LE CULTE DE LA DÉESSE RAISON
peut en douter, et Tétude de leurs caractères peut olfrir un intérêt spécial, montrer à quel point Tindividualisme a été surexcité dans la Révolution; mais le grand intérêt, celui qui, aujourd'hui surtout, doit absorber Tattention de tous ceux qui réfléchissent, c'est la pensée, Teffort du dix-huitième siècle, que la Révolution, sans religion, comme sans roi, veut porter à ses derniers résultats, et dont elle fait, coûte que coûte, Texpérience en France et en Europe.
11 y a des faits qui parlent plus haut, à cet égard, que tous les raisonnements et qui marquent, pour ainsi dire, l'heure qui va sonner.
Le 7 novembre 1793, une scène se passait devant la Convention, qui, résumant toute la période parcourue, indiquait, s'il en avait été besoin, la portée de cette constitution civile du clergé, qui était devenue,- en même temps, la ruine du culte catholique en France et le prétexte de la plus sanglante persécution contre le clergé : Gobel, l'évêque intrus de Paris, venait officiellement abjurer le christianisme dans le sein de la Convention, et il y était hautement félicité de cette démarche par le président, au nom de l'assemblée ^
^ 11 s'était livré tout entier à la faction des athées, celle de Ghaumette, d'Hébert, d'Anacharsis Glootz. Ce furent eux qui, bientôt après, menèrent la Convention adorer, sur Tautel de Notre-Dame, la déesse Raison, dans la personne d'une prostituée toute nue.
Le discours de Gobel, que le Moniteur nous a conservé, était ainsi conçu : « Aujourd'hui que la Révolution marche à grands pas vers une fin heureuse, aujourd'hui qu'il ne doit plus y avoir d'autre culte public et national que celui de la liberté et de la sainte égalité, puisque le souverain le veut ainsi, conséquent à mes principes, je me soumets à sa volonté, et je viens vous déclarer ici hautement que, dès aujourd'hui, je renonce à exercer mes fonctions de ministre du
:m CHAPITRE XII.
La fêle de la déesse Raison, que nous venons de rap< peler, eut pour but de célébrer solennellement cette apostasie dans la cathédrale même dont le schisme constitutionnel sétait emparé; le matérialisme athée, celui qu'avait enseigné le système de la nature^ quand il proclamait 1 atliéisme cl la république en 1770, triomphait de la manière la plus éclatante en 93, vingt-trois ans après.
Ktait-ce ainsi qu il avait cru triompher, et les athées du dix-huitième siècle voulaient-ils faire celte situation à la France, s étaient-ils attendus à ce qu'une prostituée devint la formule vivante de leurs idées, acceptées publiquement par une Assemblée française? Ce qu'il y a de iX'rlain, c'est que le fait s'était produit : on avait vu plus que Diderot, le protégé de madame de Pompadour, à TAcadémie, comme le voulait Voltaire, on avait vu Talhéisme onicicl, le matérialisme vainqueur, le corps triomphant, celle «cliair qui ne sert de rien» suivant l'Évangile, affirmant sa corruption et sa honte sur l'autel du Dieu de l'Évangile, de celui qui est venu réformer, purilier le monde I
riusieurs évèques intrus imitèrent l'exemple de Gobel, et dans les séances qui suivirent apostasièrent comme
aille cjittH^îque. En oonséqueiice. dous tous remeltons tous nos
Lo iWsHient tie la Convention félidta Gobel de sacri6er ces hochets ffêkiq^mà^ l^saperstiHon (style da dix-huitième siècle), et d'abjttrer
V\$:si»Xkï4^ rmdit les plus grands honneurs à Tapostat, qui, dépo- «Mil !^ cy\>ix et s^w anofmi. mit le bonnet ronge.
^^bel fîit guillotiné, quelque temps après» arec Chaumette et les thd^ de $a iiKiHW. Avant de inoorûr, il se repentit et s^efTorça d'e^|Mer« par une fin chrétienne, ce qu'A appelait, avec raison, ses