‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 3)Chapitre 59 sur 183 · UNE PRIME DE DESTRUCTION · texte numérisé non relu

UNE PRIME DE DESTRUCTION

certaines théories, pour les hommes les plus ignorants, qui ont le plus à souffrir dans tout état de société, est la destruction même de ce qui existe, à commencer par les châteaux et les propriétés : la violence, le pillage, l'incendie, sont pour eux le moyen et la formule de leurs idées, comme la prise de la Bastille avait été le moyen et la formule des révolutionnaires de la rue à Paris.

Nous ne savons; mais à mesure que les faits se développent, il y a des conclusions qu'ils semblent de plus en plus offrir à tout esprit sincère et impartial.

Il est évident que si la Constitution, dont la discussion était commencée par la Chambre unique, qu'avait nom • mée le suffrage universel, était le plus grand besoin du pays, il fallait permettre à cette Chambre de la voter librement et sans crainte. Certes, les violences, les meurtres, les brigandages, les incendies, ne pouvaient contribuer en rien à l'œuvre et au vote d'une bonne Constitution; mais il n'en était pas moins vrai qu'au milieu de celte œuvre, la Chambre, sous l'empire des idées mêmes dont elle était sortie, se croyait forcée de jeter aux destructeurs comme prime de destruction, une démolition générale, ou, à quelques réformes qui, sagement appliquées, surtout avec moins de précipitation, auraient été utiles, se mêlait cette funeste pensée de remaniement universel et complet de la société au nom de la théorie pure et de l'abstraction, dont les ruines fumantes, semées alors dans toutes les provinces de France, étaient l'accompagnement et le corollaire : c'était le même mépris, la même haine du passé; mais ce qui, chez les uns, était une philanthropie plus ou moins orgueilleuse, plus ou moins naïve, devenait, chez les aytres, une fureur insensée qui ne pouvait plus attendre, qui traduisait en incendies et en

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