‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 3)Chapitre 147 sur 183 · GOBEL · texte numérisé non relu

GOBEL

lait ensuite du patronage de Mirabeau, dont il se louait comme évoque, en même temps qu*il rendait hommage

Mirabeau, c'est cet homme vertueux à qui la religion et l'honneur étaient si chers, qui nous a constitué votre évêque légitime : c'est lui dont la main pure nous a placé sur le siège de la capitale; et jamais, non jamais, ni nos principes, ni notre conduite ne démenliront une si sainte origine... Nous-même avons eu besoin d'être formé par ses conseils et dirigé par ses leçons. De misérables préjugés nous avaient accompagné jusqu'ici et pouvaient alarmer notre foi et effrayer notre conscience. Nourri de l'étude de la théologie, nous n'avions attaché que de fausses idées à ces mots de communion catholique, d'autorité ecclésiastique, de chaire apostolique et romaine : peut-être même avons-nous à nous reprocher, nos très-chers frères, d'avoir osé publier jusque dans la tribune nationale, et dans un temps où l'avenir ne pouvait se découvrir à i:os regards, une doctrine si contraire à celle que nous professons aujourd'hui... « Laissez-nous, « s'écriait-il (Mirabeau) dans une occasion plus récente, décréter • ce serment qui n'est bon que pour vous, et ne vous oblige à rien. // « nous faut des prêtres civiques y des curés civiques, des évêque^ cif viques, une religion todte civique ; et vous dont le civisme est connu, « vous serez placés, sans effort, sur tes sièges abandonnés de ceux qui « ne le prêteront pas... » Quelle grâce touchante, quelle douce persuasion accompagnait ces paroles onctueuses ! Et que Teffet en a été brillant et rapide ! Paris, Blois, Soissons, Autun, vous toutes cités épiscopales, vous nous avez reconnus pour vos pontifes. Élevez maintenant vos têtes orgueilleuses, ei réjouissez-vous de posséder dans votre sein des prélats créés par Mirabeau, sectateurs zélés de sa doctrine, imitateurs fidèles de ses vertus... •

Gobel terminait ainsi ce mandement tout philosophique : « A ces causes, nos fidèles coopérateurs assemblés, et le serment civique renouvelé, nous ordonnons que le présent mandement sera envoyé à chaque département, chaque district, chaque section, chaque canton, chaque municipalité, chaque tribunal, chaque juge de paix, chaque corps de garde nationale et chaque prêtre assermenté de notre diocèse; que l'original, signé de nous, sera déposé dans les archives de notre métropole, et qu'en tête de l'ouvrage ces mots seront inscrits en gros caractères :

« A HlRABEAl', PERE DE NOTRE ÉGLISE *. 9 * Histoire pntlementaire, I. IX, p. A^'i.

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à l'esprit religieux de celui qui avait annoncé, peu de temps auparavant, la fin du christianisme en pleine Assemblée : dérision qui était une insulte de plus pour la religion dont Gobel se présentait comme le ministre.

Le texte même de ce mandement, accepté par la majorité de TAssemblée constituante dont Gobel faisait partie, suffit pour donner son vérilable nom à celte Église, non pas constitutionnelle seulement et livrée à l'autorité civile, mais philosophique, placée effrontément sous le patronage des vertus, des mœurs sans doute et de la doctrine de Mirabeau, qui venait de mourir incrédule en disant h son ami Cabanis, comme un païen, mais comme un païen qui paraissait même n'avoir aucune idée d'une autre vie : a Mon ami, je mourrai aujourd'hui ; quand on en est là, il ne reste plus qu'une chose à faire, c'est de se parfumer, de se couronner de fleurs et de s'environner de musique, afin d'entrer agréablement dans le sommetl dont on ne se réveille pltts *. »

Pour achever de caractériser une situation dont le développement logique ne peut que frapper tous les esprits, ù quel(|ue point de vue qu'ils se placent, quand la constitution civile du clergé et le serment ecclésiastique venaiontd'iHiv votés et mis à exécution, quandle mouvement antiix'ligieux, sorti du dix-huitième siècle, avait déjà fait monter sur le siège de Paris un évêque comme Gobel, qui appelait Mirabeau le père de la nouvelle Église^ des funé-

• * Kii nwlit^n> do ivH:ioii. dit Droi (t. m, p. 282), la philosophie k\^ Miin\he»iu tétait un triste niékii^ de scepticisme et d mcréduUté. tVjHHutai^t il crtU devoir aux couTenances de passer trois quarts vrUtHuv stnd avei^ uu ecvlè>^tique. » Kl Droi ajoute en note : • LauHmi^me» irr^ue cxmslitHtkmHfl de L\»n. b Cétait sans doute pour i^l« \|Uf^ Ch^h^ r;jip(vbit le IVre de F^^tise ooosthutioimeUe.

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