‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 3)Chapitre 140 sur 183 · GUERRE DÉCLARÉE AU CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

GUERRE DÉCLARÉE AU CHRISTIANISME

résultera des promesses de liberté, quel gouvernement représentatif on donnera à la France, ce qu'on fera de l'homme au nom des droits de l'homme et de cette liberté même qu'on venait donner à la France, et si on prétendait vraiment nous y mener, quel chemin on prenait pour y arriver, comment les noms les plus beaux seront prostitués et avilis, éteints et noyés dans le sang!

Nous ne sommes point pressés de feuilleter de si tristes annales après les premiers crimes qui ont déjà signalé la Révolution; nous reculons plutôt devant la persécution religieuse qui va nous ouvrir cette ère où, d'une théorie qui voulait tout renouveler dans le monde pour tout soumettre à Tesprit humain, on allait réellement passer à l'application en s'efforçant de supprimer une religion qui oumet tout à Dieu.

Il y avait des hommes du dix-huitième siècle qui auraient demandé volontiers, comme Bailly, que le christianisme fût immédiatement supprimé dès qu'il résistait aux décrets de l'Assemblée, à la souveraineté de la raison humaine.

L'élan des idées du dix-huitièmesiècle et de la Révolution devenait déplus en plus rapide : on pourra en juger, après la mort de Mirabeau, au langage de l'évêque constitutionnel de Paris, où la transition du catholicisme à 'incrédulité pure n'était pas même dissimulée, et l'on ne dut pas s'étonner que Bailly, incrédule lui-même, l'eût installé à la place de M. de Juigné.

Mais, pour achever de caractériser l'espri^ qui domine la Révolution, arrêtons-nous un instant devant un homme qui a évidemment aspiré à un grand rôle politique dans cette Révolution.

Nous venons de nommer Mirabeau.

4(i CHAPITRE VIII.

Nous avons indique déjà le bul qu*ii se proposait, celui de faire triompher un système plus monarchique dans la situation qui était faite à la France : il se flattait d'effacer, par un ministère glorieux, toute la première phase de sa vie publique, de faire non pas une contre-révolution, mais, comme on Ta dit, une contre-constitution^ en délivrant le roi de sa prison de Paris et en le plaçant dans un centre nouveau, dans une ville * où il eût pu convoquer une nouvelle assemblée.

Pour les admirateurs d'une intelligence comme celle de Mirabeau, ce serait peut-être une étude curieuse que celle des efforts qu'il avait tentés, des progrès qu'il avait faits dans l'esprit du roi et de la reine, malgré son passé, et la part qu'il avait eue lui-même à l'anarchie qu'il déplorait ; or, il y a ici un grand fait qui domine toutes les tentatives de ceux qu*on appellera, si l'on veut, les politiques de la Révolution, et dont, par le talent oratoire au moins, Mirabeau est assurément le premier, c'est l'impuissance de la politique, ou de ce qui voudrait être la politique, dans cette Révolution.

On en a déjà eu la preuve dans cette grande dé&ite de Mounier et de ses amis, dans leur retraite après les journées d'octobre.

* A Rouen, ffirabeau jugeait ainsi hûnoDènie le Pians révolutioii' iMÎre de 89, la capitale de la philosophie et de la Réfolation : « L'unique moyen de salut, disait-il, est d«is une coalition immédiate du roi avec ses peuples ; mais cette coalîtioa ne peut se lier à Paris ^i m^ONlil tomi^ à Paris qui verni être tout le wigamne, à Paris fite tes pnmmces eûnsidèremi comme damuMmt rassemblée, à Paris <f«ri «r perd et (pà perd bmU à Paris qu'il faut ramener à Tordre, 3i la modèiaiion. qu'il faut arrarher à sa propre anarchie. » (Mémoire <ie Mirabeau» pour le roi, après les journées d'octobre, publié par M« Uicas Montai dMis les MtaOTfs ik JKraftnw, t. YU» p 551.)

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