‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 3)Chapitre 95 sur 183 · L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE ET LA SOCIÉTÉ DES JACOBINS · texte numérisé non relu

L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE ET LA SOCIÉTÉ DES JACOBINS

saurions, d'ailleurs, nous indigner contre la fièvre, c est le seul mot qui puisse s'appliquer à la conduite d*hommes comme Duport, ce conseiller au parlement, comme MM. de Lameth, avec leurs traditions d'ancienne race, et comme Bamave, avec son grand talent oratoire et son esprit généreux, qui ne s'aperceaient pas du coup funeste qu'ils portaient à cette Assemblée dont ils avaient espéré, dont ils espéraient encore la régénération, la reconstitution même de la France.

Les événements ne donneront-ils pas une triste confirmation à nos paroles? Et si Ton avait voulu préparer des obstacles à peu près insurmontables à l'établissement du régime représentatif en France, nous ne parlons même pas de la monarchie représentative, le moyen le plus sûr n'aurait-il pas été de donner pour auxiliaire à l'Assemblée constituante le club ou la Société des Jacobins?

A côté de cette Société il y avait un autre instrument pour les idées révolutionnaires, qui paraissaient devenir de plus en plus maîtresses de la situation, c'était la presse.

Tandis que le comité des recherches de la Commune de Paris, qui déjà s'érigeait en gouvernement, intente un procès aux ministres du roi * qui avaient pris part à cette tentative de résistance ou de précaution armée que l'insurrection du 14 juillet avait repoussée, il faut entendre le langage de la presse : Prudhomme, émule de Marat, s'adresse ainsi au roi, qu'il prend à partie après les journées d'octobre, comme s'il régnait en despote '. Voici les

' En date du 18 novembre.

* On croit entendre ici une des tirades philosophiques de Raynal contre la royauté : c'est le même esprit, mais qui s'applique au plus doux des rois.

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