‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 3)Chapitre 160 sur 183 · EXAMEN DE QUELQUES OBJECTIONS · texte numérisé non relu

EXAMEN DE QUELQUES OBJECTIONS

termes mêmes elle but du combat, que des idées et des passions, sans application possible à cette politique régulière et sociale qui fait un gouvernement, ont animé les combattants.

Les faits offriront la dernière formule de ces idées et de ces passions.

Ainsi on a prétendu que la guerre et l'émigration les avaient surexcitées, et que, sans celte exaltation des esprits qui va devenir sanguinaire, la France n'aurait pu résister à l'invasion ; c'est là une excuse imaginée pour le besoin de la cause et un voile de gloire jelé sur les massacres de septembre comme sur tout le rôle de la Convention qui va succéder à la Législative.

Il est bien facile de comprendre l'importance de la question: si, en effet, la révolution a été provoquée, comme on là prétendu, soit à rorigine par les fautes de la Cour, vieux thème que Ton connaît, soit ensuite par l'émigration et par l'étranger, si ce n'est pas elle qui a pris une première et terible offensive, quand le roi, le clergé et la noblesse lui avaient fait les plus grandes concessions \ si ce n'est pas elle qui, par une sanglante anarchie, a rendu, dès l'origine, le régime légal impossible*;

* Le doublement du tiers accordé par le roi avant la réunion de l'Assemblée, l'abandon de tout recours à la force après la prise de la Bastille, quand le roi avait une armée de 50,000 hommes à ses ordres, la réunion de la majorité du clergé à rassemblée du tiers, la nuit du 4 août de la part de la noblesse et du clergé, la renonciation aux droits féodaux et aux dîmes, etc., etc. Les concessions du roi sont immenses, tout son règne n'est qu'une concession, et jamais la révolution li'a été satisfaite.

* Parlant du régime de la Terreur, Lally-ToUendal s'exprime ainsi : <f Je vous ai prouvé qu'il fallait le dater des assassinats impunis de Launay, de Flesselles, de Foulon, de Berthier, de Belsunce, du

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si ce n'est pas elle qui, sous la Législative, a jelô la France dans la guerre qui ne devait plus se terminerqu'en 1814 par rinvasion du territoire, on pourra attribuer à cette révolution des causes politiques relatives, et non pas une cause absolue, théorique, générale, elle n'aura pas son développement logique, et on ne la jugera point comme il importe de la juger, question capitale plus que jamais, parce qu'on perdra de vue sa cause véritable et dominante, ce principe de négation qui lui appartient, l'esprit même du dix-huitième siècle qui lui est inhérent, et auquel elle a emprunté toute son origine, comme toutes ses conséquences.

Mais à côté de la déclaration de guerre ^ à laquelle Louis XYI fut entraîné par le ministère jacobin ou gironrondin, comme on voudra, qu'on lui avait imposé % il y

maire de Saint-Denis, des gardes du corps, etc. (Défense des Émigrés, p. 132.)

* La guerre fut provoquée par les Girondins et les Montagnards» qui ne faisaient alors qu'un même parti. L'empereur d'Allemagne, Léopold, et Louis XVI avaient à cœur de Féviter. L'empereur avait « dispersé tout rassemblement de Français dans ses États, leur avait interdit tout achat, toute démonstration militaire*, t Quant à Témigration armée, voilà à quoi elle se réduisait : « Le 2 janvier 1792, le prince de Condé quittait Worms avec sa famille et sa troupe, que les récits les plus exagérés portaient à onze cents hommes.... Vous me direz qu'ailleurs étaient de plus gi*ands rassemblements. Oui, les frères du roi pouvaient bien avoir à cette époque trois fois le nombre d'hommes qu'avait le prince de Condé, c'est-à-dire trois mille six cents hommes, les uns réunis à Goblentz, les autres dispersés dans le Brabant **....»

* Ce ministère était composé de Roland à l'intérieur, de Dumouriez aux affaires étrangères, de Servan à la guerre, de Claviére aux finances, de Lacoste à la marine et de Duranthon à la justice. La déclaration de guerre eut lieu le 20 avril 1792.

* I-ally-ToIlendal, idem, p. 185.

'* Idem, idem, p. 186 et 187.

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