‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 3)Chapitre 16 sur 183 · ETAT DE PARIS · texte numérisé non relu

ETAT DE PARIS

Rabaut Saint-Étienne, qui n*est pas un homme de dés. ordre, trouve nalurel que TAssemblée dont il est membre, ail comme une succursale dans ce club qui représente tout Tesprit révolutionnaire de Paris, où chaque chaise est une tribune dont tout agitateur peut s'emparer.

Mais à côté des électeurs de THôtel de Ville organisés en assemblée, et du club du Palais-Royal, qui était comme la fièvre même des idées à Tordre du jour, en face de l'Assemblée constituante, qui avait à régulariser une telle situation, il faut examiner l'état de Paris.

A Versailles, des cris tumultueux avaient demandé le maintien de Necker au ministère et Pavaient obtenu; lorsqu'on apprit à Paris la réunion des trois ordres, l'enthousiasme éclata avec des élans de joie qui n'empêchaient pas, dit M. Louis Blanc, a les manifestations violentes. » a L'autorité militaire, continue cet écrivain, s'en effraya au point que quatre compagnies des gardes-françaises eurent ordre de charger leurs fusils à cartouches. Elles désobéirent, forcèrent leurs casernes, parcoururent la capitale encriant : Vive le tiers état ! Nous sommes les soldais de la nation ; et ^suivis d'une multitude immense^ plus de cent gardes arrivèrent au Palais-Royal demandant à fraterniser avec le peuple et portant de grandes coupes remplies de vin. Versailles avait embrasé Paris, Paris embrasa la France*. »

Ces paroles n'ont pas besoin de commentaires, et l'indiscipline militaire triomphant au Palais-Royal, où elle va fraterniser avec le grand club qui agile Paris, suflii-ail pour caractériser la situation de la capitale.

* Histoire de la dévolution française, par M. Louis Blaw. i <( p. 314.

5t CHAPITRE II

Dès le 27 juin, le jour même où la noblesse s'était réunie au tiers état, Mirabeau commençait à s'effrayer des passions ràvolutioimaires, et il conseillait h la nouvelle Assemblée de se garder des auxiliaires séditietix^. Il semble (|u'il aui^it tlabord fallu demander la fermetui-e du club du Palais-Royal; mais cette pensée ne s'offrait même pas ;\ Tesprit des plus modérés, ce qui est encore un indice iHMnaiH)uable de la situation. Chaque jour cependant elle steuiblait devenir plus claire, et, d'après les règles ordinaiit^s de la politique, il eût été facile d'en apprécier la )M)rtée si la confiance et la foi dans les idées qui triomphaient , et auxquelles l'avenir paraissait réservé, n'avaient pas ci^, pour beaucoup d'intelligences, une logique, une |K)litique toutes nouvelles.

Ijb 50 juin, deux jours après la mauifeslation des gardes françaises, un nouveau désordre éclate et part du Palais-Royal, dont la foule commence à réviser les décisions de l'autorité militaire.

Les princiiMiux agitateurs du Palais-Royal se trouvaieni réunis au café de Foy, ordinaire théâtre de leurs conciliahnles^^ loi^u'ils apprirent, par une lettre qu'apportait un inconnu, Temprisonneraent à TAbbayede onxe gardes françaises, pour avoir refusé de chai'ger leurs armes à cartouches. Loustalot,célèbi^ journaliste de l'époque, monte innnédiatonient îi la tribune, sur une chaise du Palais- Royal, et se oonlonle, pour tonte liarangue, de jeter, à la Ibulo (|u1l est srtr d'y tixiuver, ce cri significatif: A TAb-

I Moniteur liu ^7 juin I7SU.

♦ tlkfoiiYtle ta He\i>tHtioH />tiwo»w. par M. I^^nis Blanc, l. U, p. 527 ol 54S, Nou^ «N-iuïs iv|u\><)uil l«s expi'essions mêmes de M. Louis Ulauo.

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