L'ANARCHIE POLITIQUE ET L'ATHÉISME RELIGIEUX
Or, la faction de Chaumelte et d'Hébert, qui avait poussé Tévêque constitutionnel de Paris à l'abjuration du christianisme devant la Convention, avait fait décréter par la Convention que le culte catholique serait remplacé par le culte de la raison^ c'est-à-dire par l'athéisme officiel ^
La situation, qui était arrivée comme à son dernier terme^ ainsi que le fait observer avec raison M. Mignet, mérite l'attention la plus sérieuse. Elle est indiquée avec une netteté parfaite par cet historien : « La faction municipale, dit-il, était le dernier terme de la révolution. Opposée de but au comité de salut public, elle voulait, au lieu de la dictature conventionnelle, la plus extrême démocratie locale, et, au lieu du culte, la consécration du matérialisme. L anarchie politique et l'athéisme religieux j tel était le symbole de ce parti *. »
Robespierre, au nom du comité de salut public, opposait son culte, celui de l'être suprême, le déisme de Rousseau, cette autre fiction philosophique, au parti qui, athée, voulait installer Tanarchieau pouvoir.
Qui ne reconnaîtrait ici la logique des idées et l'application formelle dans les faits de la philosophie du dix-huitième siècle? M. Mignet, un des écrivains dont le talent a tant contribué, par un habile agencement des faits, à donner au mouvement révolutionnaire de 89 l'apparence d'un mouvement surtout politique, destiné à exercer une action politique durable, à organiser, d'après un nou-
* Mignet, Histoire de la Révolution, t. If, p. 45.
a Les églises furent fermées ou transformées en temples de la Raison, et l'on élablit dans toutes les villes des fêtes qui furent de scandaleuses scènes d'athéisme. »
^Ibid,
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veau plan, les sociétés européennes, ne peut retenir, en présence d'une telle situation, Taveu suivant : « Une révolution est reflet des divers systèmes qui ont agité le siède dont elle est originaire. Ainsi, pendant b durée de la crise en France, le eaikoUciswie uUroMumtmm fut rq>résente par le dergé réfradaire ; le jansénisme par le dergé constitutionnel; le dttsme pkilouffkiquêj par le culte de rÈtre suffrémej cfu'institua le comité de salut public ; le matérialisme de la sodété d'Holbach, par le adie de la raison et de la nature j que fit décréter la commune ^ »
Or, la dernière conséquence de tout le mouvement philosophique est celle-d : L'avenir de la société française débattu par l'échataud, par la mort, M. Mignet va nous le dire lui-même, ealre le dmme et l'athéisme philosophiques!
Ces athées, que redoutaient le grand Frédéric et Voltaire, les athés de la « sodété du baron d*Holbach, » comme les appelle avec raison M. Mignet, jouait les destinées de la société française sur le dé de leurs théories, avec les déistes de Voltaire et de Rousseau, qui, au nom des plus belles utopies « de vertu, de fraternité, de liberté, » les guillotinent, et d'Alembni n'est plus là pour dire« que, sur une questicm cranme odle de Texistoice de Dieu, il n*y a qu'une o|Mnion raisonnable, cdle-d : « Qu'ai savons-nous? m Comme chacun, dans sa théorie, a surtout son ambition, sa personnalité en vue, comme c'est l'homme, avec sa raison, sa volonté que la philosophie du dix-huitiéroe siéde a mis au-dessus de la religion, que Ihommeet la raison qui triomphent, prétendent s'affirmer à tout prix, cette phUosc^hie, de ruine en
* Hisioire de la BtwlutUm^ par M. fignel, U U, p. 43.