‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 3)Chapitre 88 sur 183 · X. DE TOOQCEnUE. — X. DUTKRGIER DE HAI:RA55E · texte numérisé non relu

X. DE TOOQCEnUE. — X. DUTKRGIER DE HAI:RA55E

M. de Tocqoedlle, cherche comment ce système représentatif, précisément emprunté à Mounier et à ses amis, a succombé, et pourquoi de cette Assemblée, qui a eu raison de $e eonsàimtr en Assemblée JÊOtionale^j de couper *le eabley comme disait Sieyés, un gouTcmement représentatif durable n'a pu sortir?

Kous n aTons pas encore à résoudre cette question, mais à la commanter, pour ainsi dire, par les faits de l'époque à laquelle nous sommes arrivé. M. Duvergier de Hauranne se plaint lui-même des subîiUtês d'une métaphysique mutilej ak F Assemblée se débattait péniblement y au moment de la discussion des droib de Fhomme, et il s'exprime ainsi, avant de citer à ce sujet quelques paroles trés-remarquables de Mirabeau :

« Encore une fois, au moment où Ton allait rédiger le code constitutionnel de la France, il pouvait être sage et bon de déclarer quels sont les droits individuels auxquels nuUe puissance humaine ne peut toucher légitimement, et qui doivent rester indépendants des formes politiques. Mais, pour que cette protestation solennelle contre toutes les tyrannies, celle de la multitude comme celle de la royauté ou de Faristocratie, fût efiicace, il fallait qu'elle eût un caractère irrésistible d'évidence. Or ce n'était pas lui donner ce caractère que de passer un mois entier à chercher, sans la trouver^ la formule des droits qui uppar-

* On a YU (pie Nirabeaa regreltait cette initiative eitraordioaire prise par l'Assemblée, initiatire à laquelle cq>eiidant il avait eu part. ainsi que le rappeDe M. Dorergier de Hauraniie, avec Moanier, Baill\ . Qiapeiier, Barnare, Bergasse, de Meunier, Target, Tliouret, Troncbet. Ralûiot Saint-ÉUenne, hommes qui rmUieureusement ne iardtreHl pas à se diviser. (Histoire du gouvernement parlementaire^ Y' xiA., p. 31.)

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tiennent à tous les hommes^ soit qu'ils vivent en société, soit qu'ils végètent dans Tétat de nature. « Une déclaration des droits de Thomme, applicable à tous les âges, à tous les peuples, à toutes les latitudes morales et géographiques du globe, disait le journal de Mirabeau, était sans doute une grande et noble idée. Mais il semble qu'avant de penser si généreusement au code des autres nations, il eût été bon que les bases du nôtre fussent, sinon posées, du moins convenues. »

11 n'y a rien à ajouter à ces paroles de Mirabeau, ni à celles de M. Duvergier de Hauranne, qui les amènent. La vérité est là. Mirabeau Ta dit, en parlant de ses propres efforts pour dégager la révolution politique qui réformerait et organiserait la France, de la révolution philo* sophique qui voulait entreprendre de réformer et d'organiser le monde entier sur de nouvelles bases : « Je mourrai à la peine! »

Quanta M. Mortimcr-Ternaux, le dernier casuiste venu

* Histoire du gouvernement parlementaire, I" vol., p. 66.

Toute rhistoire du dix-huitième siècle et M. Mignet ont répondu d'avance à M. Duvergier de llauranne • que TÂssemblée constituante était élève de ce siècle et de ses théories. » Le tort de T Assemblée constituante aurait donc été d'appartenir à son siècle, et de faire une révolulion philosophique, théorique, au lieu de faire une révolution politique et pratique, et d'avoir voulu que la formule des droits appartînt à tous les hommes. « Mais c'est précisément pour cela que la Révolution, » comme Ta dit M. de Talleyrand, « dure encore. » Si la Révolution de 89 avait été purement locale et politique, question qui a été si bien posée par M. de Tocqueville, il est probable qu'elle sefait maintenant terminée; mais c'est à ce caractère général, signalé par ce même écrivain, à ce caractère philosophique, abstrait, qui remonte h son origine, et que M. Duvergier de Hauranne reconnaît lui-même, qu'elle doit sans doute de ne pas être encore triomphante ou vaincue, et d'agiter le monde sans offrir jusqu'aujourd'hui aucune solution des questions qu'elle a posées.

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