NOUVELLE ORGANISATION MINICIPALE DE PARIS. %K
de Brissot, connu par ses opinions républicaines, qui voulait que toute commune pût s'organiser en vertu de sa propre souveraineté, sans consulter ni le roi ni TAssemblée*.
Un autre démocrate, Loustalot, soutenait que le peuple de Paris devait exercer constamment le pouvoir législatif municipal'. Suivant lui, « les questions, réduites par les représentants de la commune à leurs termes les plus simples, seraient renvoyées aux soixante districts, où tous les citoyens les discuteraient et les voteraient : le résultai des soixante districts serait porté à l'Hôtel dé Ville, et si le recensement donnait une majorité en faveur du projet, les représentants le publieraient'. »
n n'était pas surprenant que, sous l'influence de ces idées, chacun s'armât du pouvoir électif souverain, et que tout le monde, si Ton nous permet celte réminiscence d'une comédie appliquée à un drame, comme le Juge, dans les P/aid^urs de Racine, « voulût aller juger. » M. Mignet rend très-bien compte de cet état des esprits, dans une ville devenue comme le palais même de la théorie, lorsqu'il s'exprime ainsi : « Cette idée de souveraineté du mandant sur le délégué faisait des progrès rapides. Tous ceux qui ne participaient pas à r autorité se réunissaient en assemblées, et ils se livraient à des délibérations. Les soldats discutaient à l Oratoire, et les garçons tailleurs h la colonnade, les perriiquiers aux Champs-Elysées, les domestiques au Louvre. Mais c'était au Palais- Royal surtout qu'avaient lieu les discussions les plus ani -
* Troz, t. lï, p. 527
* Droz, ilem, ' Droz, item
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mées ; on y examinait les matières qui occupaient l'Assemblée nationale et Ton y contrôlait ses discussions*. »
C'est au milieu d'une telle effervescence populaire que celle Assemblée avait à faire et à voler la Constitution.
On n'est pas surpris qu'en face d'une situation aussi difficile, quand elle étail ainsi devancée par la capitale du royaume, l'Assemblée sentît la nécessité de hâter des travaux dont elle attendait le plus grand résultat.
Ceci explique comment elle aborda certains points trèsimportants de la Constitution, avant d'avoir voté toute la déclaration des droits.
Quand il fallut défmir les principes du gouvernement français, l'embarras de TAssemblée fut extrême : ce gouvernement était une monarchie, suivant la formule adoptée, mais quelle monarchie? C'est ce dont on ne put d'abord convenir.
Il est certain que « les droits de l'homme, » dont on avait étudié la nature avec tant de soin, ne pouvaient guère servir à élucider la question. Si l'on jetait d'ailleurs les yeux sur l'état de Paris, cette commune siégeant à l'Hôtel de Ville, sous l'empire des soixante districts son* verains et de leurs assemblées, donnait-elle à une ville comme Paris l'apparence d'une capitale de monarchie?
Avant de définir le gouvernement de la France, ne fallait-il pas se rendre compte de ce qu'il était devenu et de ce qu'il deviendrait^ L'Assemblée fut ainsi amenée, avant de s'arrêter au titre de son œuvre, à faire l'œuvre elle-même; car, depuis qu'elle s'était emparée du poû-
< M. Mignet, Histoire de la Révolution, 1. 1*', p. 156 et 457. n esB inutile de caractériser une telle anarchie, mais le mot est dans Molière, et c'est madame Pernelle qui le dit.