‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 3)Chapitre 62 sur 183 · LE CLERGÉ, U NOBLESSE, LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

LE CLERGÉ, U NOBLESSE, LA RÉVOLUTION

devaient se mêler des abus, mais sans qu'il fût, peut-être, nécessaire de tout supprimer en une nuit ; or, voilà que le clergé et la noblesse, au lieu de s'irriter contre les horribles excès dont la France est le théâtre, interviennent eux-mêmes et font table rase, en quelques heures, de cette organisation, sous Timpression, comme disait le roi, de sentiments généreux.

Cétait bien la langue et l'esprit du dix-huitième siècle, c'était bien là ce besoin de changement qui, alors, enflammait les intelligences; mais aussi faut-il reconnaître que rien, ni de la part de TAssemblée, ni de celle du roi, ne s'opposait au libre développement d'idées et de principes, auxquels, dans une si large mesure, le roi et les anciens ordres privilégiés étaient eux*mêmes dévoués, auxquels ils avaient déjà fait tant de sacrifices.

On pourrait même dire ici plus que n'en a dit M. de Tocqueville, quand il déclare qu'il n'a manqué à beaucoup de nobles pour faire la révolution que d'être roturiers, c'est que beaucoup de ces nobles, à commencer par tout l'ordre de la noblesse qui faisait partie de l'Assemblée constituante, dans la nuit du 4 août, ont donné une impulsion extraordinaire à la révolution.

Faut-il le leur reprocher? Assurément, ce ne sont pas les partisans de la Révolution qui en auraient le droit, non plus que celui d'expliquer la violence des passicns révolutionnaires par la résistance qu'elles ont pu rencontrer.

Qu'on le remarque bien, les débats auxquels devaient se livrer les états généraux commencent à peine; on a vu les interruptions de l'Assemblée qui ont empêché les séances d'avoir cette suite et cette régularité, auxquelles on aurait pu s'attendre quand elle a été convoquée; dès

202 CHAPITRE Vil.

que le tiers a obtenu ce qu'il désire, dès qu'il est djcrm à ce résultat d'une Chambre unique qui lui assure hi majorité en toute circonstance avec les dissidents nombreux du clergé et de la noblesse, les événements de la place publique ne tardent pas, on le sail, à intervenir; de sorte qu'avec l'aide de la presse, des clubs, de Taclion révolutionnaire formulée dans la prise de la Bastille, la discussion et les résultats de la rue, qui conclut avant la Chambre nouvelle, marchant toujours plus vite que l'Assemblée, la constitution qu'elle doit décréter se trouve toujours en arrière et des passions et des aspirations qu'elle vient satisfaire et qu'elle devrait cependant régler.

11 nous semble qu'il est impossible, avec un peu de bonne foi et de logique, de ne pas reconnaître cette situation de l'Assemblée*.

Elle ressort de plus en plus des faits , et nous la signalons à mesure qu'elle se manifeste davantage.

Ainsi, au moment même où la nuit du 4 août était toute récente, avant que l'Assemblée n'eût demandé au roi d'accepter le titre de : Restaurateur de h liberté française ^ les ministres venaient au nom du roi, dan3 la séance du 7 août , faire comme le rapport de la situation où se trouvait le pays, situation où, à la perturbation de la paix publique, se mêlait la ruine des finances*.

Or, il est bien remarquable qu'une des grandes causes^

* tV>fr plus haut ce que dit M. Louis Blanc à cet égard.

* fl Les videnoes populaires s'eierçaient contre le fisc» beanooiq^ de préposés étaient en fuite, les rostres étaient en partie détruits. La force a^-ail contraint à diminuer plusieurs droits; les refus de payement étaient nomlreux, el les retards universels. » (Histoire du ré§ne de Lmù XVL par J. Drot, t II, p. 517.)

FOHCTION^fAIRES ET PROPRIÉTArRES. S03

h cause offidelle de la conyocaiion des états généraux, avait été Téta! des finances, et il arrivait que, si la société et le pouvoir avaient à soulTrir de Tesprit d'anarchie qui s'était développé depuis la réunion de l'Assemblée, Vadministration elle-même, et particulièrement œlle des finances, sans laquelle le budget devenait impossible^ était mise en cause et attaquée, au point que les fonctionnaires, comme l'affirme Tbistorien que nous venons de citer et dont le témoignage n'est pas rècusable, n V Taient plus qn'à fuir comme les propriétaires, dont on brûkût les châteaux. Cela répondait au mouvement qui, à Paris, au moment du 14 juillet, s'était porté aux barrières pour supprimer les octrois par voie d'émeute.

L'ancien pouvoir, entre les mains duquel la répression était d'autant plus affaiblie, disons le mot, annihilée, que la révolution, maîtresse de la place publique, était de- Tenue phis poissante, se trouvait réduit à cette situation que nous avons déjà indiquée par ce mot de rapport^ dont noas nous sommes servi pour caractériser la démarche des minisires de Louis X¥I, recourant à FAssem- Uée pour rétablir et Tordre publie et l'ordre financier paiement troublés, j^és an milieu des accidents d'une même crise.

Quelle était en effet la situation des ministres après Féloignement des troupes, en présence du triomphe de l'insurrection de Paris révolutionnaire, du pouvoir dépouillé de tovte initiative, séparé par le ftit de toute force puUîqwe suffisante pour réagir contre le désordre? Les ministres n'étaient que les rapporteurs de la situatioa derant l'Assemblée, ils venaient naturellement lui demander les secours que, dans l'état des choses, elle

iH CHAPiTKE m.

sembbit seule pouvoir offrir au roi, qui, dans le projet de Conslîtution alors soumis à TAssemblée par un de ses comités, était le chef de la nation j faisait pai^te intégrante du corps législatif, possédait le pouvoir exécutif souverain^ mais qui ne pouvait s'en servir, probablement en raison de la situation extraordinaire où se trouvait le pays et parce que la Constitution n'était pas encore faite, pouvoir futur, sans doute, mais qui avait cessé d'être et qui n'était pas encore.

Or, comme il fallait cependant que Tordre fût rétabli pour que celte Constitution même fût votée et appliquée, que les impôts aussi fussent payés pour qu'il y eût des finances, la royauté, actuellement désarmée, recourait à l'intervention de TAssemblée.

Quant aux finances, il était si urgent de pourvoir aux besoins de l'État, que Necker réclama le vote d'un emprunt de trente millions, sans lequel il était impossible de fournir, pendant deux mois, aux dépenses courantes.

le maintien de Tordre fut commis, par un décret en dcite du 10 août, aux municipalités, ce qui était comme bi cvni^^iuence du mouvemail parisien de THôtel de Ville; iiMi^ U fv^rce artuée^ dans les troubles qui éclatai^it sur tant do |Hnut$ de la France^ devant soutenir la garde natkMiale $iit rvvrdre seul des muoicipalités^ sans interren- Ikm du |HHi\vMr exécutifs coaune ou aqppebit alors la iv>auU\ vHi vvuipretid ta sitistlMMi «{ui était bîte ainsi ^ vv (SHixviir^ ^ui n eswvutail rie» et em dehois duquel IV^rv iMHeràt Ktt-Mièiifee «le^^il te« ■oî^esa. Le seriMk^ >^^' K*^ tiv^ït^ et b ^?inie ittt^^ K^VAt jt (Nf^v ^^nK( te «Mtt Jk Mt <& atmaier,. après M %Kiim <*t M V^ V

Page 1