‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 3)Chapitre 12 sur 183 · LE SERMENT DU JEU DE PAUME · texte numérisé non relu

LE SERMENT DU JEU DE PAUME

indépendantes d*elle, la vérification des pouvoii's en commun; constituante parce qu^elle trouve fermées pendant trois jours les portes de la salle où elle se réunit, après avoir méprisé toutes les concessions qu'on lui a offertes, même celles deNecker, qui lui inspirait naguère tant d'enthousiasme, on apprécie le véritable esprit de cette assemblée.

Nous ne voulons pas anticiper ici sur les faits qui mettront cet esprit dans tout son jour; qu'il nous suffise de dire que le tiers est unanime, moins un de ses membres. Dans la séance du Jeu de paume, quoique les Mounier et les Mallouet et tant d'autres, qui voulaient le maintien de la monarchie, y assistassent; et que Mounier lui-même, tout le premier, ait proposé le serment du Jeu de paume, « pour sauver, a-t-il dit, Fautorité royale, pour détourner de leurs projets les audacieux, pour occuper et déjouer leurs transports*, » lorsqu'on voit qu'un des plus modérés sauvait ainsi le pouvoir, on éprouve un désir d'autant plus grand de sonder une telle situation morale et d'aller au fond de l'état des esprits, qui, dans cette assemblée, entraînait les plus consciencieux, les plus calmes, Bergasse luimême.

Cent quarante-neuf députés du clergé, le lendemain

même du jour où le tiers état eut prêté le serment du Jeu

de paume et se fut déclaré constituant, se réunirent à

lui dans l'église de Saint-Louis, où il s'était assemblé.

'Cette partie considérable de Tordre ecclésiastique était

* Mounier, Becherchès sur les causes qui ont empêché les Français d'être libres, p. 296 ; — De l'influence attribuée aux philossphes sur la Révolution française, p. 99,

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