‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 3)Chapitre 83 sur 183 · LES FAITS · texte numérisé non relu

LES FAITS

postes extérieurs, devanl lesquels il fallait passer cependant, et de la résistance qu'ils auraient dû opposer, même en Tabsence du commandant général, ce qui explique très-bien que ces postes aient été surpris *, et que les gardes du corps n aient plus eu à consulter qu'un héroïsme auquel tous les partis ont rendu hommage.

Nous avons dû rapporter tous ces faits, et en indiquer les sources, ce que les historiens de la Révolution, pour la plupart, n'ont point assez fait, suivant nous : le lecteur jugera.

Le moment est venu d'une complète et impartiale récapitulation des faits; ce n'est point pour un parti que nous travaillons, c'est, dans la mesure de nos forces, pour la société, dont le premier intérêt est de les connaître. Il n'y a pas de témoignage que nous ne soyons prêt à recueillir, de rectification même que nous ne voulions admettre avec empressement, afin qu'elle jaillisse enfin, cette lumière des faits jusqu'à présent obscurcie, quand elle n'a pas été entièrement éteinte, au milieu des calculs ou des espérances des partis, et que la vérité ellemême soit le contrôle de l'histoire et des destinées d'une révolution qui implique l'avenir de la France !

Plusieurs gardes du corps, dont le souvenir ne périra point, furent massacrés à leur poste.

Miomandre de Sainte-Marie, le dernier d'entre eux, s'adressantà une femme qui paraissait à l'extrémité d'une

* On peut se souvenir qu'une partie de ces mêmes gardes françaises, maintenant grenadiers de la garde nationale, avaient pris part, dès rorigine, aux désordres de la rue, reçu les ovations des émeuiiers du Palais-Royal, fait feu sur les autres troupes dans la journée du 12 juillet, presque la veille de la prise de la Bastille, et qu'il y avait eu parmi eux des vainqueurs de cette dernière journée.

salle, où il résistait aux assassins en faisant, comme ses camarades, un rempart de son corps à la reine menacée, prononça, comme suprême avertissement, ces paroles qui furent son arrêt de mort : « Madame, sauvez la reine, on en veut à sa vie. Je suis seul ici contre deux mille tigres!... »

Ce cri de Miomandre, qui rappelait celui du chevalier d'Assas, sauva en effet la reine S tandis que son généreux défenseur tombait assommé d'un coup de crosse de fusil.

Avertie, elle put « à demi nue » se dérober, par des issues secrètes aux coups des assassins, et se réfugier dans les appartements du roi. Les meurtriers des gardes du corps percèrent, on le sait, de leurs armes sanglantes le lit que la reine venait de quitter.

Déjà on portait au bout des piques les têtes des gardes du corps.

C'est alors que cet appel fait aux anciens soldats des gardes françaises, par des officiers, les rappela au sentiment du devoir militaire. « On massacre les gardes du corps et ce sont eux qui, àFontenoy, sauvèrent le régiment des gardes-françaises*. »

* « Celte insurrection, » dit Rabaut Saint-Étienne, « où plusieurs gardes du roi furent blessés (Rabaut Sainl-Élienne ajoute un peu plus bas que Ton coupa la tête à deux gardes du corps), fut prompte et rapide, n On voit que Thistorien voudrait glisser sur un fait de cette nature. Il se hâte de faire reparaître la Fayette, dont il parle en ces termes : « M. de la Fayette, qui en est instruit, envoie sur-lechamp les aides de camp qui étaient auprès de lui pour rassembler la garde nationale ; il y vole lui-même, et bientôt les grenadiers nationaux entrent dans le château, s'en emparent, chassent les brigands au moment où ils enfoncent Tappartement du roi, dispersent ceux qui se livraient au pillage, et le calme est rétabli dans le château. » (Rabaut Saint-Étienne, Précis historique, p. 244.)

• Histoire de la RévohUionf par M. de Conny.

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