II
:Ai ClIAl'iTHb 11.
La réunion des trois ordres excila le plus vif eiithousiusine dans la ville de Versailles; la fouie remplit bientôt les cours du cliâleau et demanda à grands cris le roi et la reine, qui se présentèrent sur le balcon. Necker, M. de Monlmorin, le duc d*Orléans et Bailly, partagèrent rcs acclamations qui célébraient la victoire du tiers état. Mais le mouvement des esprits à Versailles n est qu'un détail en présence de la situation de Paris lui-même et dos émotions populaires qui s'étaient manifestées depuis la convocation des états généraux.
Pour bien comprendre une telle situation, il faut renionlrr un peu plus haut que cet événement.
Après Tagilalion naturelle produite par les élections Mii(« Ninlont(* énioMte, on ne l'a pas oublié, avait montré h»'. élénuMils dr désoidre que renfermait Paris',
Siins rovonir iri sur les causes diverses qu'on a pu as- 'A\^\m' {[ rr mouvoment populaire, un fait était resté cer- I(MU| rVxHl qu à lu \eille même des états généraux il y uNdil. (((UiH l'ulniospbéiv même de la grande ville, quelque rliMMMrounuuuné, pour ainsi dire, et que, avec ou sans ruuiplolH, uuromlmL où plusieui^s milliers d'hommes se IroMNMionl ou^u^és, s'élait livré au milieu de Paris, avec do»* «u lo>t ih> barlmrio sauvage, conti*e la propriété d'un lldulrunli liU do sos univros. qui échappa difficilement à \\\ u\orl doni lomouavaiout losomeutiers*.
f<\\\\^ no voidons ivrlos pas inmlondre avec ces dispo- '>iliou') populaiivs IVsprit qui animait alors à Paris les iMoolour^ \\\\ \m^y o( Taolo \K\r lequel ils i^ésolurent de
* \^\ \\X\w\m\ A Uow'^iUv^^, cIh n \lo M^ \m\rK»r^« qu il avait nourri:? \u*^^vl«M*\ l\^ Iv^uU^lv^ luw^v dv^ Ï^S ;^ M^ vr-twnr dil que • les ouvriei^s l^mv^u^^^ ^hvv^wv ^^^«uv>\vU v^rj\Hu\ »
LES ELECTEURS D£ PAHIS. 51
se constituer en assemblée permanente pendant la durée des états généraux^; mais cette décision des électeurs parisiens, dont les conséquences se montrèrent bientôt, appartient à une situation qu'il importe de bien connaître.
Où des électeurs prennent-ils le droit, après avoir nommé des députés, de survivre à Télection même qui est leur unique mission, et de créer à leur usage un pouvoir indéfini dont ils ne rendent compte à personne dans cet Hôtel de Ville dont Tinfluence est si grande dans une capitale comme Paris? Il semble qu'à Tépoque dont nous nous occupons, le moment des initiatives exlraordinaires des pouvoirs improvisés soit arrivé, et qu'en présence d'un esprit nouveau, que rien n'arrête, Taulorité recule comme si elle n'était pas sûre d'elle-même. Necker, en effet, consentit aux réunions des électeui's dans une des salles de l'Hôtel de Ville, où leui's séances furent publiques : ce nouveau pouvoir, qui s'organisait avant même les états généraux, fut l'origine de la commune de Paris.
Les électeurs, comme s'ils avaient formé une institution régulière et qu'ils eussent un caractère ofliciel, envoyèrent une députation à rAssemblée nationale pour la féliciter des décrets qu'elle avait elle-même rendus, et de son avènement au pouvoir.
Cette situation, uniq^ie dans l'histoire, mérite une attention sérieuse :
[ Une émeute, qui ressemble à^ une insurrection, vient
* Le procès-verbal de cette assemblée des électetu^ parisiens se résumait dans farrêté suivant : « L'assemblée a jugé qu'il était nécessaire qu'elle se constituât pendîuit la tenue des prochains étals yéné» ratix, pour correspondre avec les députés. »
.Vi CllAMTfŒ il
(rf)riMiiiiKlunlcr Fari.s; il semble cependant que le premier iM'woin, In seule pensée du moment, est de tout mettre en fh'ilih/Taliun. (l'est peu que douze cents membres, qui lornirnl les ôtnls généraux, soient réunis à Versailles, il l'ntil uri() iissoinblée d'électeurs à THùtel de Ville; mais rnlln nsw^mbléc ne suffit pas encore, il faut qu'il y en ait unn troiniéine de jour et de nuit au Palais-Royal, dans ce vitnlo rhil) en plein air qui se renouvelle sans cesse et qui rnnlntliKf^ (ont le mouvement, toute Tagitation des idées iHMivnlIeM.
Pour npprécier l'influence de cette tribune, de ce forum mnm loifi ni police, de cette émeute qui délibère au Millinn d'ornlours improvisés, livrée à toutes les influences (<l II loiiloM loH impressions parisiennes, il suffit de consullor loi lliilM.
l'oinhiiil qiK^ rassemblée du tiers se déclare nationale, tîiMivoiiMiu» ol roiistiliiante, la rue ouvre aussi son asscm- \\Uv\ \iiHHnnhli^(* dv la capitale, comme Ta appelée M. Mi- Uiioli iImii'* h> jnniiu qui devient une sorte de jeu de pMiinin PII p(»rin»iuMu:e. Tu des modérés de l'Assemblée I iMii)llliiinilO| llabnul Saint-Ëtienne, indique ainsi Tinter- UMilliMi (lu PalniH-Hoyal dans la politique du jour : « Le l'iiliiit» lloyiil (''liiil lo reiulez-vous de ceux des citoyens i|iruiM'Mpiill vivtmnkt la chose publique; il ne désemplissait in h^jimr ni la nuit, A chaque heure, à chaque moment. Mil y pni'lait dos nouvelles de Versailles et des périls i|iriiviiiniil r()unis lcui\^ députés^ et de leurs craintes sur l'uviMiir'. M {)r con pmis se résumaient jusqu'alors dans lu Irloiiipho (lu tiers el dans la réunion des deux ordres l\ lu nouvelle Assemblée.
» Pvmihiiloriqtw de la hevotHiwnitwiçaise.p, iiS et 149.