‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 2)Chapitre 71 sur 86 · CRISE RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

CRISE RELIGIEUSE

qui porte la ti'iple couronne, à tous les outrages de la rue, qui le jugeait, car il y eut un simulacre de jugement avant cette lugubre parodie du supplice qu'on prétendait infliger au chef del'Ëglise universelle.

C'est vers cette époque aussi qu'effrayés des progrès d'une révolution de plus en plus antireligieuse, les tantes du roi, pour conserver une liberté de conscience, qui était de jour en jour plus attaquée, se retirèrent à Rome, non sans avoir éprouvé beaucoup de difiicuUé pour siirlir de France, droit garanti cependant par la nouvelle conslilution '.

Mais un fait qui résume une telle situation et qui précède de bien peu la dernière tentative du roi pour s'y soustraire, fut la violence que la populace de Paris voulut exercer sur la conscience du monarque.

On put bien apprécier dès lors la crise où se trouvaient désormais engagés le pouvoir et la société dans cette monarchie.

Jusque-là, quelque fut le poids dont l'émeute eût pesé sûr la situation, elle avait un but général, elle avait pu paraître à beaucoup uniquement politique, elle attaquait le Pouvoir tel qu'il était conslituè et prétendait le changer à son grë ; maïs maintenant la volonté despotique lui venait d'imposer personnellement au roi la constitution civile du clei'gé et les prêtres assermentés de sa paroisse *, . de lui donner, en un mot, une religion dont il ne voulait pas, sous prétexte qu'il avait sanctionné la constitution

> Elles Turent arrêtées en roule, et il Tallut que Mirabeau intervint dans l'Assemblée, comme le Moniteur le constate (séanc*. du 24 fé- Trier 91), pour qu'elles pussent continuer leur voyage.

* Un garde national avait déjji insulté te roi dans sa chapelle, parce que des prêtres non assermentés y disaient la messe.

civile du clergé, comme si une contrainte pouvait en justifier une autre.

Le roi, qui regrettait vivement cette sanction, qu'il avait ■ surtout donnée, on peut s'en souvenir, dans la crainte d'exposer le clei^é à la fureur des faubourgs ', résistait à une violence qui attaquait maintenant jusqu'à sa liberté individuelle.

Celait le moment aussi où, expulsés de toutes leurs paroisses, les catholiques étaient réduits à louer l'église des Théalins, devant laquelle recommencèrent les violences que nous avons déjà rapportées.

C'est au milieu de ces désordres et dans l'espoir de trouver quelque repos à Saint-Cloud, pendant la semainc sâinle, que le roi voulut y aller avec sa famille; or, c'était là une entreprise difficile et, on va le voir, impossible.

Malgré lesdispositionsprisesparle directeur du déparlement, malgré le concours du général la Fayette, qui ne put se faire obéir de la garde nationale, une foule, de plus en plus compacte, arrêta la voiture du roi, pendant près de deux tieuces, devant le château des Tuileries. Les insultes, les vociférations, te forcèrent, ainsi que la famille royale, à rentrer dans ce palais, qui était devenu une étroite prison. La populace souveraine voulait que le roi ne communiât que de la main d'un prêtre assermenté*.

Avons-nous besoin d'iusistcr sur la situation extrême à ' laquelle le pouvoir était réduit. Le roi n'avait plus même

■ On n'a pas oublié que le garde des sceaux, l'archevêque de Bordeaux, lui avait parlé dans ce sens.

■ C'est en cette occasion que le club des Gordetiers, qui avait tout tait pour exciler l'émeule, flt afilcher un arrêté où il dénonçait le roi ï VAuemblée »u« le nom de premier fonctionnaire publie.

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