‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 2)Chapitre 8 sur 86 · V. '.oogic · texte numérisé non relu

V. '.oogic

LE SERUENT DU JEU M PAUMB. S!

indépendantes d'elle, la vérification des pouvoii'S en commun; eonstituatUe parce qu'elle trouve fermées pendant trois jours les portes de la salle où elle se réunit, après avoir méprisé toutes les concessions qu'on lui a offertes, même celles de Necker, qui lui inspirait naguère tant d'enthousiasme, on apprécie le véritable esprit de cette assemblée.

Nous ne voulons pas anticiper ici sur les faits qui mettront cet esprit dans tout son jour; qu'il nous suffise de dire que le tiers est unanime, moins un de ses membres. Dans la séance du Jeu de paume, quoique les Mounier et les Mallouet et tant d'autres, qui voulaient le maintien de la monarchie, y assistassent; et que Mounier lui-même, tout le premier, ait proposé le serment du Jeu de paume, « pour sauver, a-t-i( dit, l'autorité royale, pour détourner de leurs projets les audacieux, pour occuper et déjouer leurs transports', » lorsqu'on voit qu'un des plus modérés sauvait ainsi le pouvoir, on éprouve un di!'sir d'autant plus grand de sonder une telle situation morale et d'aller au fond de l'état des esprits, qui, dans cette assemblée, entraînait les plus consciencieux, les plus calmes, Bergasse luimême.

Cent quarante-neuf députés du clergé, le lendemain même du jour où le tiers état eut prêté le serment du Jeu de paume et se fut déclaré constituant, se réunirent à lui dans l'église de Saint-Louis, où il s'était assemblé.

Cette partie considérable de l'ordre ecclésiastique était

< Mounier, Recherches sur Ui cattses qui ont envpieki les Français d'être libres, p. i%; — De l'infiuence attribuée atix philosêphes mr la Ri'voliition française, p. 98.

conduite par les archevêques de Bordeaux et de Vienne, lia députation noble du Dauphiné, où Mounier exerçait une grande influence, \int aussi se joindre au tiers étal.

La plupart des' ecclésiastiques qui s'étaient ralliés à l'Asiemblée nationale partageaient, en grande majorité, les idées des modérés de celte assemblée, qui voyaient, comme Mounier, un moyen de salut dans le serment du Jeu de paume, en même temps qu'ils appartenaient au tiers, ou croyaient faire une concession à l'esprit de paix et de concorde.

En présence de cette déclaration nouvelle de sa propre souveraineté, par laquelle l'Assemblée nationale s'attribuait le pouvoir constituant, le gouvernement, qui se flatlait encore de pouvoir négocier^ après un tel acte, quoiqu'il vit le danger, une partie au moins du danger, retarda de vingt-quatre heures la séance royale avec l'espoir d'en préparer le succès.

Ce qui peut étonner maintenant, c'est qu'après la séance du Jeu de paume, le roi et ses ministres conservassent un tel espoir et n'eussent pas recours à la dissolution de TAssemhlée; mais nous aurons plus tard à examiner cette question d'une manière complète. Nous nous contenterons de le faire observer ici : dans la voie où le roi était engagé, un tel parti était difficile à prendre ; après avoir réuni les états généraux, si longtemps suspendus, qu'ils semblaient supprimés, le pouvoir se trouvait placé jusqu'à un certain point sous le coup de la mesure extraordinaire qu'il avait adoptée, et il aurait fallu une énergie peu commune, surtout dans l'élat des esprits, pour la révoquer au nom de l'autorité royale.

La nouvelle séance royale eiitlieu le 23 juin. Ned(er,qui jouissait encore d'une grande popularité dans la cham-

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