DEUX ESI>KITS CONTRAIRES
vernement, mais indispensable pour une sociélé qui ne pouvait resler dans la voie où l'avait placée Tancicn régime.
La lutte entre ces deux esprits contraires est l'histoire même de la Révolution i il suffit de l'indiquer pour que Ton comprenne la mesure de gouvernement qui répondit aux désordres et à l'agitation de Paris, à relTaccmenl cl aux périls du pouvoir, par une concentration de trou|)es.
Necker, toujours confiant dans son influence sur les masses, s'était opposé à cette mesure, que le conseil du roi adopta cependant.
Le roi donna le commandement de ces forces au maréchal de Broglie, et un camp fut établi au Champ de Mars : c'était évidemment une attitude de résistance.
hilu.iliuii ilr lu iiitumn hie. — HêsultaU de la vicloire du liers éUl. l/..nlin »\linml»V - liitciilions uUrihuêcs au pouvou* ixiyal. — 1^ s^^' hhiil (lu JiMi iW lumuic — U st^auco du 25 juin. — A iwiuc I AsseiiiWec ihl itlli» nuuii»', ilÔNordivs daus la rue, indiscipliue nulilau'e. -- Umiiihi^iiuiM du nù. — l»ulîli(nu' qu'il avait suivie jusqu'alors. — Trois as^ bindiltitb — l.a iiie. — M. Ninkcr oppose aux mesures de pi-écauUoii. Irr, piiurth, la reine, U^ hommes de l'ancien gouveruemeul. — Le l'.ilaih.|l.iiul, Camille Desinoulins, Maral. — Ycllêilê de rêsistance^- (iii'y u\ail il h laiiv? — la lhtk>nc et la rêalilê. — Empu-e des idées iiiunulleb. — luIUu'Uir de r.Vssemblce. — « Déclaration des droils de rihinnnii il du lilouii. ^ -- 1.» KaycUc, Mirabeau. — Ce dernier alliinue If» ût'HHeiHs rrimiueh de la cour. — L'éineule cl t les di-oits de riidiiHiie. u — Mirabeau. — l/adresse (|u il pr(»pose. — Elle est adoptée.
— Hépoiihe du roi. — Il résiste. — Le duc de Grillon. — 1/ Assemblée a t onlliiiire ilaiis la parole du i*oi. — Conseil du roi. — L'Assemblée iK^ le buil pas. — Néeesaiié ilu réiablissement de l'ordre. — Inllueiice ,l„ paii>. — \.v roi et rVsseinblée. — Impuissance du ministère dont M. Nerker esl le iliel. —Situation. — Changement de système. —Le deploieiueiil de l'orccs au(piel le roi a recours inquiète l'Assemblée : pounpioi? — L'Assemblée ne sait pas où sont les rebelles, et invite le roi « à se Taire garder par lamour de ses jKîuples. » — Situation de Paris. — Ce qu'il faut penser des paroles de TAssemblée. — Le roi et le peuple. — Les dispositions populaires. — Relraile de M. Kecker. — ISi uveau ministère. — Le maréchal de Broglie. — Le baron de Breteuil.
— Que ferait le nouveau ministère? — Les troupes étrangères. — (liands désordres dans la nuit du 0 au 10 juillet, avant la nomination du nouveau ministère. — Les brigands. — Troubles à l'occasion de la réunion du clergé au tiers état. — Politique révolutiomiaire. — La révolution et le pouvoir. — Émeute où rarchevèquc de Paris manque de périr. — Comment le fait est raconté par M. Iiouis Blanc. — Marche de l'Assemblée. — Suspension du pouvoir royal.
En peu (le jours le Iriomphe du tiers état avait été suivi de conséquences qui ébranlaient fout Tordre établi; le pouvoir s'armait contre ces conséquences.
CONCESSIONS. tt5
Pour juger sa conduite ci celle de ses adversaires, nous croyons qu'il faut s'en tenir surtout aux faits patents qu'il est impossible de récuser.
On a dit que l'intention du gouvernement était de relever l'autorité royale en revenant sur la réunion des (rois ordres, et d'imposer au tiers état la déclaration du 23 juin, c'est-à-dire une charte royale dont nous avons déjà reproduit les dispositions et indiqué l'esprit; nous aurons à examiner cette hypothèse. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'au vote de l'assemblée du tiers par lequel elle s'était déclarée unique et nationale, en effaçant l'ancienne organisation des états généraux, au serment du jeu de paume, qui la rendait souveraine et constituante, le roi n'avait opposé que la séance et la déclaration du 25 juin; c'est qu'à la résistance de cette assemblée, qui, par l'organe de Mirabeau, avait repoussé au nom du peuple la volonté royale, et aflQrmé ainsi la supériorité de son propre pouvoir, le roi n'avait répondu que par des concessions en invitant Necker à rester au ministère, et en usant de son inlluence pour déterminer le clergé et la noblesse à se réunir au tiers état.
Pour quiconque d'ailleurs a suivi jusqu'à celte éiK)que la marche naturelle des événements, les causes qui ont amené la convocation des états généraux, qui ont déterminé le gouvernement à prendre l'initiative du doublement du tiers, il est facile de comprendre la politique de la couronne. Dès Torigine, le roi croit à la possibilité, à l'utilité des réformes et à la nécessité de traiter avec les idées nouvelles. îl n'est pas le seul à penser ainsi, les premiers de sa cour, les salons de Paris, adoptent Turgot et Necker après lui : tout le monde demande les états généraux; mais à peine sont-
iii CHAPITRE III.
il% <îiinvo«iiié», avant même leur réaiiioii, ces idées que Ton a cniCH compatibles avec le gouveraenient monaré'hu\iw, |ireriiM;îil uu développement extraordinaire; la ihHmhni du liers s'isole, devient unique, nationale el r^/nhliluanU;; aîpcndant le désordre populaire et Tindisripliri» rnililaiie éclatent à Paris, et lAssembléc, qui se icroyail seuliî et souveraine, se trouve elle-même exposée /i Huhir l'aKiMMidanl de deux autres assemblées, celle de ril6t<d de Ville et celle du Palais-Royal.
Il <»ht vrai, le premier ministre de la couronne, M. Neckn', lui'inôine sous l'empire des idées nouvelles, est loin de b'eiïrayer, et il s'oppose aux mesures de précautions; mais coininenl les princes, la reine, les hommes habitués uu vieux gouvernement de la monarchie n auraient-ils pas donné d'autres avis au roi ? Quelle était l'impatience et quelles étaient les craintes de cette partie de l'entourage du roi, ù laquelle on jetait le nom alors si impopulaire de lu cour^ el que le Palais-Royal, ce club permanent de la rue, où liguraienl Camille Desinoulins et Marat, accusaient de vouloir éijoryer le peuple, il n'y a à l'égard des mesures dont le projet est imputé à la cour, de la dissolution de l'Assemblée par la force, du triomphe d*un pouvoir royal absolu, que des bruits propagés par les adversaires les plus prononcés du gouvernement; mais quand on cherche à se rendre compte de la vérité, on arrive à ce résultai, démontré par les faits, c'est que, au moment de se voir entraîné par le mouvement révolutionnaire, le roi Louis XVI a eu une pensée de résistance, c'est qu'en présence d'une Assemblée qui voulait tout refaire, jusqu'au pouvoir royal, et de l'anarchie qui s'emparait de la capitale du royaume, ce pouvoir a voulu uu instant se défendre.