‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 3)Chapitre 50 sur 183 · L'ASSEMBLEE · texte numérisé non relu

L'ASSEMBLEE

L'Assemblée paraissait alors dans une bien meilleure position que le ministre qui naguère semblait le sauveur du pays. Elle n'avait demandé aucun sacrifice à l'esprit qui agitait la France, ni imposé aucun conlrôle à la presse ^

Les pouvoirs anciens s'inclinaient devant cette Assemblée, qui semblait en harmonie avec les idées et la situation du moment.

Le parlement, le grand conseil, la chambre des comptes, la cour des monnaies, lui avaient rendu hommage après le 14 juillet, comme si les événements, en effet, l'avaient investie de l'autorité souveraine, dont elle s'était déjà emparée au nom de la théorie pure. D'accord avec le prince qui venait de rappeler NecJter, le ministre dont elle avait déploré la retraite, affranchie de toute crainte à l'égard de cette démonstration armée de la couronne qu'elle avait regardée comme menaçante pour son indépendance, l'Assemblée, malgré les suites du 14 juillet, qui pouvaient effrayer une partie de ses membres, mais

' • On avait publié une miillitude de pamphlets après les meurtres commis à Paris, poiur en faire le panégyrique. Il y en avait un intitulé : Convoi, service et enieiremenl de très-hauts et très-pttis" sants seigneurs, Foulon et Bertier de Sauvigny, morts subitement en place de Grève. » Le titre ne donne pas même une idée des atrocités contenues dans cet écrit, destiné à faire rire du meurtre. Camille Desmoulins, dans ses feuilles, prit le nom de Procureur général de la lanterne. Les tètes coupées devinrent le sujet ordinaire des caricatures. Une estampe avec ces mots, le calculateur politique, représentait un homme assis devant un bureau sur lequel étaient rangées cinq tètes; il s'écriait : Qui de 24 paye 5, reste 19. Des chansons contribuèrent à propager un délire sanguinaire; on entendit le Ça ira, qui fit dire au vieux Raynal : « Les Français chantent aujourd'hui leurs crimes, conune autrefois ils chantliient leurs victoires. » (Droz, t. II, p. 281.)

îec CflinTRE V.

qui, on Ta Tu,n*aTaient motivé de sa part qu'une adresse fort pâle à ses commettants, reprit le travail de la Constitution interrompu par les événements qui venaient d'intervenir.

La prise de la Bastille, en définitive, semblait une concentration de tous les pouvoirs enti*e les mains de TAssemblée, h une condition, il est vrai, celle de ménager la Rùvolulion et de ne pas intervenir contre le mouvement, auquel il faut reconnaître qu'elle avait donné riuipulsion première en proclamant sa propre autorité supérieure h lautorité royale, fait si nouveau, si anorninl <Iuiis une monarchie comme la monarchie française, im face du petit-fils de Louis XIV et de l'héritier de tant do rois; iiuiis fait logique au point de vue des théories do Houv<^raiuclé populaire et de liberté indéfinie, qui uvaiont été émises par le protestantisme et la philosophie du dix-huili(>mo siècle, de la raison humaine, de la vohuilé humaine par conséquent, s'élevant au-dessus de loulo (itidilion religieuse et politique.

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