LA CONSTITUTION CIVILE DANS L'OUEST ET LE MIDI
Quant à TAssemblée, qui croyait d'abord marcher à un but certain, et dont l'incrédulité, chez les plus modérés de ces voltairiens, pensait pouvoir diriger le culte catholique comme une branche de l'administra tion, elle était entrée dans une voie inconnue où elle devait, à chaque pas, rencontrer des obstacles : un des premiers fut la division énorme qu'elle avait jetée dans le pays, l'opposition qu'elle excita aussitôt dans l'Ouest et dans le Midi, la résistance énergique au schisme, qui bientôt allait devenir de la guerre civile.
Comment n'en aurait-il pas été ainsi? Quoiqu'il y eût, particulièrement en Bretagne et en Vendée, une grande union entre les populations et les seigneurs, reconnue par tous les historiens, et que celte union tint aux mœurs mêmes de ces contrées, aux rapports qu'elles avaient établis entre les propriétaires et les métayers, à un esprit religieux, profond et sincère, les changements opérés dans le gouvernement et la société n'avaient point jusque-là agité ces populations; mais la constitution civile du clergé, le serment imposé aux prêtres, remuèrent aussitôt ces paisibles provinces, y provoquèrent la plus vive opposition, comme ils divisaient et agitaient toute la France*.
mari à la religion, lui disait que la liberté véritable était dans le christianisme, et elle avait raison.
' Dans la paroisse d'Aigues-Mortes, département du Gard, les habitants forcèrent la municipalité à éconduire leur curé qui avait prêté le serinent, lorsque ses vicaires Favaient noblement refusé. A Lunel, le peuple saisit toutes les affiches qui prescrivaient le serment, et en fît un feu de joie sur la place publique, malgré la municipalité... La loi du serment avait alarmé les catholiques de Strastiourg : à peine y fut-elle connue, que deux mille citoyens s'assemblèrent pour demander Texécution du traité de Westphalie, vraie
n ne pouvait en être autrement.
Et fait remarquable cependant qui suffit bien pour distinguer Tesprit qui les animait de celui qui les persécutait, il fallut les derniers eicës de ceux, qui violaient la liberté de conscience en la proclamant, pour mettre aux catholiques les armes à la n.ain.
Il va, à regard des dispositions des provincesde TOuest, après la constitution civile dn clergé et en présence de la violence que Ton voulait y faire aui consciences catholiques, un document très-important, c*est le rapport de Gensonné et de Gallois, commissaires envoyés dans 1 Ouest par TÂssemblée constituante. Voici ce rapport de témoins certes, peu favorables aux idées qui inspiraient une résistance aussi légitime que modérée. « L'époque de la prestation de serment ecclésiastique a* été pour le dépar-
i^rle de leurs droits, et la rêrocation des décrets conœmaDl le cier|:é.. Les trob ooounissa^res envofés eu Alsace trouvèrent une grande irntatioo dans le peuple. Ih furent mal reçus à Strasbourg, et faillin^t être assommés à Colmar. Une société d*union qui s'était fonnèe à Sti'asboor^,oûfnposèede quinie cents citoyens se donnant le nom de cmikû^iqmis, &poitoliqmes et romams existait toujours, quoi qu'elle eût été suspendue et dêDonoée par Faccusateur public... Son but ^taii. comme on le disait, de s opposer, mèmepar la violence, à l>jLèculH>n des dècrelsde 1* Assemblée relatif au dei^é... Les mon- \>MiieiUs de I Ouest ont oùmmencé d mnie en Alsace par des pétitions faites daiis des réunions populaires ei au milieu d'une grande efferne^conce : mais ces pétitions sent plus pressantes et plus énergiques. On T dèdart frandiement Tintentioo de s*opposer à Texéculion de la kN du serment et de refNwsser tout prêtre assenneiité. Ces dodaratiôns partent à la lois d'an ^jand nombre de communes et fiiiiiU pr>e!ss«nlir une opposîlKMi ^lênérale et éner^gique. Les directoires d«ts départements en sont aUmiès et demandent aux comités de TAs- $eml4ée lat^onaie des commissaires et des troupes. (BiUùire de VEfim éf Fruêit pmdêmi U Rn9imiim, par IL TaUié Jager, t. D,