ON POUSSE A BOUT U VENDÉE
tîons de la Vendée étaient si calmes et si disposées à accepter les changements politiques apportés à Tétat de la France par TAssemblée constituante, qu'elles se montraient disposées à supporter même le voisinage des prêtres assermentés, pourvu qu'on leur laissât la liberté de conscience, et, dés qu'on paraissait leur en faire la promesse, en leur disant que cette liberté était garantie par la constitution. Ainsi, comme l'attestent les commissaires de l'Assemblée, dès qu'ils eurent donné même une sorte d'assurance à cet égard, « dans plusieurs communes, on avait afBché des placards par lesquels les habitants déclaraient que chacun d'eux s'engageait à dénoncer et à faire arrêter la première personne qui nuirait à une autre, et surtout aux prêtres assermentés! » Les faits étaient assez clairs, les dispositions pacifîques de ces religieuses populations assez évidentes en face des violences de la populace parisienne et de son intolérance antichrétienne; on verra bientôt, on a déjà vu, à qui l'Assemblée constituante donnait raison ^
* Ceux qui s'étonnent de la fondation du christianisme ne se rendent pas assez compte de l'état où était le monde quand le christianisme a paru. « Les chrétiens à Tamphithéâtre ! » s'écriait le peuple de Rome; « Le^ prêtres à la lanterne! » s'écriait le peuple de Paris au dix-huiliéme siècle. Quand on pense à ce que c'était que ce siècle, que nous allons étudier de plus en plus dans ses conséquences, on reconnaît que la situation est la même : la prostitution à la place de la chasteté chrétienne, et, dans un roman philosophique de nos jours, dans les Mystères de Paris, de M. Eugène Sue, honteux mystères, Fleur-de-Marie au lieu de la sainte Vierge. Presque sous la même forme, tout à 1 heure, en présence de la déesse Raison, la lutte de Tespritavec le corps va recommencer. « La chair ne sert de rien, » disait l'Évangile « la chair est tout » disait le dix-huitième siècle sous mille formes, et c'est le corps qui a raison C'est ce
4lii CHAPITRE VIII.
L* Assemblée, et celte partie de la population qui répondait à ses idées, qui l'enlrainait elle-même sous Tinfliuencc des clubs, de celui des Jacobins comme de celui des Cordeliers, et d*une presse qui n'était que la queue de la philosophie du dix huitième, continuée par Sieyès dans son célèbre pamphlet, marchaient à un résultat qui était diamétralement opposé aux sentiments, aux convictions de la Vendée et de la Bretagne, de l*Ouest et du Midi, à ta loi, aux mœurs de toute cette partie de la France qui était restée la plus pure et la plus chrétienne, la plus tidèle à cette civilisation que le christianisme était venu fonder dans le monde.
C'était là qu'était avant tout la question, et tous ceux qui ne voulaient pas la voir où elle était, devaient se tromper, malheureusement pour la France.
Le cours des événements, les idées et les iaits^ qui en seront les résultats, le prouveront en eflet de plus en plus: deux civilisations sont en présence, celle du corps et celle de l'esprit; mais à quelles conditions la civilisation du corps pourrait-elle triompher? telle est la question. A quelles conditions un paganisme nouveau, où l'homme avec ses droits devrait l'emporter, où l'homme, avec ses vices mômes, monterait sur Tautel de Notre-Dame, pourrait-il s'emparer de la société, et comment une société chrétienne pourraitelle sortir du christianisme? C'est ce qu'on allait tenter: la révolution, on le reconnaîtra, n'était pas autre chose que cette tentative.
Nous entendrons des plirases, et en grand nombre, et de fort belles^ mais on veiTa à quoi elles aboutiront, ce qui
que devait signifier bientôt une fille publique sur Tautd de ISotre-ftune, Vénus tombée du salon dans la rue.