RAPPORT DE GENSONNÉ ET GALLOIS
tement de la Vendée la première époque des troubles^ jusqu'alors le peuple avait joui de la plus grande tran« quillité. Éloigné du centre commun de toutes les actions et de toutes les résistances^ disposé^ par son caractère naturel^ à r amour de lapaix^ au sentiment détordre^ au respect de la loi, il recueillait les bienfaits de la Révoluiion^, sans on éprouver les orages... La religion, c'est-à-dire la religion telle qu il la conçoit, est devenue pour lui la plus forte et, pour ainsi dire. Tunique habitude de sa vie.,. La constance du peuple de ce département dans Texercice de ses actions religieuses, et la confiance illimitée dont y jouissent les prêtres auxquels il est habitué, sont un des principaux éléments des troubles qui l'ont agité et qui peuvent l'agiter encore. »
C'est-à-dire, on apporte à une population profondément religieuse un schisme qu'elle ne peut accepter; la philosophie du dix-huitième siècle, sortie des salons de Paris, et devenue révolution démocratique, mais toujours voltairienne , veut imposer ses réformes aux campagnes de la Vendée : il n'y a plus de municipalités, dans cette contrée catholique, parce qu'elles ont refusé de mettre la main sur l'Église de France, en renvoyant les curés légitimes et en acceptant les intrus qu'on voudrait leur imposer; la garde nationale s'est retirée en majorité pour ne participer à aucune des mesures qu'entraîne la constitution civile du clergé, et ce qui en est resté conserve le même esprit et n'entrerait aucunement dans les plans de 1 Assemblée constituante: voici donc que la souveraineté du peuple ne veut pas se soumettre à la souve-
* Donc il n y faisait aucune opposition, d'après le témoignage même de Gensonné» iîitur Girondin.
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raineté du peuple, telle que le conçoit TAssemblée, et qu'elle met le devoir envers Dieu et la conscience avant toute obligation civile! Comment trancher un tel différend? 11 en résulte, d'après les commissaires de l'Assemblée, que a la plupart des cures sont encore desservies par les anciens pasteurs ; les nouveaux élus, effrayés de la perspective des conlradi(*.tions et des désagréments sans nombi^ que leur nomination leur prépare, n*y répondent que par un refus. »
Ceux qui osent accepter, ces prétendus élus du peuple que d*infinies minorités ont choisis, a dans des paroisses de cinq à six cents personnes n'en ont que dix ou douze à leur messe. »
Les populations de la Vendée invoquent la liberté religieuse qu'on leur avait promise, et qui leur sera refusée : (( II est un autre point, ajoutent les commissaires de l'Assemblée, sur lequel tous les habitants des campagnes se réunissaient : c'est la liberté des opinions religieuses qu'on leur avait, disaient-ils, accordée, et dont ils devaient jouir *. Les campagnes voisines nous envoyèrent de nombreuses députations de leurs habitants, pour nous réitérer la même prière. « Nous ne sollicitons « d'autre grâce, nous disaient-ils unanimement, que d'a- « voir des prêtres en qui nous ayons confiance.» Plusieurs d'entre eux attachaient même un si grand prix à cette faveur, qu'ils nous assuraient qu'ils payeraient volontiers, pour l'obtenir, le double de leurs impositions. Et cette transaction eut lieu dans quelques localités. Les popula-
I II parait qu'on la leur refusait et que, d'après le principe de Uoussfiau, on voulait les forcer à être libres \
* Voir le Ctutrti jwcmI.