‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 3)Chapitre 48 sur 183 · II. il · texte numérisé non relu

II. il

162 CHAPITEB Y.

déclarant que tout était à refaire, par conséquent à défaire, cl quil fallait tout reprendre en sous-œuvre, gouvernement et société, était venue répondre à ce raouvement d'idées ; mais naturellement il ne s'était pas circonscrit dans les élections, dans la presse, il avait débordé dans les clubs, dans les émeutes, pris la Bastille, fait comparaître la royauté devant le peuple de l'Hôtel de Ville, mis la cocarde de l'insurrection, de la souveraineté du peuple, sur le front même de la royauté, semé la France de meurtres et d'incendies, que les amis des idées nouvelles déploraient ou regardaient comme de simples écarts, à moins qu'ils ne les approuvassent comme Buzot, Robespierre et Marat, ou qu'ils se trouvassent embarrassés pour les condamner, comme la majorité de l'Assemblée; ce qu'il y a de certain , c'est que, bien ou mal interprétées, les idées du dix-huitième siècle, le principe du laisser faire, du laisser passer, la liberté indéfinie, proclamée la veille des états généraux, au moment de Témeute dont quelques paroles de Réveillon avaient été le prétexte, la négation de toute autorité traditionnelle, la suspension du pouvoir royal, en vertu des principes adoptés par rAssemblée constituante elle-même, étaient l'origine première, incontestable d'un tel état de choses.

Quel que fût le système d'idées qui entraînait toutes ces conséquences, nous l'exposons à mesure qu'il se développe dans les faits avec les excès, les crimes qui peuvent l'accompagner.

Nous ne cherchons pas à nous en prévaloir pour lui faire davance son procès, à l'époque où nous sommes parvenu; l'œuvre que nous avons entreprise n'est pas une œuvre de polémique, mais une étude qui ne pourra èlre complète que lorsqu'elle seni arrivée à son dernier

Page 1