‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 3)Chapitre 107 sur 183 · CONFISCATION DES BIENS DU CLERGÉ · texte numérisé non relu

CONFISCATION DES BIENS DU CLERGÉ

à Tautorité temporelle, après la Constitution votée on grande partie, l'Assemblée, par une réaction qu'il est facile de comprendre, revient au principe, au point de départ mémo de la révolution qui triomphe en elle et par elle, se retourne, pour ainsi dire, contre la religion et le clergé, pour assurer et compléter son œuvre: Mirabeau lui-même, qui voudrait sauver maintenant le pouvoir royal, est eiitraîné par cet esprit.

Autour de cette royauté qui succombe, qui parait succomber au moins, il y a une société, et, comme base de cette société, il y a une religion, un clergé, une autorité spirituelle, la première dont la philosophie du dixr huitième siècle ait voulu secouer le joug, et cette philosophie domine les intelligences qui se croient les plus politiques ! Les coups portés à l'ancien pouvoir que seraient-ils si la religion, si le clergé n'étaient point attaqués et frappés? N'est-ce pas, avant tout, le principe même de la lutte, entreprise au nom de Tesprit humain, qui doit triompher ? Et ne faut-il pas que la souveraineté de la raison, après s'être affirmée dans les idées, s'affirme dans les faits ? L'œuvre entreprise est-elle simplement politique, française, locale? On verra bien le contraire !

La question financière et la pénurie du trésor alléguées par M. de Talleyrand, dans la séance du 10 octobre, pour dépouiller le corps dont il fait partie, ne sont donc que les préliminaires de la lutte qui commence, pour soumettre la religion elle-même à l'État, tel qu'on l'a transformé déjà, et lui donner une constitution civile, ce qui répondait exactement, mais dans un ordre d'idées démocratique, général, à ce que l'anglicanisme avait fait quand le parlement étant devenu le suprême arbitre de

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la religion, le^^nouveau culte se formula ainsi : « Churek established by law^ TËglise établie par la loi. »

Dès ce jour une grande question était posée : il y avait eu des gouvernements protestants, y aurait-il des gouvernements philosophiques, des états de société en Europe, où rincrédulitë nouvelle dominerait le catholicisme, tendrait à l'absorber et peut-être finirait par réagir contre le protestantisme lui-même, ce qui serait dans la logique de cette incrédulité?

La date de la première attaque dirigée contre le clergé par un évèque philosophe, auquel pèse Fépiscopat, et qui aspire à devenir un personnage politique, est bien remarquable ; elle n'est postérieure que de quatre jours aux 5 et 6 octobre. L'Assemblée est encore à Versailles, et le i^oi vient d'être emmené prisonnier à Paris par Tiiisurrection victorieuse ; c'est donc, comme nous venons de le dire, quand le pouvoir temporel est complètement abaissée, que les idées nouvelles, parties d'une première attaque, d'une première victoire intellectuelle, au moins telle est la pensée des philosophes qui ont commencé le mouvement, veulent arriver à un résultat pratique dans la sphère des croyances religieuses, et, pour nous servir d'un mot de Mirabeau, déeatholiser après avoir démonarchisé.

A propos des biens du clergé, dont il nest pas propriétaire^ d'après M. de Talleyrand, à Vinstar des autres propriétaires^ distinction subtile à l'aide de laquelle il n'es pas d'association qu'on ne pût dépouiller dans l'intérêt de l'Etat, déjà il attaque les ordres religieux, que, suivant lui, la nation a le droit de détruire, si elle les juge nuisibles ou simplement inutiles: double moyen d'enlever au catholicisme une grande partie de cette vie spi-

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