MOTIFS ET RÉSULTATS DU 10 AOUT
rien ne pul vaincre, le bonnet rouge mis sur sa tête, la tardive intervention de Pétion comme maire dans cet immense désordre : les Tuileries étaient devenues, on le sait, un vaste club, Pélion monta sur une chaise et harangua la populace qui se retira.
Les pétitionnaires du 20 juin avaient défilé devant TAssembiée avant de se présenter au château, et la majorité de cette Assemblée les avait admis aux honneurs delà séance; ces dernières paroles résumaient la harangue insurrectionnelle prononcée devant la Législative par l'orateur des pétitionnaires du 20 juin : « Nous nous plaignons, messieurs, de Finactionde nos armées ; nous demandons que vous en pénétriez la cause ; si elle dérive du pouvoir exécutif, qu'il soit anéanti I »
Tandis que les futurs membres de la Gironde parlaient et attaquaient le roi dans l'Assemblée, avec Tintention de décréter sa déchéance, les futurs Montagnards, qui voulaient se rendre maîtres du pouvoir, agirent. Danton et son parti firent le 10 août : le club des Jacobins en prit l'initiative : tout s'était préparé publiquement, ouvertement.
On sait comment, lorsque le siège en règle des Tuileleries était formé par l'insurrection, le roi refusa celte fois encore défaire verser le sang pour sa défenseet comment le conseil lui fut donné de se rendre à l'Assemblée avec la famille royale, comment cette Assemblée elle-même, sous le joug des insurgés et de la commune de Paris, renouvelée par rinsurrection, le livra à cette insurrection triomphante et à cette commune révolutionnaire qui était le gouvernement.
Tout ce qui peut encore surprendre ici, c'est que de tels résultats n'aient pas suivi plus promptement les 5 et