l'émeute et le club des Jacobins qui s'entendissent.
Là régnait, on le sait, la gauche de Duport, de Raiiiave et de Lamelh.
C'est au milieu des divisions de ceux qui auraient ..ooglc
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vokilu le rëtablisBement de l'ordre, et de l'union de cens qui encourageaient et faisaient le désordre, que l'Assemblée continuait à faire la Constitution.
Deux circonstances d'une nature différente, la discussion sur le droit de paix et de guerre, soulevée dans l'Assemblée h l'occasion d'armements de l'Angleterre contre l'Espagne, et la fédération du i4 juillet, parurent suspendre quelques instants les progrès d'une situation que nous avons à suivre, en ce moment, jusqu'au voyage de Varennes.
Le roi avait pris l'initiative de commander l'armement de quatorze vaisseaux, et il en faisait part & l'Assemblée. Une lettre du ministre des affaires, adressée au prëûdent, annonçait une mesure qui avait pour but'dc sauve garder et l'honneur et l'indépendance du pays.
Attaquée au club des Jacobins, elle devait trouver des adversaires dans l'Assemblée, parmi les membres de cette gauche qui s'identifiaient avec ce club lui-même.
Le roi pouvait-il exercer aucune initiative, en aucune circonstance, parlioilièrement lorsqu'il s'agissait du droit de paix et de guerre? Après une vive discussion, un discours de Mirabeau, plein de logique et d'éloquence, rallia quelques instants les opinions, fît subirun échec àla gauche et adopter par l'Assemblée le décret suivant, malgré le club des Jacobins, Duport, Lameth et Ba^nave : « Le droit de paix et de guerre appartieiit à la nation, la guerre ne pourra être déclarée que par un décret de l'Assemblée nationale, rendu sur la proposition formelle et nécessaire du roi. »
Quel que fût le commencement du décret, comme la proposition du roi était nécessaire, il en résultait que l'initiative du pouvoir royal se trouvait maintenue.