‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 3)Chapitre 64 sur 183 · USURPATIONS DE L'ASSEMBLÉE · texte numérisé non relu

USURPATIONS DE L'ASSEMBLÉE

siècle*, » voulait en même temps constituer une monarchie; car, dans un pays comme la France, était-il possible qu'à cette époque, au début même de la Révolution, une autre forme comme gouvernement pût s'offrir h la plupart des esprits que celle de la monarchie, un autre nom que celui de roi? mais sous ce nom, sous celte forme, une idée toute différente, toule contraire, la négation même de la monarchie et Tintronisation d'un pouvoir tout électif, d'une assemblée souveraine, ou, si l'on aime mieux, d'une théorie souveraine, remplaçait tout d'abord la réforme qu'attendait cette ancienne monarchie.

Qu'en arriverait-il, et pouvait-on le prévoir?

Ce qu'il y avait de certain, c'est que, en attendant que la Constitution fût votée, une multitude indisciplinée, et peut-être indisciplinablo, avait été, paraissait au moins, l'armée de l'Assemblée; sa victoire évidemment était celle d'une Chambre qui ne disposait de la force publique que depuis cette victoire : l'anarchie même qui paralysait le gouvernement livrait à l'Assemblée constituante toutes les attributions de ce pouvoir, réduit au rôle passif de rapporteur d'une telle situation.

Ce qui achevait de la caractériser, c'est que l'Assemblée informait, nous venons de le voir, contre ceux qui avaient voulu résister h la Révolution, de jour en jour plus agressive, mettre au moins le gouvernement en défense, et que, parmi les conspirateurs, comme on les appelait, dont s'occupait « le comité des recherches, » il fallait évidemment ranger le pouvoir, le roi lui-même, qui avait

* M. Mignel, Histoire de la liévolutioriy l. 1", p. 149. M. Mignel ajoute que TAssemblée « n'était retenue par aucune limite, puisqu'il n*existait pas d'institutions, » et qu'elle « allait aux idées primitives et fondamentales de la société. »

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jiiiM'rs, » elle entend que « la * /; 11' >eal gage de l'emprunt.

..>if sans doute fort belle, mais qui,

y lis ordinaires de crédit dont Necker

il. réduisait l'emprunta une demande

.111 public, au taus de quatre et demi

..Jinme Necker Tavait proposé, ne pro-

. millions six cent mille francs.

u Sieyés, quand il s'est agi des dîmes, lui le

i avait dit que « le tiers était tout, » et (|ui

^iir les résolutions du tiers une telle influence,

. de ceux « qui voulaient être libres et qui ne

'N être justes. » Or voici maintenant qu'un autre

Il . Necker, vient à son tour adresser un blâme

thnt ;i l'Assemblée dans une matière très-positive aussi,

L*i I';: iliro : m Le crédit s est éclipsé lorsque vous vous

ili- M/parés de mon opinion. » Qu'entendons-nous?

'^iiail-iie, à mesure que Tutopie se développe, portée,

•xallée par tant de volontés, et qu'elle semble aspirer,

-nivant sa nature, à Tabsolu, que les théoriciens, qui

uni cru d'abord la diriger, s'irritent de ce qu'elle leur

* Expression même dont on se servit en celle occasion

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réuni cinquante mille hommes à Paris, en présence des désordres de la rue, du club du Palais-Royal et de Tindiscipline qui se mettait dans les troupes, sans parler des violences de la presse et de Tautorité illégale, non moins qu'extraordinaire, exercée par les électeurs de Paris.

Tandis donc que TAssemblée se disposait à discuter et à voter la Constitution, une autre constitution semblait votée par les événements, et elle répondait aux théories mômes qui avaient transformé les états généraux en une Chambre unique et souveraine, et elle investissait d'abord cette Chambre d'une autorité sans bornes; cela durerait-il? Ce qu'il y a de certain, c'est que ce premier résultat était incontestable.

Il fallait cependant, on l'a déjà vu, au milieu d'une telle situation, pourvoir aux finances, avant même de reprendre la discussion de la Constitution et d'en voter le préambule, « les droits de Vhomme; » car on sait que l'administration financière elle-même se trouvait désorganisée par suite des actes de violence qui mettaient en fuite les employés et qui rendaient la perception impossible. En présence de cette suspension de l'autorité administrative comme de l'autorité royale, des besoins impérieux d'un trésor vide, un emprunt même de trente millions, proposé d'urgence par M. Necker, ce financier d'une si grande renommée, ce ministre qui venait de rentrer au pouvoir en triomphateur, n'était pas facile à remplir, et l'Assemblée hésitait à donner l'autorisation demandée pour coniracter cet emprunt si nécessaire; car elle en cherchait le gage, et ce gage régulier, comment le trouver dans les conditions où se trouvaient et l'administration et la société elle-même?

Ce provisoire, celte espèce d'interrègne, entre le

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