‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 3)Chapitre 18 sur 183 · LE CLUB BRETON · texte numérisé non relu

LE CLUB BRETON

On remarquera qu'il n'est pas question un instant de remonter à la source du désordre si grave qui vient de se produire, et d'informer contre les agitateurs du Palais- Royal, contre Témeute qui ouvre les prisons militaii^es; à dire vrai, c'est l'émeute elle-même qui, sous le nom du Palais-Royal, envoie une députation à rAssemblce, et le compromis qu'elle accepte, c'est que les soldats coupables rentrent en prison pour la forme; les électeurs de l'Hôtel de Ville exigent leur mise en liberté immédiate.

Déjà, sous le nom de club Breton, le club des Jacobins s'était formé à Versailles*.

D'un autre côté, un conciliabule, formé des fami* liers du duc d'Orléans, existait à Montrouge'. La disette, suite d'une mauvaise récolte, aggravait une situation déjà si difficile, et, comme si la capitale eût pu nourrir la France entière, quand elle avait tant de peine à s'approvisionner elle-même, des masses d'hommes affamés, qui fuyaient leurs provinces, affluaient en ce moment à Paris, où déjà la misère, la rareté et la cherté des subsistances, venaient ajouter aux périls du pouvoir.

Mais il y avait, dans celte situation, un fait bien plus considérable que les désordres même de la rue, c'était le changement profond, radical, que les actes de la nouvelle Asseifnblée avaient apporté dans l'État.

Quelques jours avaient suffi pour développer cette situa-

* « Le club Breton comptait à cette époque, parmi ses habitués, Buzot, Lanjuinais; l'abbé Grégoire, Robespierre. (Louis Blanc, Histoire de la Révolutim, p. 331, t. II.) M. Louis Blanc ajoute que ce club € confinait au peuple. » Il signale aussi Adrien Duport comme un des tf plus hardis du club Breton. ï>

* Louis Blanc, t. II, p. 331 .

fA CHAPITRE II.

lion ; on en trouve la formule dans un aveu bien remarqiialile Ait liali2iutSaint'Ktienne.Cethistorien,àoôléd*un tffnlIiousiaKifie trés-sincére pour les idées qui onl fail la It/^volution, en fmrlîculier pour le Coft(ra/ social deRousmmUf noii« rksèle la pensée même de l'Assemblée consliluîinte «ur la situation de la monarchie, c La vérité èi^ii, dit-il, ^|ue /^ pouvoir du roi était susjiendu, dans le temps 0^1 les l'i^pr^'Hentants du peuple Taisaient une nouvelle ri)nstiliilion. Main TAssemblée n'osa jamais prononcer ce Miof;et, hgIoii l'expression de plusieurs membres, die jela un voilf rt^ligieux sur celte grande mais dangereuse vérité * .

thi n'a jamais rien dit de plus vrai, jamais l'esprit de Ili/'i>t'ie, aspirant i\ gouverner, non pas seulement la hance, mais le monde, n'a fait un aveu plus franc. Cet i»$pnt qu'il importe d'étudier dans sa logique, est telle* MUMii convaincu de la nécessité de son intervention, que, pour réformer une monarchie, il commencepar^t^j^^ndré; It* rni^ cl il le reconnaît lui-même, non sans une certaine

* l^n'tU liUtorique de la lyvolniiou fronçaise, par Rahnut Sainl-

« l.orsqiu» Bacon faisait sps premières oxiwriences, dit RabautSaiiU- ICliiMUiP dans ce u\6u\o ouvrage, lorsque Montaigne doufait, loi-sqne li^illy KH ralsait Vnvocat (jMval de lu philosophie, ils préparaient la révolution de Fraiiro. Mais les lumières de la raison appartiennent à Ions les penpies et à Ions les pays, et il n'est an pouvoir d'aucun po- (enlat et d'ancnn corps d'en retarder anjourdhui les progrès. Elle con- IJnuera donc son ouvrage avec celte lenteur et cette sagesse qui font nirtrir les évènenienls sans les précipiter; et, tandis que la France achèvera la lutte pènihio dans laquelle elle est engagée, les peuples de rMurope ne verront pas sans émotion s'accomplir ces destinées étonnantes de qui dépendent les destinées de Tmiivers. » (Précis historique de la fiêmliUiou française, p. iOI et >105.) du reconnaît liien ici le but général, universel, auquel tend la Révolution.

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