U DIVISION DÉPARTEMENTALE
amélioré ces vues de plusieurs manières, et la plus essentielle, sans doute, est cette subdivision *, égale et sagement motivée, qui, en affaiblissant les anciennes séparations de province à province, et en établissant un système général et complet d'équilibre, réunit davantage à un même esprit et à un même intérêt toutes les parties du royaume. Cette grande idée, ce salutaire dessein, vous sont entièrement dus. Il ne fallait pas moins qu'une réunion de volontés de la part des représentants de la nation ; il ne fallait pas moins que leur juste ascendant sur l'opinion générale pour entreprendre avec confiance un changement d'une si grande importance pour vaincre, au nom de la raison j les résistances de l'habitude et des intérêts particuliers*.
« Je favoriserai, je seconderai par tous les moyens qui sont en mon pouvoir le succès de celle vaste organisation d'où dépend, à mes yeux, le salut de la France ; et je crois nécessaire de le dire, je suis trop occupé de la situation intérieure du royaume, j'ai les yeux trop ouverts sur les dangers de tout genre dont nous sommes environnés, pour ne pas sentir fortement que dans la position présente des esprits, et en considérant l'état où se trouvent les affaires publiques, il faut qu'un nouvel ordre de choses s'établisse avec calme et avec tranquillité, ou que le royaume soit exposé à toutes les calamités de l'anarchie.
« Que les vrais citoyens y réfléchissent ainsi que je
* Ce n'était point une subdivision, c'était une division qui détruisail les provinces et les supprimait, mais le discours du roi et de Necker a pour but de tout concilier à force de modération, de bonne entente avec TAssemblée.
* C'est-à-dii*e des intérêts locaux.
£« ŒjinBL nu.
'li iùL^ 'in iunt uûpeaient leur attention sur le bûe!i ie . ÎLiL et & ^erroGiqne. même a\ec des opinions jjjRpMTtey^ ;î=. intéoH ôciik^fit doit les réunir Ions au • tfur-r ^icii. Le jiBiz^ ni£3nDef a ce qui pourra rester déiffiiiiti-T. -Lins ji oiiLectioc J«» loîs qui auront été l*ouvn^^ ie ^xce Aisexnbufe: maê toute entreprise qui :e!iiinic i éïcvùa je<^rinci^<sdela constitution même, ?jii£ rjuAfr: {inionit pxir bat de les nmverser ou d'en iiSuiiiir r\tAirîi£5e coiaâckre. ne serfiraîent qu'à intro- 4Uir?< ia Tifyg ^ ntàcs jes maux efFraTants de la discjritf . ec« ai fc^çcear! Le sKcés d'urne sewMaMe tentait::: :'jnsrf luin m»ù ^ «ri. le r^i^sultat nous priverait, >sa<^ natoùicesie&l. ôes dh^ss bîefts dont un nouvel icirv ie .:£bj^< sccf- :â« h peRpective. LivronsHaous Àmc itf SfaiK ix ixzl esjifinBce^ qœ nous pouvons con- ,'îrwitr. i€ 3ii s:al»:oî^ rtiA ies réa&er par un accord iiraitumî. 'juif ^^tL: jn miàÊt fmt ie mouarque et U$ tvrtKnofîiOF ic jx luman uni zBîf sTmh 'wiême mtérit -'. f * t.i ntfïikf :!t£tu aie «{uk! ocUe opînk», cette ferme ^ri^^ocf. rr:gitfiiÎHttc ^àuIs Je^ pco^îiices un esprit de paii ^c À: Ihicnie «auince. ^îC «{cse tafi> ks citoyens recommanittàit^ ^ jnir nnmêC'dC^* Ijos ceux qui peuvent servir . ^il^c .'^(^JLCeu^faKïLC joff If«7 Kfe et leurs lumières, > >Mr^r^s;§e«u. ie ^c^tiiinï paît asx diJOTèrenles snbdivisi/ct:^^ it* liiLiiuuscrtCuii £ï£aietaje'« dont renchaioe- ^rv*<tt ^ r ^cr^'uxiiite ijî^ifflc cvacoorir eflfeacement au ::^cii>ù;$;ïCtitinti. ie ViciiK ec;i Li praispèrilêdu royaume. « \n£s te ie«^fu:^ pi/ùxt auiss se dtsàmuler, il y a beau- .vaç 4t iiu-^ j\/cn: icrAiî»: i oî bijx. Une violonté suivie, un
' Vtx JtriKtutrcs^ i:>;§eurèib>< ^îîiesw m» iemesit ainiinistrer les
effort général et commun sont absolument nécessaires pour obtenir un succès véritable. Continuez donc vos travaux sans autre passion que celle du bien; fixez toujours votre attention sur le sort du peuple et sur la liberté publique; mais occupez-vous aussi d'adoucir, de calmer toutes défiances et mettez fin le plus tôt possible aux différentes inquiétudes qui éloignent de la France un si grand nombre de citoyens^ et dont Teffet contraste avec les lois de sûreté et de liberté que vous voulez établir. La prospérité ne reviendra qu'avec le contentement général. Nous apercevons partout des espérances; soyez impatients de voir aussi partout le bonheur.
a Un jour, j'aime à le croire, tous les Français indistinctement reconnaîtront l'avantage de Fentière suppression des différences d'ordre et d'état, lorsqu'il est question de travailler en commun au bien public, à cette prospérité de la patrie qui intéresse également tous les citoyens, et chacun doit voir sans peine que, pour être appelé dorénavant à servir l'État de quelque manière, il suffira de s'être rendu remarquable par ses talents ou par ses vertus.
« En même temps, néanmoins, tout ce qui rappelle à une nation l'ancienneté et la continuité des services d'une race honorée est une distinction que rien ne peut déruîre, et comme elle s'unit aux devoirs de la reconnaissance, ceux qui, dans toutes les classes de la société, aspirent à servir efficacement leur patrie, et ceux qui ont eu déjà l'honneur d'y réussir, ont un intérêt à respecter
* La cause de rémigration est ici clairement indiquée : les violences, les meurtres, les incendies des châteaux après le 14 juillet et les journées d'octobre, n'expliquent que trop les émigrations successives.
'j£i^ :rias3Ziâ3ija cà titres et de sonfeairs, le plus beau ie OMS le« hfTÎlatfy^ :^'oa passe faire passer i ses en- &nts>LerisgectiteAïaMiiHresdehreligioniie poona pas Hftsa pàc^ > eSkxr: ei lats^ue leur oansidéffatioii sera prioiiiça leoi^sLl aûe i^zx sub&s ^éribs qid sont la saoTeune ^ Jirire et ie li norale, Iods les dtofvens hem- ■tHïes. ei£ÛRs*H3«»iiAê^iHlêrtttàlaiiiamlenirilà
c Sms 'hm!jS: c«x fn «■& abaBdooné leurs pririUges pàcsùurss^ CH£x qâ &e IxiKrMi {Ais, amune autre- JKs. ïJL xéK p>:⣻^;Be ifaB^rÊtai, se troareraiit soumis î ^ acrfiTtfs omU je coamiK loate llHqMirlaiice; mais, î'esa ù ]a persisiâKxi. î^ muai aaseï de gênéfosité pour càierdtier ^ai ôft»ssasesaeBl daiKs toos les avantages pc^âcs^ coot rettiâssaBcat ds assemUées natkmales
( ^l•Lrl2^^filAlf3Cxxssîl8Îeadespeflesàcompter,si,all TTefes ôes pc2S fnziis i=itêrîis df IXtat, je m^arrëtais k à^ djcmls persisnaeis' ; Bab je trouve n« enÊp^nsatian ftt «Ef iaf7tk« v&f cjwtffmfgtmm fUimt H eafîfr^daiisracoraèssescaeti: i;:i iciLknir de b nation, et cea dm fond de m/m c-jn^ -^ae ; eifgiaag ià ce seaHnwnt.
« J(f i^ cfsbc^A Àims^/t môatûadnB la IHerié ean^inr :î^'nA>. à:«i je vn jXMral^ d'aoooid arec le mien, a vvc&^fecn^ afs f «adpesw Je ferai da^anlage, et, de ocmv>;;t i^ec a reùie^ ^^ paxta^ tous mes sentimodls, je pre]^4r;rù %5e bccse heure Tesprit et le ooeur de mon fils iu DiHÀxv^ corre ce cboses que les drooostanœs ont jinvfv. Ae I hirîtafrù, dès :ses premitos ans, à être heon:iî\ «îu Ivobecr des Français» et à reconnaître toujours,
^ u :$^^jicâ xt ie K'afees tes f wwif t iian faits nr le roi
malgré le langage des flatteurs, qu'une sage constitution le préservera des dangers de Tinexpérience, et qu'une juste liberté ajoute un nouveau prix aux sentiments d'amour et de fidélité dont la nation, depuis tant de siècles, donne à ses rois des preuves si touchantes.
c( Je ne dois pas le mettre en doute, en achevant votre ouvrage, vous vous occuperez sûrement, avec sagesse et avec candeur, de l'affermissement du pouvoir exécutif, cette condition sans laquelle il ne saurait exister aucun ordre durable au dedans, ni aucune considération au dehors. Nulle défiance ne peut raisonnablement vous rester; ainsi il est de votre devoir, comme citoyens et comme fidèles représentants de la nation, d'assurer au bien de TÉtat et à la liberté publique celte stabilité qui ne peut dériver que d'une autorité active et tutélaire. Vous aurez sûrement présent à l'esprit que, sans une telle autorité, toutes les parties de votre système de constitution resteraient à la fois sans lien et sans correspondance ; et, en vous occupant de la liberté, que vous aimez et que j aime aussi, vous ne perdrez pas de vue que le désordre en administration, en amenant la confusion des pouvoirs, dégénère souvent, par d'aveugles violences, dans la plus dangereuse et la plus alarmante des tyrannies. Ainsi, non pas pour moi, messieurs, qui ne compte point ce qui m'est personnel près des lois et des institutions qui doivent régler le destin de l'empire, mais pour le bonheur même de notre patrie, pour sa prospérité, pour sa puissance, je vous invite à vous affranchir de toutes les impressions du moment qui pourraient vous détourner de considérer dans son ensemble ce qu'exige un royaume tel que la France, et par sa vaste étendue, et par son immense population, et par ses relations inévitables au dehors.
368 CIIAPiTRE TIIl.
« Vous ne négligerez pas non plus de fixer votre attention sur ce qu'exigent encore des législateurs les mœurs, le caractère et les habitudes d'une nation devenue trop célèbre en Europe par la nalure de son esprit et de son génie pour qu'il puisse paraître indifférent d'entretenir ou d'altérer en elle les sentiments de douceur, de confiance et de bonté qui lui ont valu tant de renommée.
a Donnez-lui l'exemple aussi de cet esprit de justice qui sert de sauvegarde à la propriété, à ce droit respecté de toutes les nations, qui n'est pas l'ouvrage du hasard, qui ne dérive point des privilèges d'opinion, mais qui se lie étroitement aux rapports les plus essentiels de l'ordre public et aux premières conditions de l'harmonie sociale.
« Par quelle fatalité, lorsque le calme commençait à renaître, de nouvelles inquiétudes se sont-elles répandues dans les provinces? Par quelle fatalité s'y livre-t-on à de nouveaux excès? Joignez-vous à moi pour les arrêter et empêchons de tous nos efforts que des violences criminelles ne viennent souiller ces jours où le bonheur de la nation se prépare^. Vous qui pensez influer par tant de moy€îns sur la confiance publique, éclairez sur ses véritables intérêts le peuple qu'on égare, ce bon peuple qui m'est si cher, et dont on m'assure que je suis aimé, quand on veut me consoler de mes peines. Ah! s'il savait à quel point je suis malheureux à la nouvelle d'un injuste attentat contre les fortunes ou d'un acte de violence
* Malgré les journées d'octobre et leurs suites, on peut dire que Tespoir et même la confiance n*ont pas abandonné le roi, qu'il croit encore aux idées de réforme générale et de reconstitution du pays par l'Assemblée à laquelle il s'adresse.
contre les personnes, peut-être il m'épargnerait cette « douloureuse amertume I
« Je ne puis vous entretenir des grands intérêts de 7 rÉtat sans vous presser de vous occuper d'une manière instante et définitive de tout ce qui tient au rétablissement de Tordre dans les finances, et à la tranquillité de la multitude innombrable de citoyens qui sont uni§ par quelque lien à la fortune publique; il est temps d'apaiser toutes les inquiétudes; il est temps de rendre à ce royaume la force de crédit à laquelle il a droit de prétendre. Vous ne pouvez pas tout entreprendre à la fois ; aussi je vous invite à réserver pour d'autres temps une partie des biens dont la réunion de vos lumières vous présente le tableau; mais quand vous aurez ajouté à ce que vous avez déjà fait un plan sage et raisonnable pour l'exercice de la justice; quand vous aurez assuré les bases d'un équilibre parfait entre les revenus et les dépenses de l'État; enfin que vous aurez achevé l'ouvrage de la Constitution, vous aurez acquis de grands droits à la reconnaissance publique ; et dans la continuation successive des Assemblées nationales, continuation fondée dorénavant sur cette Constitution même*, il n'y aura plus qu'à ajouter d'année en année de nouveaux moyens de prospérité à tous ceux que vous avez déjà préparés. Puisse cette journée oU votre monarque vient s'unir à vous de la manière la plus franche et la plus intime, être une époque mémorable dans l'histoire de cet empire I Elle le sera, je l'espère, si mes vœux ardents, si mes instantes exhortations peuvent être un signal de paix et de rap-
* Ce qui aurait été rétablissement du gouvernement représentatif par TÂssemblée constituante.
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prochement entre vous. Que ceux qui s'éloigneraient encore d'un esprit de concorde devenu si nécessaire me fassent le sacrifice de tous les souvenirs qui les affligent, je les payerai par ma reconnaissance et mon afTection. Ne professons tous, je vous en donne l'exemple, qu'une seule opinion, qu'une seule volonté, l'attachement à la Constitution nouvelle et le désir ardent de la paix, dû bonheur et de la prospérité de la France. »
Nous avons cru utile de reproduire ici ce discours du roi Louis XVI, prononcé quatre mois seulement après les journées d'octobre, et où se reflète d'ailleurs, d'une manière si fidèle, la situation intérieure du pays , qu'au milieu des acclamations générales qu'il excita dans l'Assemblée aucun dissentiment ne vient s'offrir sur la manière dont les faits y sont exposés. Le rapport fait à l'Assemblée par le roi est donc d'une incontestable exactitude ; car c'est un rapport sur la situation en même temps que l'acte d'adhésion et de concours le plus formel à la Constitution qu'elle achève de voter, comme à toutes les mesures qu'elle a pu prendre, à commencer par la nouvelle division de la France.
Dans ce discours, le roi fait une allusion directe à l'émigration, nous l'avons déjà fait observer, en parlant des inquiétudes qui éloignaient de France un si grand nombre de ses citoyens.
Nous aurons à revenir sur cette question de l'émigration, mais il est facile déjà de comprendre qu'au milieu de troubles si fréquents, d'attaques contre les personnes et les propriétés, signalées parle roi comme des faits notoires, cette classe nombreuse de Français qu'on supipelinb aristocrates^ suivant Rabaut Saint-Étienne, Ait portée à chercher sa sûreté dans un exil volontaire.