‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 3)Chapitre 153 sur 183 · LA RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

LA RÉPUBLIQUE

répandre partout ^ L*insulte au roi et à la royauté les accompagnait : une affiche placardée sur tous les murs de Paris, provoqua le peuple au renversement de la monarchie, en proclamant rimitilitéy les vices et les abus de la royauté.

L'Assemblée passa à Tordre du jour sur celte affiche. Le nom de celte république, qui était librement discutée et prêchée dans la classe ouvrière, retentit de plus en

de la déchéance et de rétablissement de sa répubKque se discutait à l'amiable entre collègues de ^Assemblée constituante connus par leur modération y entre membres du club de 89, M. de la Rochefoucauld, ancien grand seigneur, Dupont de Nemours, cet ami de Turgot et cet adversaire de Fémeute, la Fayette, qui, malgré sa préférence pour une république future, soutint provisoirement la monarchie dans une conférence qui eut lieu chez M. de la Rochefoucault. Dupont de Nemours avait posé la question, et la Fayette conclut en affirmant que Timmense majorité du pays ne voulait point de la république. C'était, au reste, comme moyen de mettre un terme aux anxiétés et aux périls de la situation, et pour prévenir une république sanglante, qu'après le retour de Varennes, un ancien homme de cour comme M. de la Rochefoucauld, fort épris des idées américaines, proposait à un autre homme de cour, M. de la Fayette, de prendre les devants et de travailler sans doute à une utopie de république comme on venait de travailler à une utopie de monarchie.

* Au club des Jacobins un démocrate qui s'appelait Antoine et qui joua un rôle au 10 août, avait donné au roi les noms de parjure, de lâche y de cruel et de traître. Il avait appelé la reine ï horreur de la nation. (Histoire parlementaire, t. V, p. 340.) On criait au Palais- Royal : Plus de roi, soyons républicains ! L'abbé Fauchet, évêque constitutionnel du Calvados, s'exprimait ainsi dans le journal qu'il publiait, la Bouche de fer : « Il n'y a plus à délibérer : le peuple libre et çpuveraia s'est couvert en regardant avec mépris le ci-devant roi. » Voil^ enfm un plébiscite, et la république est sanctionnée. (Histoire parlementaire, t. V, p. 337.) L'Assemblée constituante tolérait tout et ne faisait rien pour s'dpposer à ae telles manifestations pas plus qu'elle ne l'avait fait aux déclamations et aux fureurs de Marat. Il paraît que c'était là de la liberté.

plus. Condorcel, un des disciples les plus aimés de Voltaire, Tannonçait, la proclamait dans un discours public, au Cercle social. Parmi beaucoup d'autres brochures qui demandaient la déchéance du roi, on en remarqua une qui avait pour litre : Le grand jugement rendu par le peuple contre Louis XVL

Enfin, la question de la déchéance de la royauté et de la République fut discutée à l'Assemblée elle-même.

C'est alors que Barnave, en présence des partisans de la République, comme Pétion, Robespierre et Grégoire, qui ne se cachaient plus, demanda à l'Assemblée « si elle allait terminer la révolution, ou si elle allait la recommencer. »

11 est remarquable qu'une acclamation de l'immense majorité de l'Assemblée répondit à la question de Barnave : cette Assemblée croyait terminer la révolution en maintenant ce qu'elle regardait comme une monarchie, et ce qui n'en était que l'apparence ; elle n'en souffrait pas moins l'injure publique au roi dans tout Paris, et la négation de la monarchie dans son propre sein : c'était sans doute pour elle la conséquence nécessaire du droit de libre discussion ; mais, au milieu de ce culte de la théorie qu'elle pratiquait jusqu'à la fin, une émeute violente éclata, celle du Champ de Mars, provoquée par le club républicain des Cordeliers. Danton et Robespierre avaient l'un et l'autre contribué à cette émeute. 11 s'était agi de forcer la main à l'Assemblée par une pétition, qu'on aurait envoyée aux sociétés des départements, dont le club des Jacobins était le centre, et de contraindre, par le fait, l'Assemblée à prononcer sur le sort du roi autrement qu'elle ne l'avait fait en cherchant à ne point le juger; aux Cordeliers, on agit plus vite, et on organisa l'émeute du Champ de Mars, afin d'y recueillir, parmi

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