‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 2)Chapitre 67 sur 86 · RAPPORT DS GENSONNË ET GALLOIS · texte numérisé non relu

RAPPORT DS GENSONNË ET GALLOIS

temeilt de la Vendée la première époque des troubles ; jusqu'alors le peuple avait joui de la plus grande Iran* quiltifé. Éloigné du centre commun de toutes les acliotu et de touteê les résistances, digposéy par son caractère- naturel, à l'amonr de la paix, au sentiment de l'ordre, au respect de la loi, il recueillait les bienfaits de la Révolution^, sans ftij éprouver les orages. . . La religion, c'est-à-dire la religion telle qu'il la conçoit, est devenue pour lui la plus forte et, pour ainsi dire, l'unique habitude de sa vie... La constance du peuple de ce département dans l'exercice de ses actions religieuses, et la confiance illimitée dont y jouissent les prêtres auxquels il est habitué, sont un des principaux éléments des troubles qui l'ont agité et qui peuvent l'agiter encore. »

C'est-à-dire, on apporte à une population profondément religieuse un schisme qu'elle ne peut accepter; la philosophie du dix-huitième siècle, sortie des salons I de Paris, et devenue révolution démocratique, mais toujours voltairienne , veut imposer ses réformes aux campajines de la Vendée : il n'y a plus de municipalités, dans cette contrée catholique, parce qu'elles ont refusé de mettre la main sur l'Église de France, en renvoyant les curés légitimes et en acceptant les intrus qu'on voudrait leur imposer; la garde nationale s'est retirée en majorité pour ne participer à aucune des mesures qu'entraîne la constitution civile du clergé, et ce qui en est resté conserve le même esprit et n'entrerait aucunement dans les glans de I Assemblée constituante : voici donc que la souveraineté du peuple ne veut pas se soumettre à la souve-

■ Donc it n'y faisait aucune opposition, d'après le témoignage même de Gensonné, futur Girondin.

raineté du peuple, telle que le conçoit l'Assemblée, et qu'elle met le devoir envers Dieu et la conscience avant toute obligation civile! Comment trancher un tel différend? Il en résulte, d'après les commissaires de l'Assem* blée, que « ta plupart des cures sont encore desservies par les anciens pasteurs ; les nouveaux élus, enrayés de la perspective des contradictions et des désagréments sans nombre que leur nomination leur prépare, n'y répondent que par un refus, n

Ceux qui osent accepter, ces prétendus élus du peuple que d'infmies minorités ont choisis, « dans des paroisses de cinq à six cents personnes n'en ont que dix ou douée à leur messe. »

Les populations de la Vendée invoquent la liberté religieuse qu'on leur avait promise, et qui leur sera refusëe: «Il est un autre point, ajoutent les commissaires de l'Assemblée, sur lequel tous les habitants des campagnes se réunissaient : c'est la liberté des opinions reli- • gieuses qu'on leur avait, disaient-ils, accordée, et dont ils devaient jouir '. Les campagnes voisines nous envoyèrent de nombreuses députations de leurs habitants, pour nous réitérer la même prière. « Nous ne sollicitons « d'autre grâce, nous disaient-ils unanimement, que d'a- « voir des prêtres en qui nous ayons confiance, d Plusieurs d'entre eux attachaient même un si grand prix à cette faveur, qu'ils nous assuraient qu'ils payeraient volontiers, pour l'ûbtenii', le double de leurs impositions. Et celle transaction eut lieu dans quelques localités. Les popula-

' Il parait qu'on la leur refusait et que, d'après le principe dt Rousseau, on voulait les forcer à être libres '. ' Voirie Cci/r»/ ncitl.

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