‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 3)Chapitre 25 sur 183 · SITUATIOH ET POLITIQUE DU POUVOIR · texte numérisé non relu

SITUATIOH ET POLITIQUE DU POUVOIR

nence. L'arrestation des électeurs de l*Hôtel de Ville et de quelques personnages, comme le duc d'Orléans et Mirabeau, eût complété un ensemble de mesures qui assurément n'était pas au-dessus des forces d'une armée de cinquante mille hommes.

Quant à la résistance dont il aurait fallu triompher, nous ferons observer que la population parisienne, qui n'avait point encore passé par la conscription, était beaucoup moins militaire qu'aujourd'hui. Nous ne sommes point surpris qu'elle ne parût pas très-redoutable au nouveau ministère que le roi avait évidemment appelé pour prendre une position de défensive, dont on ne peut dire qu'il soit sorti dans cette journée.

On a prétendu qu'il y avait eu, non point de la part du roi, mais de la cour^ un plan très-arrêté. Mais la cour pouvait-elle agir sans le roi? Et si elle l'avait pu, n'auraitelle pas dû se hâter de frapper les premiers coups? Il y avait déjà près d'un mois que TAsserablée s'était déclarée souveraine, que le vaste club du Palais-Royal était en permanence et à l'état d'émeute presque perpétuelle, que les électeurs de l'IIôtel de Ville s'étaient emparés d'un pouvoir extraordinaire; et en présence des troubles qui éclataient à Paris, de la fermentation des esprits, après le système de Necker qui consistait 5 tout permettre, que faille nouveau ministère, appelé, disait-on, pour imposer à l'Assemblée la déclaration du 23 juin, qui était une charte complète? Il laisse discuter par cette Assemblée le préambule de la constitution, les droits de f homme ^ et dire par M. de la Fayette que Vinsun^ection est parmi ces droits; il surveille Paris sans doute, et arrête un instant le cortège qui porte les bustes de Necker et du duc d'Orléans, mais, devant la désertion

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des gardes française:) et leur agression, il lemporise et cvile un conflit qui, une fois engagé et dans des circonslances plus favorables, que contraires au pouvoir, car il s'agissait de réprimer l'indispline, aurait pu trancher la question! Ce sont là des faits matériels qui ont une grande importance en histoire.

Nous trouverons bicnlàt, dans une réponse du roi a TAsscmblre, des paroles qui sont le meilleur commentaire de ces faits; lorsqu'au récit des troubles qui ensanglantent Paris, le roi dit expressément a qu'il est impos sible que les ordres donnés aux troupes en soient la ciiuse. x>

Ceî> paroles du roi et les faits établissent mieux que tous les raisonnements la position de défensive qu'il a prise en congédiant Necker, qui ne le défendait pas, et en nommant un nouveau ministère. Maintenant s agissnit-ii d'un plan ultérieur bien arrêté et bien défini? Au milieu de beaucoup d'assertions, aucun document niiutorise à le penser. Le roi est instruit des ordres donnés aux troupes, les faits le prouvent; il l'atteste, et quel chef nnrait osé leur en donner d'autres? Qu'il y eût à la cour des princHiS et des conseillers dont la politique différât de celle du roi, et qui eussent voulu résister énergiquenienl h la révolution, cela est indubitable; mais, dans luuume circonstance, nous ne les voyons agir en dehors do la volonté i*oyale, ni disposer des moyens de gouvernrinnnl. Si le nouveau ministère attend, s'il évite un (HMiiliut onlre les gardes françaises, le peuple insurgé et Ion InmpoH dont il dispose, c'est qu'évidemment il a des onliVN, c'est que le roi, qui montrera toujours la plus ((nuuh^ horreur )H)ur l'effusion du sang, en est encore à rox|HH*'lalivo. Nous verrons» au reste, que les dispositions

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